16/07/2025
🎓 Accès garanti à l’éducation pour toutes les filles : une avancée majeure en République Démocratique du Congo 🇨🇩
Le 14 juillet 2025, Monsieur Alexis YOKA, Secrétaire Général au ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, a signé une note circulaire (n° MINEDU-NC/SG/DEVC/90/1245/2025) instruisant l’interdiction formelle d’exclure les élèves filles enceintes du système éducatif. Elle appelle toutes les autorités scolaires à garantir l’accès et le maintien des filles, y compris enceintes, dans les établissements scolaires.
Cette décision courageuse, bien que parfois mal interprétée comme une incitation à la débauche ou une atteinte aux valeurs traditionnelles, est en réalité un geste de justice et d'inclusion. Elle ouvre la voie à un avenir digne pour nos filles, sœurs et enfants, dont plusieurs tombent enceintes non pas par choix, mais souvent suite à violences sexuelles, contraintes sociales ou conditions de vie précaires.
En tant que chercheur engagé, je me réjouis profondément de cette mesure, car elle répond directement à la problématique centrale de mon travail de recherche réalisé dans le cadre de ma formation au CAS en Genre et Développement à l’ Geneva Graduate Institute - Executive Education. Ce travail portait sur la promotion et la protection de l’éducation des adolescentes victimes de violences basées sur le genre (VBG), en mettant en lumière les lacunes des politiques publiques en matière de réintégration scolaire.
🔍 Les résultats de mon enquête ont révélé que les adolescentes constituent une population particulièrement vulnérable, ciblée par les violences sexuelles. Les facteurs tels que le niveau d’instruction faible, les conditions de vie précaires et l’absence de prise en charge médicale dans les heures critiques après l’agression augmentent le risque de grossesse post-viol souvent cause principale d’abandon scolaire. Ce, en dépit de la loi n° 15/013 du 1er août 2015, qui dans son article 10 alinéa 6 autorise les filles enceintes à poursuivre leurs études.
Or, mon étude a montré que cette loi est largement ignorée par les autorités scolaires, les chefs d’établissement et même certaines familles. La note circulaire du Secrétariat Général n’est donc pas une nouveauté législative, mais bien un rappel officiel et une mise en application stricte d’un droit déjà existant.
En ma qualité d'acteur engagé dans la promotion du droit a l'éducation et de la justice de genre, je soutiens pleinement cette initiative, qui vient réconcilier nos engagements juridiques avec la réalité sociale et représente une avancée significative pour l’équité, la dignité et le droit à l’éducation pour toutes les filles, sans exception.
Maurice Kasongo Wa Bondo
🎓Spécialiste en Genre et Développement
📊 Enquêteur et formateur en droits économiques, sociaux et culturels (notamment le droit à l'éducation et à la santé)
🧑🏫 Formateur en égalité femmes-hommes dans le domaine éducatif
🏥 Infirmier et prestataire de soins de première ligne aux survivant.e.s des VBG
🛡️ Accompagnateur et soutien aux victimes de violences basées sur le genre (VBG)