27/01/2026
De Bunagana à Uvira, la terre du Kivu pleure en silence.
Depuis des années, la guerre a laissé des cicatrices profondes dans les cœurs et les esprits de la population. Des villages entiers ont été vidés de leur vie, des familles brisées, des enfants arrachés à leur innocence, des femmes et des hommes condamnés à survivre avec des souvenirs trop lourds à porter. Les balles se sont peut-être tues par moments, mais la douleur, elle, continue de résonner dans les âmes.
Le peuple du Kivu est un peuple résilient, mais aujourd’hui, il est épuisé. Épuisé de fuir, d’enterrer ses proches, de recommencer sans cesse. Derrière chaque regard se cache un traumatisme non soigné, derrière chaque silence une souffrance profonde. Beaucoup vivent avec l’anxiété, la peur permanente, les cauchemars, la dépression, sans jamais avoir accès à une écoute professionnelle ni à un accompagnement adapté.
La guerre n’a pas seulement détruit les maisons et les moyens de subsistance, elle a détruit l’équilibre psychologique et social des communautés. Sans prise en charge psychosociale spécialisée, ces blessures invisibles risquent de se transmettre de génération en génération, compromettant durablement la paix, la cohésion sociale et le développement de toute la région.
Aujourd’hui, le Kivu n’a pas seulement besoin de nourriture, d’abris ou de sécurité. Il a besoin de guérison. Il a besoin d’un projet de développement humain, centré sur la prise en charge psychosociale spécialisée des survivants de la guerre : enfants, femmes, hommes, personnes déplacées, victimes de violences et communautés hôtes.
Investir dans la santé mentale, c’est redonner espoir à un peuple brisé. C’est permettre aux victimes de se reconstruire, de retrouver leur dignité, leur capacité à rêver, à travailler et à vivre ensemble. C’est poser les bases d’une paix durable, née non seulement de l’absence des armes, mais de la guérison des cœurs.
Le peuple du Kivu mérite d’être entendu, accompagné et soutenu.