14/05/2026
PREMIER LEÇON AU NOUVEAU MURID :
LES 3 PORTE DU DÉBUTANT VERS LA RÉALISATION DIVINE DANS LA TÂRIQA QADIRIYA.
Par un serviteur de la voie (Târiqa) de Sheikh Abdul Qadiri Jilani, qu'Allah sanctifie son secret !
Ô assemblée de ceux qui vivent par le Sirr (secret) du Pôle spirituelle, sachez que le débutant (Muridi) qui entre dans notre noble Târiqa n’est pas un enfant spirituel à dorloter, mais un combattant à tremper. Voici, en trois portes, ce qui fait son avancée réelle et non son illusion.
A) Première porte.
Le Zhikr comme matrice de l’être :
Beaucoup pensent que le Zhikr est une répétition. Erreur. C’est une gestation. Le débutant doit impérativement :
1) Recevoir le wird en séance fermée : la formule – généralement « Lâ ilâha illallâh » – lui est insufflée par le guide (Sheikh). Après il ne peut pas faire de variation personnelle dans ses Azkar quotidien.
2) Il doit respecter le nombre minimal de son Zhikri quotidien (Tahlil) : 5.000 par jour. En dessous, le cœur ne change pas de constitution (istihâla).
3) Associer le souffle à son Zhikri : l’inspire porte « Lâ ilâha », l’expire « illa Llâh ». La respiration devient Zhikr. C’est là le secret de la Qadiriyya : noyer le souffle dans l’Unicité.
Signe de progression : quand le débutant sent que ce n’est plus lui qui dit le Zhikr, mais que le Zhikr se dit de lui-même en lui. À ce moment, qu’il se taise et qu’il écoute.
B) Deuxième porte.
L’obéissance comme ascenseur :
Dans notre voie spirituelle (Târiqa), on ne progresse pas par les extases (wajd) mais par l’abandon de la volonté propre. Le débutant applique trois disciplines :
- L’abstention de juger le guide spirituel (Sheikh), même si un ordre semble contraire à la Loi (Sunna) apparente (car le guide spirituel "Sheikh" voit ce que le Coran et la Sunna permettent en degré intérieur).
- La constance dans les œuvres surérogatoires : Non pas en quantité, mais en régularité. 2 rak’âts de tahajjud chaque nuit sans faillir valent mieux que 20 une fois par mois.
- Le service (khidma) aux anciens de la Tariqa : Exemple ; laver leur main, préparer leur repas. Rien n’abaisse l’orgueil et n’élève le degré comme le service humble.
Avertissement solennel : quiconque critique son guide, même intérieurement, se coupe de la baraka de la chaîne d’or (Silsila). La Târiqa Qadiriya dans son histoire depuis le temps immemoriaux a vu des gens rester 30 ans immobiles dans leur progression spirituelle seulement pour avoir glissé un « pourquoi ? » par rapport aux directives spirituelles d'un guide spirituel (Sheikh).
C) Troisième porte.
Le vide entre les awrâd
Le débutant croit qu’il progresse pendant l’exercice. Les sages savent qu’il progresse dans l’intervalle. C’est pourquoi :
- Entre le wird du matin et celui du soir, qu’il maintienne une présence diffuse : « Allah me voit, Allah est avec moi. »
- Qu’il réduise les paroles inutiles. Chaque mot qui n’est pas Zhikr ou nécessité mondaine est une fuite. On mesure la progression d’un murîd à son silence.
- Qu’il abandonne la lecture de livres spirituels qui ne sont pas de notre Târiqa car la dispersion est une maladie des débutants.
La pierre de touche :
l’épreuve de la sécheresse (al-qabd)
Ô frères et sœurs dans la voie spirituelle, le débutant qui n’a jamais vécu trois mois sans goût spirituel, sans larmes, sans illumination – celui-là n’a pas encore commencé sa progression spirituelle. La vraie progression se fait quand :
- Le Zhikr devient amer, mécanique.
- Le cœur reste sec.
- Les pensées noires l’assaillent.
À ce moment précis, s’il persévère sans rien attendre, Allah lui ouvre une porte qu’aucune extase n’égale : La ma’rifa directe. Le Sayyid Sheikh Abdul Qadir Jilani, qu'Allah sanctifie son secret ! a dit : « La voie (Târiqa) est dure d’abord, puis douce comme le miel. Mais la douceur n’est donnée qu’à celui qui n’a pas fui la dureté. »
En conclusion, ce que nous attendons d’un débutant n’est pas des miracles, ni des récits. C’est :
- Un Zhikr ininterrompu (même par cœur, dans ses occupations).
- Une obéissance sans rétention.
- Une patience qui ne se plaint pas à Allah, mais qui Le remercie même dans l’étreinte des difficultés de tout genre.
Ô MURID, la progression n’est pas verticale, elle est centripète – de la circonférence des actes vers le centre du Sirr (Secret spirituel). Et ce centre, c’est Lui (Allah). Rien que Lui.
Qu’Allah nous fasse mourir dans l’amour de Sayyidi Abdul Qadiri Jilani, qu'Allah sanctifie sont secret ! et dans la réalisation de son secret.
✍🏻 Un Serviteur de Sheikh Abdul Qadir Jilani (QSSA)