Union des Congregations Qadiriya Uweissiya / Mahmudiya R.D.Congo

Union des Congregations Qadiriya Uweissiya / Mahmudiya R.D.Congo NOUS SOMMES LA MAISON DE CEUX QUI ONT FAIM, N'ENTRE ICI QUE CEUX QUI ONT FAIM D'ALLAH

14/05/2026

PREMIER LEÇON AU NOUVEAU MURID :

LES 3 PORTE DU DÉBUTANT VERS LA RÉALISATION DIVINE DANS LA TÂRIQA QADIRIYA.

Par un serviteur de la voie (Târiqa) de Sheikh Abdul Qadiri Jilani, qu'Allah sanctifie son secret !

Ô assemblée de ceux qui vivent par le Sirr (secret) du Pôle spirituelle, sachez que le débutant (Muridi) qui entre dans notre noble Târiqa n’est pas un enfant spirituel à dorloter, mais un combattant à tremper. Voici, en trois portes, ce qui fait son avancée réelle et non son illusion.

A) Première porte.

Le Zhikr comme matrice de l’être :

Beaucoup pensent que le Zhikr est une répétition. Erreur. C’est une gestation. Le débutant doit impérativement :

1) Recevoir le wird en séance fermée : la formule – généralement « Lâ ilâha illallâh » – lui est insufflée par le guide (Sheikh). Après il ne peut pas faire de variation personnelle dans ses Azkar quotidien.

2) Il doit respecter le nombre minimal de son Zhikri quotidien (Tahlil) : 5.000 par jour. En dessous, le cœur ne change pas de constitution (istihâla).

3) Associer le souffle à son Zhikri : l’inspire porte « Lâ ilâha », l’expire « illa Llâh ». La respiration devient Zhikr. C’est là le secret de la Qadiriyya : noyer le souffle dans l’Unicité.

Signe de progression : quand le débutant sent que ce n’est plus lui qui dit le Zhikr, mais que le Zhikr se dit de lui-même en lui. À ce moment, qu’il se taise et qu’il écoute.

B) Deuxième porte.

L’obéissance comme ascenseur :

Dans notre voie spirituelle (Târiqa), on ne progresse pas par les extases (wajd) mais par l’abandon de la volonté propre. Le débutant applique trois disciplines :

- L’abstention de juger le guide spirituel (Sheikh), même si un ordre semble contraire à la Loi (Sunna) apparente (car le guide spirituel "Sheikh" voit ce que le Coran et la Sunna permettent en degré intérieur).

- La constance dans les œuvres surérogatoires : Non pas en quantité, mais en régularité. 2 rak’âts de tahajjud chaque nuit sans faillir valent mieux que 20 une fois par mois.

- Le service (khidma) aux anciens de la Tariqa : Exemple ; laver leur main, préparer leur repas. Rien n’abaisse l’orgueil et n’élève le degré comme le service humble.

Avertissement solennel : quiconque critique son guide, même intérieurement, se coupe de la baraka de la chaîne d’or (Silsila). La Târiqa Qadiriya dans son histoire depuis le temps immemoriaux a vu des gens rester 30 ans immobiles dans leur progression spirituelle seulement pour avoir glissé un « pourquoi ? » par rapport aux directives spirituelles d'un guide spirituel (Sheikh).

C) Troisième porte.

Le vide entre les awrâd

Le débutant croit qu’il progresse pendant l’exercice. Les sages savent qu’il progresse dans l’intervalle. C’est pourquoi :

- Entre le wird du matin et celui du soir, qu’il maintienne une présence diffuse : « Allah me voit, Allah est avec moi. »

- Qu’il réduise les paroles inutiles. Chaque mot qui n’est pas Zhikr ou nécessité mondaine est une fuite. On mesure la progression d’un murîd à son silence.

- Qu’il abandonne la lecture de livres spirituels qui ne sont pas de notre Târiqa car la dispersion est une maladie des débutants.

La pierre de touche :

l’épreuve de la sécheresse (al-qabd)

Ô frères et sœurs dans la voie spirituelle, le débutant qui n’a jamais vécu trois mois sans goût spirituel, sans larmes, sans illumination – celui-là n’a pas encore commencé sa progression spirituelle. La vraie progression se fait quand :

- Le Zhikr devient amer, mécanique.
- Le cœur reste sec.
- Les pensées noires l’assaillent.

À ce moment précis, s’il persévère sans rien attendre, Allah lui ouvre une porte qu’aucune extase n’égale : La ma’rifa directe. Le Sayyid Sheikh Abdul Qadir Jilani, qu'Allah sanctifie son secret ! a dit : « La voie (Târiqa) est dure d’abord, puis douce comme le miel. Mais la douceur n’est donnée qu’à celui qui n’a pas fui la dureté. »

En conclusion, ce que nous attendons d’un débutant n’est pas des miracles, ni des récits. C’est :

- Un Zhikr ininterrompu (même par cœur, dans ses occupations).
- Une obéissance sans rétention.
- Une patience qui ne se plaint pas à Allah, mais qui Le remercie même dans l’étreinte des difficultés de tout genre.

Ô MURID, la progression n’est pas verticale, elle est centripète – de la circonférence des actes vers le centre du Sirr (Secret spirituel). Et ce centre, c’est Lui (Allah). Rien que Lui.

Qu’Allah nous fasse mourir dans l’amour de Sayyidi Abdul Qadiri Jilani, qu'Allah sanctifie sont secret ! et dans la réalisation de son secret.

✍🏻 Un Serviteur de Sheikh Abdul Qadir Jilani (QSSA)

LA NUIT DE NISFI MIN CHÂ'ABAN. DANS LA NUIT DE LUNDI 2 AU 3 FÉVRIER 2026 MOSQUÉE MENKAÔ. COMMUNE DE MALUKU.
28/01/2026

LA NUIT DE NISFI MIN CHÂ'ABAN. DANS LA NUIT DE LUNDI 2 AU 3 FÉVRIER 2026 MOSQUÉE MENKAÔ. COMMUNE DE MALUKU.

11/01/2026
11/12/2025

UNION DES CONGRÉGATIONS QADIRIYA- UWESIYA / MAHMOUDIYA.

JEÛNER TROIS MOIS CONSÉCUTIFS : UNE VOIE VERS L'ASCENSION SPIRITUELLE.

RAJAB – SHAʿBÂN – RAMADAN

Le jeûne comme voie de transfiguration du cœur du Murîd de la Târiqa Qadiriya - Uwesiya.

APPEL AUX CŒURS EN MARCHE

Ô toi qui dis chercher Allah, sache que le chemin ne s’ouvre pas par les paroles, mais par la faim, la patience et la nuit veillée en prière (Tahjoud).
Le Murîd qui ne connaît pas la faim ne connaîtra jamais la Face d’Allah dans son cœur.

Chaque année, Allah déploie devant ceux qui le cherche un escalier de lumière composé de trois marches consécutives :

Rajab l’éveil, Shaʿbân la purification, Ramadân l’anéantissement dans l’obéissance.

Celui qui refuse d’y monter par le jeûne reste en bas, même s’il parle beaucoup de spiritualité.

1) RAJAB : LE MOIS OÙ L’ÂME DOIT SE RÉVEILLER PAR LA FAIM.

Allah, Exalté soit-il ! a sanctifié Rajab avant même la création de l’homme :

﴿ إِنَّ عِدَّةَ الشُّهُورِ عِندَ اللَّهِ اثْنَا عَشَرَ شَهْرًا… مِنْهَا أَرْبَعَةٌ حُرُمٌ ﴾
« Le nombre de mois auprès d’Allah est de douze… dont quatre sont sacrés. » Coran 9:36

Être dans un mois sacré sans reprendre le jeûne, c’est rester endormi dans un temps d’éveil.

Le Prophète ﷺ a dit :

مَنْ صَامَ يَوْمًا فِي سَبِيلِ اللَّهِ بَعَّدَ اللَّهُ وَجْهَهُ عَنِ النَّارِ سَبْعِينَ خَرِيفًا
« Celui qui jeûne un seul jour pour Allah, Allah éloigne son visage du Feu d’une distance de soixante-dix années. »
Al-Bukhârî, 2840 – Muslim, 1153

Ainsi, Ô Murîd, Rajab n’est pas le mois des discours, Rajab est le mois où tu dois recommencer à avoir faim pour Allah. Car la faim réveille ce que le confort a endormi.

2) SHAʿBÂN : LE MOIS OÙ LE JEÛNE DOIT DEVENIR TA NATURE

Shaʿbân est le mois où le Prophète ﷺ a fait du jeûne un état permanent :

كَانَ النَّبِيُّ ﷺ يَصُومُ شَعْبَانَ كُلَّهُ

« Le Prophète ﷺ jeûnait tout le mois de Shaʿbân. »
Al-Bukhârî, 1969 – Muslim, 1156

عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ: لَمْ يَكُنِ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَصُومُ شَهْرًا أَكْثَرَ مِنْ شَعْبَانَ، فَإِنَّهُ كَانَ يَصُومُهُ كُلَّهُ.
« Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) ne jeûnait pas un mois autant que cha’ban, il le jeûnait complet. »
Sahîh al‑Boukhari (n° 1970) et Sahîh Muslim (n° 1156), également mentionnées sous d’autres numéros (1834, 1957) selon les éditions.

Et aussi :

كَانَ أَحَبَّ الشُّهُورِ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ ﷺ أَنْ يَصُومَهُ شَعْبَانُ، ثُمَّ يَصِلَهُ بِرَمَضَانَ
« Le mois que le Messager d’Allah aimait le plus jeûner était Shaʿbân, au point de le relier à Ramadân. » An-Nasâ’î, 2350

Shaʿbân n’est pas facultatif pour les Murîd de la Târiqa Qadiriya- Uwesiya :
C’est le mois où le corps apprend à obéir, c’est le mois où le nafs commence à se fissurer, c’est le mois où le cœur devient apte à porter la lumière de Ramadân.

Un Murîd qui ne s’entraîne pas par le jeûne en Shaʿbân arrive à Ramaḍân comme un soldat non préparé.

3) RAMADÂN : LE MOIS OÙ L’ÂME EST LIVRÉE À ALLAH PAR LE JEÛNE

Allah a rendu le jeûne obligatoire en Ramaḍân :

﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الصِّيَامُ ﴾

« Ô vous qui croyez, le jeûne vous a été prescrit. » Coran 2 : 183

Et le Prophète ﷺ a dit :

مَنْ صَامَ رَمَضَانَ إِيمَانًا وَاحْتِسَابًا، غُفِرَ لَهُ مَا تَقَدَّمَ مِنْ ذَنْبِهِ
« Quiconque jeûne Ramadân avec foi et sincérité, tous ses péchés passés lui sont pardonnés. »
Al-Bukhârî, 38 – Muslim, 760

Celui qui a jeûné Rajab et Shaʿbân entre dans Ramadân le cœur déjà brisé, l’ego déjà affaibli, l’âme déjà soumise.

Celui qui n’a pas préparé son corps par ces deux mois subit le mois de Ramadân, mais ne l’habite pas.

4) LE JEÛNE DES TROIS MOIS CONCECUTIVE DOIT DEVENIR UNE HABITUDE, PAS UNE EXPÉRIENCE

Le Prophète ﷺ a posé une limite claire :

لَا تَقَدَّمُوا رَمَضَانَ بِصَوْمِ يَوْمٍ وَلَا يَوْمَيْنِ، إِلَّا رَجُلًا كَانَ يَصُومُ صَوْمًا فَلْيَصُمْهُ
« Ne devancez pas Ramadân par un ou deux jours de jeûne, sauf celui qui jeûne habituellement. » Al-Bukhârî, 1914 – Muslim, 1082

Sens soufi profond :

Le jeûne qui n’est pas habitude devient une revendication cachée de l’ego. Le jeûne qui devient habitude devient annihilation du nafs (fanâ’) dans l’obéissance.

Le vénérable Sheikh Abdul Qadir Jilani, qu'Allah sanctifie son secret ! Dans son livre Futuhat al-Ghayb : « Tant que tu n’as pas affamé ton ego, tu ne goûteras pas à la proximité d’Allah. »

Et dans son livre Al-Ghunya li-Ṭâlibî Tarîq al-Haqq :

« La constance dans les œuvres est la monture du sâlik vers Allah. »

Ô Murîd, si tu veux réellement marcher vers Allah : Affame ton ego en Rajab, ensuite brise-le en Shaʿbân, et Offre-le à Allah en Ramaḍân.

Celui qui traverse ces trois mois par le jeûne ne reste jamais le même.
Celui qui les traverse sans jeûner sérieusement reste un spectateur de la spiritualité.

✍🏽 Votre humble serviteur :
Issa Ngongo pena Wetshindjadi.

09/11/2025

LA BARAKA

Dans un village reculé du Maghreb, entre les dunes ondoyantes du désert et les montagnes majestueuses, vivait un vieux maître soufi nommé Sheikh Khalid. Sa renommée traversait les frontières, attirant pèlerins et disciples de toutes contrées en quête de sagesse et de lumière spirituelle.

Un matin, un jeune homme nommé Youssef, rongé par les incertitudes et les épreuves de la vie, se présenta devant Sheikh Khalid. Ses yeux brillaient d'un désir ardent de compréhension et de paix intérieure.

« Maître, » commença Youssef avec humilité, « j'ai entendu parler de la baraka, cette bénédiction divine qui transforme les vies et les cœurs. Comment puis-je la trouver ? »

Sheikh Khalid, avec la sérénité et la profondeur d'un océan calme, répondit par une histoire métaphorique.

« Écoute, ô Youssef, l'histoire du voyageur et de l'oasis. »

Il était une fois, un voyageur nommé Omar qui traversait le désert aride en quête de vérité. Après des jours de marche sous le soleil brûlant, il tomba d'épuisement. La soif et la fatigue le submergeaient. En cet instant de désespoir, une vieille femme apparut, drapée dans des vêtements aussi blancs que la neige. Elle lui tendit une cruche d'eau fraîche.

« Bois, » dit-elle avec une voix douce comme la brise du matin. « Cette eau est bénie. Elle contient la baraka. »

Omar but l'eau et sentit immédiatement une force nouvelle l'envahir. La vieille femme lui sourit et ajouta : « La baraka est dans chaque goutte de cette eau, mais elle est surtout dans ton cœur, si tu sais la trouver et la cultiver. »

La vieille femme disparut aussi mystérieusement qu'elle était apparue, et Omar se releva, ses forces restaurées. Il continua son voyage et finit par atteindre une oasis où il s'établit. Là, il planta des arbres, creusa des puits, et fit fleurir la terre aride. L'oasis devint un lieu de refuge et de vie pour de nombreux voyageurs, et Omar devint connu comme celui qui avait apporté la baraka à cette terre.

Sheikh Khalid marqua une pause, laissant à Youssef le temps de méditer sur cette histoire. Puis il poursuivit : « La baraka, ô Youssef, est comme cette eau bénie. Elle se trouve dans la grâce de chaque instant, dans la pureté de nos intentions et dans la sincérité de notre quête. La tradition soufie nous enseigne que la baraka est un don divin qui se manifeste dans nos actions et nos paroles. 'Et Nous avons descendu du ciel une eau bénie, par laquelle Nous avons fait croître des jardins et les grains des moissons.' (Coran, 50:9) »

Youssef, inspiré par les paroles du maître, demanda : « Comment puis-je, moi aussi, apporter la baraka à ma vie et à ceux qui m'entourent ? »

Sheikh Khalid sourit et répondit : « La baraka se manifeste à travers le Tawakkul – la confiance totale en Allah. Lorsque tu remets ton sort entre Ses mains et que tu agis avec droiture et compassion, la baraka t’accompagne. 'Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit.' (Coran, 65:3) »

Il invita Youssef à marcher avec lui à travers le village. Ils passèrent par des champs verdoyants, des rivières chantantes et des maisons remplies de vie et de rires. Partout où ils allaient, Sheikh Khalid saluait les villageois, leur offrant des paroles de réconfort et de sagesse.

« La baraka, » dit-il en désignant les sourires des enfants et la prospérité des champs, « se trouve dans l'amour et la générosité que nous partageons. Chaque acte de bienveillance, chaque mot de réconfort est une graine de baraka qui fleurit dans nos vies. La tradition soufie nous rappelle que 'rahma' – la miséricorde divine – est le cœur de la baraka. 'Ô vous qui avez cru, invoquez Allah abondamment et glorifiez-Le matin et soir.' (Coran, 33:41-42) »

Ils arrivèrent près d'un vieil arbre sous lequel les anciens du village se rassemblaient pour raconter des histoires et transmettre leur sagesse. Sheikh Khalid invita Youssef à s'asseoir.

« La baraka, » conclut-il, « n'est pas un trésor caché que l'on trouve au bout d'un chemin, mais une lumière divine que l'on cultive en soi et autour de soi. Elle se révèle à travers notre sincérité, notre amour pour le divin et notre service envers les autres. 'Ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres auront pour demeure les jardins du Paradis.' (Coran, 18:107) »

Sous l'arbre ancien, à l'ombre des feuilles bercées par le vent, Youssef comprit enfin. La baraka n'était pas seulement une bénédiction à recevoir, mais un état de grâce à vivre, une harmonie divine à incarner. Il remercia Sheikh Khalid et, avec un cœur plein de gratitude et de détermination, il s'engagea à apporter la baraka à chaque instant de sa vie.

Et ainsi se termine notre conte soufi, une ode à la baraka et à la sagesse, nous rappelant que la bénédiction divine est un don à chérir et à partager avec amour et compassion.

Extrait de mon livre : Contes Soufis

01/11/2025

Que la paix et la bénédiction d'Allah soient sur vous ! belles âmes humaines.

Aujourd’hui, je veux vous parler de paix,pas seulement celle qu’on écrit sur des drapeaux ou qu’on cherche entre les nations, mais celle qui commence dans le cœur de chacun.

La paix, ce n’est pas l’absence de bruit ou de conflit. C’est un souffle calme, un espace intérieur où la colère s’apaise, où le pardon trouve sa place, où l’amour reprend le dessus.

Chaque mot doux, chaque geste sincère, chaque regard bienveillant est une graine de paix plantée dans le monde. Et même si elle semble petite, elle peut grandir, se multiplier et transformer bien des choses.

12/09/2025

MA'OULID ! AU-DELÀ DE LA POLÉMIQUE : COMPRENDRE LA DISTINCTION CRUCIALE ENTRE LES « BID'AH HASANAH » ET LES« BID'AH SAYYI'AH » EN ISLAM.

A chaque célébration du Mawlid, des théologiens et historiens reviennent sur une notion mal comprise : l'innovation dans la religion. Ils rappellent que toutes les innovations ne sont pas à rejeter, et que beaucoup font aujourd'hui partie intégrante de la pratique musulmane.

Le terme Bid'ah (innovation) est souvent brandi faussement comme une condamnation sans appel, synonyme d'hérésie et d'égarement. Pourtant, une étude approfondie de la tradition islamique et de son histoire nous révèle une réalité bien plus nuancée et essentielle à comprendre : il existe des innovations (Bid'ah) louables, voire nécessaires, appelées Bid'ah Hasanah (bonne innovation), et des innovations (bid'ah) blâmables, les Bid'ah Sayyi'ah.

La célébration de la naissance du Prophète (Mawlid an-Nabawi) est souvent au cœur de ce débat. Pour ses défenseurs, elle n'est pas une exception aberrante, mais l'une des nombreuses Bid'ah Hasanah que la communauté musulmane a intégrées à travers les siècles.

La définition originelle du Bid'ah : une porte laissée ouverte

La fameuse parole du Prophète ﷺ, « Toute innovation (Bid'ah) est un égarement », semble tranchée. Cependant, les savants, à l'instar de l'Imam Ash-Shafi'i (mort en 820), l'un des plus grands juristes de l'histoire islamique, ont immédiatement apporté une clarification cruciale. Il a déclaré : « Les innovations sont de deux sortes : celle qui contredit le Coran, la Sounna, un consensus (Ijma) ou une tradition des Compagnons est une innovation d'égarement. Celle qui introduit un bien et ne contredit aucun de ces principes est une innovation louable (Bid'ah Mahmoudah).»

Le critère de distinction est donc simple : toute innovation qui s'inscrit dans l'esprit général de la Loi islamique, qui sert la religion et ne contredit aucun principe établi, est acceptable et même recommandée.

Des "Bid'ah Hasanah" qui structurent l'Islam moderne

Affirmer que seules les pratiques existantes du temps du Prophète ﷺ et de ses Compagnons sont valides reviendrait à démanteler une grande partie de la structure actuelle de l'Islam. En effet, de nombreuses pratiques aujourd'hui universellement acceptées sont des innovations postérieures.

1. Du temps des Compagnons et de leurs successeurs :

- La compilation du Coran en un livre :

À l'époque du Prophète, le Coran était mémorisé et écrit sur des supports dispersés. C'est le Calife Abou Bakr qui, face à la mort de nombreux mémorisateurs lors de batailles, ordonna sa compilation en un livre unique. Une innovation majeure et salvatrice.
· L'établissement de la prière de Tarawih en groupe : Le Calife Omar ibn Al-Khattab, en voyant les fidèles prier séparément, a eu l'idée de les unir derrière un seul imam. Il s'exclama alors : « Quelle excellente innovation (Bid'ah) que celle-ci ! » utilisant explicitement le terme Bid'ah dans un sens positif et louable.

2. Au fil des siècles :

- La construction des madrasas (écoles religieuses) et des universités comme Al-Qarawiyyin à Fès ou Al-Azhar au Caire.

- La systématisation des sciences islamiques avec les Bid'ah tel que :
La grammaire arabe, la science du Hadith (avec ses critères d'authentification), la jurisprudence (Usul al-Fiqh) sont toutes des Bid'ah ou des disciplines structurées après l'époque prophétique pour préserver et comprendre la religion.

3 - À notre époque :

- L'utilisation de haut-parleurs pour l'appel à la prière (Adhan).
- L'édition et la diffusion massive de livres religieux, de Corans et de logiciels, oui c'est bien mais le Prophète (SWS) ne l'a pas fait ni ses Compagnons (Bid'ah hasanah).
- Les cours en ligne, les applications de prière et le Coran numérique, oui c'est bien mais le Prophète (SWS) ne l'a pas fait ni ses Compagnons (Bid'ah hasanah).
- L'organisation de conférences internationales et de séminaires, oui c'est bien mais le Prophète (SWS) ne l'a pas fait ni ses Compagnons (Bid'ah hasanah). Les exemples sont légion ...

Toutes ces actions (Bid'ah) n'existaient pas à l'origine, mais elles servent clairement les objectifs de l'Islam : diffuser le savoir, faciliter l'adoration et unir la communauté "Bid'ah hasanah"

Le Mawlid aussi dans le même principe est une "Bid'ah Hasanah" par excellence ! C'est dans ce cadre que ses partisans placent la célébration du Mawlid qui a apparue plusieurs siècles après le Prophète, elle n'est pas une dévotion nouvelle en soi, mais une occasion créée pour exprimer un amour et une vénération qui sont, eux, profondément ancrés dans la foi.

Ses défenseurs y voient une manifestation de joie pour la miséricorde divine, une occasion de rassembler la communauté autour de l'évocation de la vie et des enseignements du Prophète ﷺ, de faire des actes de charité et de renforcer les liens familiaux. Elle ne remplace aucune obligation et ne contredit aucun principe fondamental de l'islam ! Au contraire, elle en promeut beaucoup.

La ligne de fracture : comment distinguer le bon du mauvais ?

Alors, quelle est la différence fondamentale entre une Bid'ah Hasanah et une Bid'ah Sayyi'ah ?

Bid'ah Hasanah (Bonne Innovation) Bid'ah Sayyi'ah (Mauvaise Innovation) :

Les Bid'ah Hasanah s'inscrit dans les objectifs généraux de la Charia (préserver la religion, la raison, la lignée, les biens, l'honneur). Ne contredit pas les objectifs ou les textes clairs de la Charia et ne s'oppose à aucun texte du Coran ou de la Sounna authentique. Ne s'oppose à un commandement ou interdit explicite dans les textes sources. N'annule, ne remplace ni ne dévalue une pratique établie (Sounna).

Les Bid'ah Sayyi'ah sont les innovations qui annule, remplacer ou dévalorise une pratique prophétique authentique. Exemple : prier d'une manière non prescrite. Introduire un mal, une division, ou une difficulté inutile dans la religion. Génère une récompense pour son auteur ou génère un péché pour son auteur.

Conclusion :

L'Islam n'est pas une religion figée dans le passé. C'est une tradition vivante qui, tout en gardant ses sources immuables, a la capacité de s'adapter aux contextes nouveaux grâce à un effort de réflexion (Ijtihad). La Bid'ah Hasanah est le fruit de cet effort lorsqu'il est guidé par la piété, la connaissance et un profond respect du cadre divin.

Le débat sur le Mawlid et d'autres pratiques similaires mérite donc de dépasser le simple rejet du terme Bid'ah pour engager une discussion éclairée sur son essence : cette innovation rapproche-t-elle les croyants de l'esprit du message de l'Islam, ou l'altère-t-elle ? C'est à cette question, bien plus profonde, que nous musulmans doivent continuer de répondre dans la pratique de notre foi.

✍🏽 Issa Ngongo pena Wetshindjadi. Kinshasa le 12 Septembre 2025.

LE JUÊNE DU MOIS DE RAMADANLivre du jeûne » Hadith n°0999» D’après Abou Houreira (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la...
13/03/2024

LE JUÊNE DU MOIS DE RAMADAN

Livre du jeûne » Hadith n°0999»

D’après Abou Houreira (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Le mois de ramadan vous est venu, c’est un mois béni qu’Allah vous a imposé de jeûner. Durant ce mois les portes des cieux sont ouvertes, les portes de la géhenne sont fermées et les diables sont enchainés. Allah a dans ce mois une nuit qui est meilleure que mille mois, celui qui est privé de son bien est vraiment privé de tout bien ».
(Rapporté par Nasai dans ses Sounans n°2106 et authentifié par Cheikh Albani dans Sahih Targhib n°999, Hadith Sahîh li Ghayrihi)

L’imam Souyouti (mort en 911) a cité ce hadith dans son ouvrage Wousoul Al Amani Bi Ousoul Al Tahani p 54 et il a dit ensuite: « Ibn Rajab a dit: Ce hadith est une base en ce qui concerne la félicitation pour la venue du mois de Ramadan ».

Explication du premier verset :
Allah a dit dans la sourate Al Baqara n°2 verset 183 (traduction rapprochée du sens du verset) : « Ô vous les croyants (1) ! Le jeûne vous a été imposé (2) comme il a été imposé à ceux qui sont venus avant vous (3) afin que vous atteignez la taqwa (4) ».
قال الله تعالى : يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الصِّيَامُ كَمَا كُتِبَ عَلَى الَّذِينَ مِن قَبْلِكُمْ لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ
(سورة البقرة ١٨٣)

(1) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « Ô vous les croyants ! ».
C’est à dire : Ô vous qui croyez en Allah et Son Messager, qui les rendez véridiques et avez une ferme conviction dans leurs paroles !
(Tefsir Tabari vol 2 p 92)

Il y a deux leçons à tirer du fait qu’un verset commence par un appel d’Allah envers les croyants.
Tout d’abord, cela montre que la parole qui va suivre est une parole d’une grande importance car cet appel va attirer l’attention de celui qui est visé.

D’après ‘Awf, ‘Abdallah Ibn Mas’oud (qu’Allah l’agrée) a dit : « Si tu entends Allah dire -Ô vous les croyants !- alors écoute avec attention car il s’agit d’un bien qu’Il ordonne ou d’un mal qu’Il interdit ».
(Rapporté par Abou Nou’aym dans Hiliya Al Awliya vol 1 p 130. Voir ‘Omdatou Tefsir de Cheikh Ahmed Chakir vol 1 p 619)

(2) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « Le jeûne vous a été imposé ».
Les savants sont en consensus sur le fait que dans la langue arabe, le jeûne / الصِيَام signifie le fait de s’abstenir, quelle que soit la chose de laquelle on s’abstient.
(Ahkam Al Quran de l’imam Ibn Al ‘Arabi Al Maliki vol 1 p 106)

Dans la législation islamique, le jeûne est le fait de délaisser les actes annulatifs avec l’intention du lever de l’aube au coucher du soleil.
(Tefsir Al Qortobi vol 3 p 123)
Ce verset montre que le jeûne est une obligation.
Ceci est également montré par les textes prophétiques et le consensus des savants.

L’imam Nawawi (mort en 620 du calendrier hégirien) a dit: « Le fait que le jeûne du mois de Ramadan soit une obligation est une chose sur laquelle il y a un consensus.
Les preuves du Coran, de la Sounna et du consensus sont évidentes sur cela.
De plus les savants sont également en consensus sur le fait qu’il n’y a pas de jeûne obligatoire en dehors du jeûne du mois de Ramadan ».
(Al Majmou’ Charh Al Mouhadhab vol 6 p 252)

Remarque n°1 : Il y a plusieurs conditions qui doivent être présentes pour que le jeûne soit obligatoire.
Ces conditions sont détaillées dans d’autre Hadith.
Remarque n°2 : Le délaissement du jeûne du mois de Ramadan est un grand péché.
3) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « Le jeûne vous a été imposé comme il a été imposé à ceux qui sont venus avant vous ».
C’est à dire qu’Allah a également, dans le passé, imposé le jeûne aux juifs, aux chrétiens et aux autres communautés précédentes.
Par contre, cela ne signifie pas forcément que leur jeûne était identique à celui de la communauté musulmane au niveau du moment où il doit être accompli ou au niveau de sa durée.
Il y a plusieurs leçons qui peuvent être tirées du fait qu’Allah a mentionné l’obligation du jeûne dans les anciennes communautés.
Nous nous contenterons de citer trois de ces leçons.
Tout d’abord, cela montre le grand mérite du jeûne et la gravité de le délaisser sans excuse.
En effet, le fait qu’Allah impose un acte à chaque communauté montre clairement l’importance de cet acte par rapport aux autres actes et que chaque religion ne peut être complète qu’avec l’application de cet acte.
Ensuite, cela motive les musulmans à appliquer cet ordre divin et à jeûner comme Allah le leur a imposé.
Allah a mentionné dans le Coran (sourate 3 verset 110) que la communauté musulmane est la meilleure des communautés et ainsi, si les anciennes communautés ont jeûné comme Allah le leur a demandé, les musulmans sont bien plus en droit de devoir respecter cet ordre divin car ils sont la meilleure des communautés.
Enfin, ceci permet de faciliter le jeûne aux musulmans et de les tranquilliser afin qu’ils ne se disent pas qu’Allah leur a imposé cet acte difficile sans qu’il n’ai été imposé précédemment aux autres communautés.
En effet, lorsqu’une personne doit faire face seule à une situation difficile, surmonter cet épreuve seule est plus difficile à faire que si d’autres personnes sont, comme elle, face à cette situation difficile.
(Voir Tefsir Sourate Al Baqara de Cheikh ‘Otheimine vol 2 p 317, Taysir Al Karim Ar Rahman de Cheikh Sa’di p 86)

(4) Allah a dit (traduction rapprochée du sens du verset) : « …afin que vous atteignez la taqwa ».
Après avoir mentionné l’obligation du jeûne, Allah a mentionné la sagesse pour laquelle il a été imposé.
Cette sagesse est que, par le jeûne, les gens vont atteindre la taqwa.
(Taysir Al Karim Ar Rahman de Cheikh Sa’di p 86)

Il faut donc mentionner deux points afin que ce verset soit compris : que signifie la taqwa ? Et de quelle manière le jeûne permet t-il d’atteindre la taqwa ?
a. La définition de la taqwa
Dans la langue arabe, le terme -taqwa- signifie le fait que la personne se protège d’une chose qu’elle déteste et qu’elle craint.
(Tefsir Ibn Kathir p 83)

Dans la législation islamique, la taqwa signifie le fait que la personne mette une protection entre elle et le châtiment d’Allah en appliquant Ses ordres et en s’écartant de Ses interdits.
(Voir par exemple le Tefsir de Ibn Kathir p 234 ; Ar Risala Taboukiya de l’imam Ibn Qayim p 8 à 10 , Tefsir Sourate Al Baqara de Cheikh ‘Otheimine vol 2 p 350)

Ainsi ce terme englobe toute la religion.
(Tefsir Ayat Min Kitab Allah de l’imam Muhammed Ibn ‘Abdel Wahab p 143)

Remarque : Les textes du Coran et de la Sounna mentionnent de très nombreux mérites de la taqwa.
Parmi ces mérites dans l’ici-bas : le fait que pratiquer la taqwa permet à la personne qu’Allah lui accorde une issue dans les situations délicates, qu’Il lui accorde sa subsistance par là où il ne s’y attendait pas et qu’Il lui accorde la science bénéfique.
Et parmi ces mérites dans l’au-delà : le fait qu’Allah va faire miséricorde aux gens qui ont pratiqué la taqwa, Il va leur donner une grande récompense et les faire rentrer dans le paradis.
عن أبي هريرة رضي الله عنه قال رسول الله صلى الله عليه وسلم : أتاكم شهر رمضان شهر مبارك فرض الله عليكم صيامه تفتح فيه أبواب السماء وتغلق فيه أبواب الجحيم وتغل فيه مردة الشياطين لله فيه ليلة خير من ألف شهر من حرم خيرها فقد حرم
(رواه النسائي و صححه الشيخ الألباني في صحيح الترغيب و الترهيب )

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18 Bis, Avenue Selembaô. Commune De Selembaô (Référence : Dernière La Prison Centrale De Makala)
Kinshasa

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