14/05/2026
COMMENT LA REDD+ MESURE LE CARBONE DES FORÊTS ?
Les arbres absorbent le dioxyde de carbone (CO₂) grâce à la photosynthèse. Une partie de ce carbone est ensuite stockée dans les troncs; les branches ; les feuilles ; les racines et les sols forestiers.
Plus une forêt est dense et en bonne santé, plus elle peut stocker du carbone.
Lorsqu’une forêt est détruite le carbone est libéré ; les émissions augmentent et le climat se réchauffe davantage.
La REDD+ cherche donc à quantifier ce carbone afin d’évaluer la contribution des forêts à la lutte contre le changement climatique.
La biomasse : la clé du calcul du carbone
Pour mesurer le carbone d’une forêt, les scientifiques commencent généralement par évaluer sa biomasse.
La biomasse représente toute la matière vivante végétale: arbres ; branches ; feuilles ; racines et végétation forestière.
Plus la biomasse est importante, plus le stock de carbone est élevé.
En général; environ 50 % de la biomasse sèche d’un arbre correspond à du carbone.
Comment mesure-t-on concrètement une forêt ?
Les experts forestiers réalisent des inventaires forestiers sur le terrain.
Ils mesurent notamment le diamètre des arbres ; leur hauteur ; leur densité ; les espèces présentes et la surface forestière.
À partir de ces données, des équations scientifiques permettent d’estimer la quantité de biomasse et donc le carbone stocké.
Par exemple : un grand arbre ancien stocke beaucoup plus de carbone qu’un jeune arbuste.
Les satellites permettent :
✅ de surveiller les forêts ;
✅ de détecter la déforestation ;
✅ d’observer les changements de couverture végétale ;
✅ de cartographier les zones forestières.
Grâce aux images satellites, il devient possible de suivre l’évolution des forêts presque en temps réel.
Certaines technologies utilisent également les drones ; la télédétection ; les images radar ; l’intelligence artificielle et les systèmes d’information géographique (SIG).
La télédétection consiste à collecter des informations sur une zone sans contact direct. Dans le cas des forêts, cela se fait grâce aux satellites ; aux avions et aux drones.
Ces outils analysent la densité végétale ; l’humidité ; la couverture forestière et la santé des écosystèmes.
La télédétection est aujourd’hui devenue indispensable dans les projets REDD+ modernes.
Les financements REDD+ reposent souvent sur les résultats obtenus.
Plus un pays ou un projet démontre scientifiquement qu’il réduit la déforestation ; conserve les forêts ; augmente les stocks de carbone ; plus il peut potentiellement accéder à des financements climatiques internationaux.
Cela exige donc des données fiables ; des méthodes scientifiques rigoureuses et des systèmes de surveillance performants.
La réalité est beaucoup plus complexe qu’elle en a l’air. Plusieurs défis existent manque de données ; coût élevé des technologies ; faible capacité technique ; accès difficile aux zones forestières ; différences entre types de forêts et instabilité politique dans certaines régions.
En Afrique, de nombreux pays manquent encore d’équipements ; de spécialistes ; de financement et de systèmes de suivi forestier performants.
Aujourd’hui, mesurer le carbone forestier est devenu un enjeu mondial majeur. Les données produites influencent les politiques climatiques ; les financements internationaux ; les marchés carbone ; les décisions gouvernementales et les négociations internationales.
La forêt n’est donc plus seulement un espace naturel. Elle est devenue un réservoir climatique, une donnée scientifique, un enjeu économique,
et un objet de surveillance mondiale.
Dans la prochaine publication, nous allons découvrir un mécanisme essentiel de la REDD+ : le MRV (Mesure, Notification et Vérification), véritable système de contrôle et de crédibilité des projets REDD+.
Source: Page Facebook Mère Burkina Faso
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