09/07/2026
𝐒𝐔𝐑 𝐋𝐄𝐒 𝐓𝐑𝐀𝐂𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐕𝐑𝐈𝐃𝐈 𝐂𝐀𝐍𝐀𝐋…
Aujourd’hui, j’ai passé ma pause de midi à Vridi Canal.
Les populations de Vridi Canal ont été déguerpies le 5 juin dernier, quelques jours après celles de Koumassi Campement. À Vridi Canal, contrairement à Koumassi Campement où nous a-t-on dit le responsable était le sieur Alloui Brou Jacques, c’est le District qui a procédé au déguerpissement. Les circonstances sont donc différentes sur le plan réglementaire, mais sur le plan humain, le résultat est exactement le même.
Des enfants. Des femmes. Des hommes. Des personnes âgées. Des malades.
Ils vivent aujourd’hui au milieu des gravats, à quelques mètres du ballet incessant des camions qui viennent déverser des ordures.
Près de 500 familles…
Ce que j’ai vu aujourd’hui, c’était la détresse humaine dans ce qu’elle a de plus brutal.
Je n’ai pas les mots.
Qu’adviendra-t-il de ces familles, Gouvernement de Côte d'Ivoire, en attendant que le site annoncé la semaine dernière pour leur relogement soit prêt ?
Quand est-ce que ce site sera-t-il réellement prêt ?
La détresse est immense.
Les sinistrés m’ont raconté qu’une fillette de 13 ans a été violée la semaine dernière. Elle dormait à l’air libre… Actuellement, elle a été envoyée à Soubré pour y être soignée…
J’ai vu une dame aveugle, couchée à même la terre battue.
J’ai vu des malades dormir sous des abris de fortune fabriqués avec les gravats de ce qui était autrefois leur maison.
J’ai vu des familles qui n’ont plus que quelques bâches, quelques morceaux de tôle et l’espoir de survivre jusqu’au lendemain.
C’est dans ces moments-là que l’on comprend qu’une publication Facebook ne pourra jamais montrer les larmes, les tremblements dans une voix, les regards vides, ni le silence de ceux qui ont tout perdu.
Vraiment… Vraiment… Je n’ai pas les mots.