11/10/2024
Moi, mon père ne m'a pas délibérément abandonnée.
Il ne m'a pas rejetée.
J'ai eu la chance d'être aimée par mon père, profondément, sincèrement.
Mais c'est la vie qui me l'a arraché, ou devrais-je dire, la mort.
J'avais à peine 10ans quand je l'ai vu tomber malade.
Chaque jour, il dépérissait un peu plus, victime d'un CANCER de la prostate qui, finalement, l'a emporté en quelques mois à peine.
Sa disparition a laissé un vide immense, un gouffre profond.
Après lui, une succession d'épreuves.
Le décès de mon père a déclenché une série de conflits familiaux, la spoliation de son héritage par ses frères du même ventre, ma mise à l'écart, et surtout, la prise de conscience brutale de mon statut d'enfant illégitime, d'où mon livre "L'enfant illégitime".
Toutes ces blessures, ajoutées à l'absence de mon père, ont laissé en moi des cicatrices profondes, dont je n'avais même pas pleinement conscience à l'époque.
Plus t**d, mon conjoint me disait souvent qu’il me manquait cette douceur, cette tendresse qui, selon lui, définit une femme.
Je ne comprenais pas. J'étais gentille, généreuse, empathique... cela n'était-il pas synonyme de douceur ? J'ai compris après...
Il m’a fallu du temps, beaucoup de temps, pour réaliser que, inconsciemment, je cherchais en lui l'amour que j'avais perdu avec la mort de mon père. Je voulais la même attention que mon père me donnait.
Cet homme, mon père, pouvait sortir du lit à minuit ou à deux heures du matin pour m'acheter à manger si ce qu'il y avait à la maison à l'heure où je criais famine ne me convenait pas. Mon père n'avait jamais levé la main sur moi. Mon père était prévoyant et méticuleux...
Adulte, je voulais tout contrôler, tout prévoir, pour ne plus jamais être prise au dépourvu par la vie, comme elle l’avait fait en me privant de mon pilier, de manière si brutale. J'avais du mal à me reposer sur une tierce personne, surtout pas un homme. Cela frisait l'arrogance, mais en réalité, je me protégeais...
Sauf que la vie c'est ce qui nous arrive après que nous ayons tout prévu...
Je n'ai pas encore lu le livre de ma sœur Edwige Lawson , que je ne connais d'ailleurs que via les réseaux sociaux, mais je suis certaine que ses mots m'apporteront un plus dans le processus de guérison de mes blessures émotionnelles, tout comme ils aideront des milliers d'autres personnes à surmonter l'absence d'un père.