30/05/2026
Alors que le Directeur général de l’OMS est en visite à Bunia, le Dr Alan Gonzalez, directeur adjoint des opérations de MSF, rappelle que la situation d'Ebola reste extrêmement préoccupante. Voici sa déclaration.
Jamais une épidémie de maladie Ebola n’avait enregistré autant de cas dans les premiers jours de sa déclaration. Et comme l’ensemble des personnes vivant dans les zones affectées, les équipes de Médecins Sans Frontières constatent que la réponse n’est pas encore en phase avec la vitesse de propagation de la maladie.
La réalité aujourd’hui est que personne ne connaît l’ampleur ni la gravité exacte de cette épidémie. De nouveaux cas suspects sont signalés chaque jour, mais des centaines d’échantillons restent encore à analyser.
Dans le même temps, des contraintes majeures comme des fermetures de frontières et d’aéroports continuent de retarder l’acheminement de fournitures médicales essentielles, d’aide humanitaire et de personnel spécialisé.
Le nombre d’organisations médicales expertes déployées sur le terrain reste encore largement insuffisant, et le niveau de soutien actuellement apporté — y compris le nôtre — est très en deçà des besoins. Les populations ont besoin de toute urgence d’une réponse à la hauteur de la crise à laquelle elles sont confrontées.
Pour parvenir à contrôler – même partiellement – la situation, il est indispensable d’accroître immédiatement les capacités de dépistage.
Cette mesure doit s’accompagner d’un renforcement rapide, coordonné et adapté de l’ensemble de la réponse, soutenu par des organisations médicales et humanitaires expérimentées, ainsi que d’un accès garanti et durable permettant l’entrée rapide des fournitures médicales et du personnel humanitaire dans les zones affectées.
Cette épidémie survient dans un contexte où les besoins médicaux de la population étaient déjà immenses. La situation actuelle fait courir un risque grave d’aggravation silencieuse d’autres problèmes de santé. De nombreuses structures de santé sont débordées et l’accès aux soins courants, non liés à Ebola, est perturbé, tandis que beaucoup de personnes restent chez elles, trop effrayées pour consulter.
Deux semaines après que l’épidémie de maladie Ebola ait été déclarée dans la province de l’Ituri, la situation sur place reste extrêmement préoccupante et constitue une source légitime d’inquiétude, tant pour la population que pour les personnels de santé de première ligne.