31/07/2026
31 Juillet : Journée internationale de la Femme africaine
Le 31 juillet 1962, à Dar es Salaam, en Tanzanie, des femmes africaines venues de plusieurs pays du continent fondaient l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF). Leur message : les indépendances politiques ne suffisent pas si elles ne s’accompagnent pas d’une véritable participation des femmes dans la construction des sociétés africaines.
Quel modèle de société voulons-nous construire en Afrique ? et au Congo en particulier.
La République démocratique du Congo traverse une période historique où les questions de paix, de démocratie, de gouvernance et de cohésion nationale sont au centre des préoccupations. Alors que notre pays cherche des voies nouvelles à travers le dialogue et la reconstruction, une évidence apparaît : aucun projet national durable ne peut réussir en laissant de côté plus de la moitié de ses forces vives.
Pendant longtemps, le pouvoir politique a été principalement exercé par des hommes. L’histoire révèle aussi les limites d’un systèmes dominés par la compétition, la conquête du pouvoir et l’éloignement du bien commun.
La question n’est donc pas de remplacer un sexe par un autre.
La question est de comprendre que l’humanité a besoin d’un équilibre nouveau dans sa manière de gouverner.
La femme représente une dimension fondamentale de cet équilibre. Elle donne la vie, mais son rôle ne s’arrête pas là. Elle est la première éducatrice, celle qui transmet les valeurs, qui façonne les premières consciences et qui prépare les citoyens de demain.
Chaque président, chaque ingénieur, chaque scientifique, chaque dirigeant a d’abord été un enfant éduqué par une femme.
Si l’éducation est le premier fondement d’une nation, comment expliquer qu’une société puisse former des responsables capables de détourner les ressources publiques, d’abandonner leur peuple ou de sacrifier l’intérêt collectif ?
La crise de nos sociétés n’est pas seulement une crise politique. Elle est aussi une crise de valeurs, d’éducation et de responsabilité.
L’Afrique possède pourtant un héritage qui rappelle que la reconnaissance des femmes n’est pas étrangère à notre histoire. La Charte du Mandé (Kurukan Fuga), proclamée au XIIIᵉ siècle dans l’Empire du Mali, reconnaissait déjà la dignité humaine, la protection sociale et l’importance de chaque membre de la communauté.
Plus récemment, en 1975, la République centrafricaine nommait Elisabeth Domitien Première ministre, devenant la première femme à diriger un gouvernement en Afrique. Elle exerçait cette responsabilité bien avant que la France ne nomme sa première femme Première ministre, Édith Cresson, en 1991.
Notre histoire nous rappelle donc que la femme africaine n’est pas une nouvelle actrice du développement. Elle a toujours été présente ; c’est souvent la reconnaissance institutionnelle de son rôle qui a tardé.
À travers le programme JASIRI, la Dynamique Debout Congolais (DDC) porte une conviction : repenser la question du genre, ce n’est pas seulement parler de représentation. C’est repenser notre conception du leadership, de l’éducation et de la gouvernance.
Une société forte n’est pas celle où les hommes dominent les femmes, ni celle où les femmes remplacent les hommes.
C’est celle où chaque compétence est reconnue, où chaque intelligence est mobilisée et où chaque citoyen contribue à l’avenir collectif.
Alors que la RDC ouvre une nouvelle réflexion sur son avenir démocratique, une question demeure :
Le prochain grand changement de notre démocratie ne viendra-t-il pas du jour où nous comprendrons que la paix, la bonne gouvernance et le développement commencent d’abord par la manière dont nous formons, respectons et impliquons les femmes dans la construction de la Nation ?
Bonne Journée internationale de la Femme africaine.
Dynamique Debout Congolais (DDC) Programme JASIRI