13/03/2025
Le dialogue politique : une bataille gagnée par l'opposition ?
Le dialogue politique en Côte d'Ivoire, annoncé par le gouvernement à l'issue du conseil des ministres du mercredi 12 mars 2025, représente une victoire significative pour l'opposition, notamment dans le contexte des polémiques entourant la révision de la liste électorale prévue pour 2025. Cette révision, conforme à la loi et souhaitée par l'opposition avant la présidentielle d'octobre 2025, est cependant rejetée par la Commission Électorale Indépendante (CEI) et le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le parti au pouvoir.
L'enjeu principal de cette révision concerne l'inscription de figures politiques telles que Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Soro Guillaume sur la liste électorale. L'opposition insiste également sur la nécessité d'un audit de cette liste afin d'assurer la transparence et l'équité du processus électoral. De plus, elle appelle à la libération des prisonniers d'opinion, au retour des exilés politiques et à l'arrêt des poursuites judiciaires contre les opposants au régime Ouattara.
L'opposition souligne également l'importance de la libération de l'espace public, de la liberté d'expression et du financement des partis politiques, conformément à la Constitution ivoirienne. Ces éléments sont cruciaux pour garantir des élections inclusives et transparentes, sans contestation de la part d'une partie prenante.
Il est clair que le régime RHDP, en rejetant les demandes de l'opposition et en ignorant les dispositions du code électoral ivoirien, semble perdre sa légitimité. La CEI, en ne convainquant pas l'opposition de sa capacité à mener une révision électorale juste, contribue à cette perception. En effet, l'élection présidentielle est toujours fixée au dernier samedi du mois d'octobre, soit le 25 octobre 2025, avec un éventuel second tour le 29 novembre 2025, si aucun candidat n'obtient la majorité absolue au premier tour.
Selon le code électoral, le président ivoirien est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois de manière consécutive. Est élu le candidat ayant recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier, et celui qui recueille le plus de suffrages est déclaré élu. La Constitution fixe la date du premier tour au dernier samedi du mois d'octobre de la cinquième année du mandat présidentiel en cours, et celle du second tour éventuel au dernier samedi du mois de novembre suivant.
Cependant, les manœuvres de la CEI soulèvent des inquiétudes quant à son indépendance. Elle semble davantage préoccupée par un agenda caché du RHDP que par son rôle de garantir des élections libres et équitables, comme le souhaitent les Ivoiriens et comme le recommandent les partenaires au développement de la Côte d'Ivoire. Si la CEI ne parvient pas à réaliser la révision de la liste électorale en 2025, cela pourrait compromettre la légitimité du processus électoral et, par conséquent, les résultats du scrutin.
Dans ce contexte, le dialogue politique souhaité par l'opposition apparaît comme une opportunité cruciale pour aborder toutes les questions électorales et politiques. Cela permettrait de garantir des élections inclusives, transparentes et crédibles, sans contestation. L'engagement dans un dialogue constructif pourrait non seulement apaiser les tensions politiques, mais également restaurer la confiance du peuple ivoirien dans ses institutions. Il est donc impératif que toutes les parties prenantes se réunissent pour discuter des enjeux électoraux et politiques, afin d'assurer un avenir démocratique et stable pour la Côte d'Ivoire.
Il convient également d'inclure l'offensive diplomatique menée par les parlementaires de l'opposition, qui vise à accentuer la pression sur l'exécutif pour engager le dialogue politique. Lors de la présentation de la coalition, Madame Simone Ehivet Gbagbo, porte-parole de CAP Côte d'Ivoire, a informé l'opinion publique des démarches effectuées auprès du gouvernement ivoirien depuis 2023 pour reprendre le dialogue politique, sans succès. De plus, le porte-parole du gouvernement a annoncé, à l'issue du conseil des ministres du mercredi 13 mars, que le gouvernement est prêt à dialoguer avec l'opposition.