20/01/2026
Kinshasa, où sont nos sages ?
Je marche dans Kin, et ce que je vois me serre le cœur.
Les déchets partout, les routes bloquées, la peur qui rôde.
Je me dis : mais où sont-ils tous, ceux qui savent ?
On en forme des milliers à l'université.
Des professeurs, des diplômés, des "experts".
Leurs noms brillent sur des livres ou des portes de bureau.
Mais ici, dans la rue, je ne les vois pas.
Leurs grands projets ? Des routes mal faites qui s'effritent déjà.
Leurs grandes idées ? Un silence épais face à la saleté qui grandit.
Est-ce qu'ils ne savent pas ? Ou est-ce qu'ils ne veulent pas voir ?
Est-ce qu'ils ont peur ? Ou est-ce qu'ils pensent que ce chaos
n'est plus leur affaire, à eux, les instruits ?
C'est peut-être ça, notre plus grand malheur.
Pas le manque de savoir, mais le manque de courage.
Le choix de se taire, de détourner les yeux,
de laisser la ville crier sans lui répondre.
Kinshasa étouffe sous nos yeux.
Et moi, je me demande : à quoi sert tout ce savoir,
s'il reste muet quand sa maison brûle ?
Et cette question reste là, dans l'air poussiéreux.
Elle colle à la peau, comme la sueur et la fatigue.
Elle tourne dans chaque embouteillage,
s’accroche aux tas d’ordures,
et murmure la nuit, quand les coups de feu claquent quelque part.
Je n’ai pas la réponse.
Mais je sais que le silence des sages
fait plus de bruit que tous les moteurs de la ville.
Et ce bruit-là,
c’est le vrai vide.
Celui dans lequel une ville peut disparaître.