18/08/2025
Ados et jeunes face aux hépatites.
Le monde a célébré le 28 Juillet 2025 dernier la journée mondiale de lutte contre les hépatites. Cette célébrationmondiale a pour but d’éveiller les consciences sur ces tueurs silencieux, des fléaux de l’humanité, en vue d’une meilleure prise en charge pour leur éradication d’ici à 2030.
Les hépatites virales A, B, C, D et E ne sont pas assez connues du grand public. Pour inverser la tendance, laRDC prend l’engagement en 2025 d’organiser des activités de sensibilisation afin d’amener la population à se protéger de ces hépatites, afin de les éradiquer.
Nous avons approché Dr Pascal Tshiamala, le Directeur Général du Programme National de lutte contre les Hépatites pour plus d’informations et spécialiste en gastro- entérologie.
Parmi ces 5 sortes d’hépatites qui sont constituent aussi 5 sortes de virus, 2 sont particulièrement dangereuxparce qu’ils constituent un danger de santé publique dans le monde. Il s’agit des hépatites B et C évoluent très lentement.
Une des caractéristiques de ces hépatites, c’est le silence. Une fois contractée en bas âge par exemple, elles évoluent très lentement, en silence, pour se manifester à l’âge adulte. Elles se manifestent par la jaunisse, par un ventre qui gonfle etc.
Sur 100¨% des cas, 80% vont développer la phase aigüe de la maladie et peuvent en guérir. Alors que les 20% autres en meurent parce qu’ils passent par la phase de chronicité surtout pour les hépatites B et C. Cette chronicité va provoquer des lésions sur le foie. Et ces lésions c’est soit une cirrhose soit un cancer du foie qui va conduire à la mort
Les voies de contaminations
Les voies de contaminations diffèrent selon le type d’hépatite :
Les hépatites A et E : se transmettent par voie oro-fécale. Cela veut dire que la contamination se produit lorsque des matières fécales contaminées pénètrent dans la bouche d’une autre personne, entrainant une infection. L’ingestion des matières fécales contaminées par l’intermédiaire des mains sales, d’aliments ou d’eau souillés. Il est toujours conseillé de se laver les mains après avoir été aux toilettes ou après avoir été en contact avec les selles. La particularité de ces deux sortes d’hépatites est qu’elles n’atteignent pas le stade de la chronicité. Les symptômes se développent assez vite, elles sont traitées et on en guérit. Mais il peut arriver que l’hépatite A atteigne un pic et peut emporterle sujet.
Pour le cas de l’hépatite E, elle est très présente dans les camps de réfugiés qui bien de fois manquent d’eau, ils vivent dans une grande promiscuité
On peut retenir de ces deux sortes d’hépatites qu’elles sont traitées facilement. Ce sont des maladies des mains sales, un peu comme la typhoïde Et une avancée significative, parmi ces deux hépatites, c’est l’hépatite A qui a un vaccin pour éviter sa contraction.
hépatites B et C : dans le silence et très lentement, elles passent à la chronicité, elles se transmettent par la voie sanguine (les objets contaminés par le sang souillé par l’hépatite) et par la voie sexuelle. Ces deux voies se retrouvent sur plusieurs formes. Selon une étude menée en RDC, la contamination aux hépatites B et C se fait aussi par l’usage des matériels de manucure et pédicure. Tant que le matériel utilisé n’est pas assez bien désinfecté, la contamination survient : brosse à dents, rasoir, matériel de piercing, de scarification, les seringues (pour les cas de drogues intraveineuses etc.)
La maladie peut se transmettre par contact avec les liquides biologiques d’une personne infectée Il s’agit du sang, de la salive, des sécrétions vaginales ou du sperme.
L’hépatite B se transmet beaucoup plus chez les enfants parce que transmise par voie verticale, c’est-à-dire de la mère à l’enfant. L’enfant va naitre avec le virus. Le virus va évoluer très lentement sans signe. Malheureusement dans une société comme la nôtre où le vaccin n’est pas répandu, les nourrissons ne sont pas vaccinés au J zéro (c’est-à-dire au jour de la naissance)
Le calendrier vaccinal de l’enfant en RDC prévoit le vaccin contre l’hépatite de la 6e à la 14e semaine après la naissance
Et pourtant, comme l’a si bien souligné Dr. Tshiamala « le virus n’attend pas agir. Il va s’installer dans l’organisme du bébé qui va grandir, et c’est entre 25 et 40 ans que l’hépatite va se manifester et provoquer les lésions.
Le virus de l’hépatite B est considéré comme une maladie infectieuse extrêmement contagieuse : il est 50 à 100 fois plus infectieux que le virus du Sida.
L’hépatite D : Ce virus n’existe que quand l’hépatite B existe dans un organisme. Et quand la B et la C coexistent, elles provoquent des lésions beaucoup plus importantes. C’est de là que part toute sa dangerosité.
Moyens de prévention :
a) Il faut rompre le silence : organiser des séances de sensibilisation, des émissions radio et télévisées tant pour le personnel médical que pour la population générale. Il est important que le personnel médical soit informé en continu voire testé pour ne pas qu’il soit vecteur de la maladie et qu’il sache assurer une bonne prise en charge.
b) Le dépistage systématique surtout de la femme enceinte pour éviter la transmission verticale (c’est-à-dire de la mère à l’enfant) : celle qui est atteinte ou malade est traitée et celle qui n’est pas atteinte est vaccinée. C’est une stratégie pour couper le lien de la transmission. Le dépistage est aussi nécessaire pour la population générale pour sortir le virus de son silence, arrêter la chaine de propagation et de contamination.
Pour le cas de la RDC, nous n’avons pas encore organisé d’étude de grande envergure pour déterminer le nombre de personnes atteintes. Si cela était fait, ça permettra de connaitre le nombre de personnes atteintes dans le pays. Aujourd’hui, selon les estimations, le taux de prévalence des hépatites B et C est de 3 à 8% dont 5% pour l’hépatite B et 3 % pour l’hépatite C.
c) Sensibiliser les personnes à risque :
C1) les utilisateurs de drogues injectables à ne plus utiliser à plusieurs la même seringue (les utilisateurs atteints et les non atteints échangentnon seulement la drogue et mais aussi le virus)
C2) les prisonniers à ne plus avoir des comportements sexuels à risques
C3) les couples discordants (un positif et l’autre négatif) contaminés par les relations sexuelles.
C4) les nouveau-nés doivent absolument être vaccinés à la naissance. Au moment de l’accouchement, ils peuvent être en contact avec le virus.
d) le vaccin : on est vacciné à longue échéance. Cela veut dire que la première fois, on reçoit 3 doses, il faut le refaire après 5 ans parce que c’est supposé que la couverture vaccinale expire après 5 ans
Les adolescents et jeunes sont parmi les plus infectés par les hépatites à cause de la transmission verticale. Les enfants de zéro à un certain âge représentent 1 à 2 % des personnesatteintes. Il y a des enfants en bas âge qui, malgré les vaccins pentavalents (vaccins contre 5 maladies dont l’hépatite B) reçus, ne développent pas assez d’anti corps de l’hépatite. Voilà pourquoi il est très utile de faire des contrôles au moins une fois par an après avoir eu le vaccin afin de vérifier si le taux des anti corps reste élevé. Si le taux est toujours bas, il faut encore vacciner.
Aujourd’hui c’est le Programme Elargi des Vaccination qui a la charge de tous les vaccins. Et pour ce qui est du lieu du diagnostic, Dr Tshiamala, pense que les zones de santé sont le lieu approprié pour organiser les opérations de prises en charge pour dépister et administrer les vaccins. Ce qui implique que les zones de santé doivent avoir en stock des tests rapides pour le dépistage, qui est le premier diagnostic, ensuite la zone de santé va référer dans un hôpital général de référence où sera fait le test à l’Elisa pour détecter les anti corps, après l’HGR, et enfin ce sera le début du traitement pour connaitre la charge virale ( le nombre de virus dans le sang) pour débuter ou pas le traitement
Les symptômes
Il ne faut pas attendre les signes ou symptômes.Quand on ne se sait personne à risque, il est important d’aller dans un centre de santé pour un dépistage et se faire vacciner.
Interview réalisée avec Dr Tshiamala