30/04/2026
LE CONGO A-T-IL UN BON SYSTEME ÉDUCATIF ?
Certains compatriotes, et surtout des enseignants, pourraient répondre par NON.
Mais, en ce 30 avril 2026, je souhaite partager cette petite réflexion avec vous, la grande famille congolaise, et plus particulièrement la famille éducative.
Au-delà des théories des grands pédagogues et psychologues, le système éducatif repose sur trois piliers majeurs, et l’apprenant se trouve au centre. C’est pour cela que les pédagogues disent que l’enfant est au centre de l’éducation. Que cela signifie-t-il ?
Ces trois piliers du triangle éducatif sont :
1. ’État : En tant que personne morale, pour assurer sa survie dans le temps et dans l’espace, il doit préparer sa population en continu. C’est pourquoi il élabore les programmes, valide les ouvrages à utiliser pour enseigner, définit les modalités, les méthodes à appliquer et les techniques d’évaluation pour s’assurer du bon apprentissage. Le seul détenteur de la vision de l’éducation pour un peuple, c’est l’État. On ne forme pas une génération pour former, mais pour résoudre des problèmes et transformer la société. La préparation doit suivre l’évolution de la société et du monde.
2. ’École : C’est un cadre approprié pour l’apprentissage. C’est ici que les directives, les orientations, les techniques et la méthodologie de l’État sont appliquées. C’est le sanctuaire du savoir. Est-ce ainsi que nous concevons une école chez nous ? La magie éducative s'opère dans une salle de classe. L’émetteur, qui est l’enseignant, transmet le savoir à un récepteur, qui est l’apprenant. Pour que ce contact ait lieu, un élément capital intervient : la du récepteur. Sans cette volonté, aucune formation n’est possible, quelles que soient les conditions. Autrefois, les apprenants parcouraient des kilomètres pour chercher des maîtres et apprendre. C’est l’apprenant qui doit venir vers l’enseignant pour solliciter l’apprentissage. L’école doit mettre à disposition de bons détenteurs du savoir pour que cette opération ait lieu.
3. troisième pilier, ce sont les parents : Un acteur majeur dans le processus éducatif. Ce sont eux qui entretiennent, orientent et rodent pour la première fois la matrice cognitive de l’apprenant. Pour que l’apprenant ait une fondation solide, les parents ont une part importante de responsabilité. Cessons de faire porter le chapeau à l’école. Le premier milieu éducatif que l’enfant fréquente, c’est la famille. Si aujourd’hui nous déplorons la faiblesse de nos enfants, nous, parents, en sommes aussi responsables. Chers parents, nous ne devons pas nous fier au français que nos enfants parlent pour mesurer leur intelligence ou leurs capacités cognitives. Posez des problèmes à vos enfants et demandez-leur des solutions. Vous verrez leur raisonnement, leur capacité à réfléchir...
À l’intérieur de ces trois piliers se trouve l’apprenant. Celui qui doit recevoir et se transformer... Il n’a qu’un seul pouvoir : la volonté. Il doit être disponible, prêt à apprendre. Comme le disaient certains sages :
_« Quand l’élève est prêt, le maître apparaît. »_
Quand on est prêt, on apprend, et il y a transformation.
En RDC, chaque pilier remplit-il réellement sa part de responsabilité ?
: Il met à disposition les matières et les programmes qui sont valides. Son seul péché est de ne pas bien prendre en charge les acteurs clés sur le terrain. Ventre affamé n’a point d’oreilles. Comment demander le meilleur à celui qui n’est pas en mesure de résoudre certains problèmes mineurs ? Comment l’État organise-t-il le contrôle dans ce secteur ?
: Les inspecteurs devraient être recrutés non seulement sur la base d’une fiche de signalement et d’un concours, mais aussi sur la base de certaines publications dans leur domaine, comme c’est le cas à l’ESU.
L’État devrait, dans la mesure du possible, mettre en place un système d’apprentissage destiné aux parents pour mieux maîtriser les rouages éducatifs en RDC. Tant que l’État va considérer l'éducation comme un simple complément dans la société, nous risquons, dans un avenir proche, d’avoir des détenteurs de diplômes et non des diplômés.
La valorisation de la formation professionnelle serait aussi un atout pour la nation. Mais comment le Ministère de la Formation Professionnelle se déploie aujourd’hui sur le terrain ? Une bombe à retardement se prépare si nous n’y prenons pas garde… Nous développerons cela dans les jours à venir.
: Vu son rôle crucial, en tant que sanctuaire du savoir, les animateurs devraient non seulement avoir un savoir, mais aussi un savoir-faire et un savoir-être. Il faut des acteurs qui se projettent dans l’avenir. Un enseignant doit à tout prix se poser cette question : _Ce que je transmets à l’apprenant développe-t-il ses compétences ? Sa conscience sera-t-elle éclairée ?_ « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » La lecture, la recherche et l’apprentissage continu sont indispensables pour rester à la pointe de l’actualité scientifique. C’est l’enseignant qui doit éclairer l’apprenant, le pousser à développer ses capacités et compétences pour le bien-être de la société… En plus des matières prévues dans les programmes, il y a aussi des activités qui attirent l’intellect de l’enfant et le poussent à réagir.
pour les écoles: Une bibliothèque garnie, équipée d’ouvrages et d’autres outils pédagogiques ; l’organisation de conférences-débats avec les apprenants sur des questions d’évolution scientifique, de développement, de protection de l’environnement, de géopolitique, de puissance économique ; et être doté d’une r***e scolaire qui permettra aux enseignants et apprenants de publier leurs pensées, réflexions et analyses…
: Une parentalité responsable est nécessaire pour avoir les capacités et le temps requis pour une bonne orientation.
Dès le bas âge, les parents ont la grande responsabilité de bien roder et préparer la matrice cognitive de l’enfant pour son apprentissage futur, de surveiller ses réflexes, ses mouvements et ses actes afin de bien l’orienter pour affronter la vie scolaire.
Ne fabriquons pas des enfants pour ensuite demander à Dieu de venir les élever. Nous avons l’obligation de respecter le droit fondamental de l’enfant : le droit à l’éducation.
Les familles, qui sont des unités de production, doivent être bien organisées et bien gérées. L’avenir d’un pays dépend aussi de l’organisation des familles. Quand un État a des familles désordonnées, cet État sera aussi en désordre. Pourquoi l’État chinois avait-il, en son temps, adopté le système de l’enfant unique ? Pour avoir le contrôle de sa population. Quand un enfant est bien préparé au niveau de la famille, son parcours scolaire se déroule sans difficulté.
Un suivi régulier de son parcours scolaire, être en contact permanent avec son école, suivre de près ses leçons, ses travaux à domicile, etc. Accompagner l’école dans l’application de certaines punitions avec objectif de remédiation. L’école n’est pas un dépotoir ni un lieu d’abandon pour vos enfants… L’éducation est l’affaire de tous.
Le fonctionnement harmonieux de ces trois piliers offrirait au pays des hommes et des femmes de qualité.
La récente déclaration de Madame la Ministre Ève Bazaiba, qui affirmait que 23 millions de Congolais ne savent ni lire ni écrire, est vraiment très choquante. Même si c’est une vérité. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? L’organisateur de l’éducation a failli à sa mission.
La journée d’aujourd’hui, dédiée à l’enseignement, ne concerne pas seulement le corps enseignant, mais les trois piliers cités ci-dessus. Chacun doit faire une analyse approfondie et une rétrospection sur le système.
Ci-dessous, j’ai choisi une image qui illustre des matières capitales et sensibles que l’État a mises à la disposition de nos apprenants, mais que les apprenants ignorent complètement. Pourquoi cette réalité ?
Il y a, dans cet ouvrage, un chapitre intitulé : _LA RDC ET LE MONDE_, avec un sous-point : _OPTION CONGOLAISE EN MATIÈRE DE POLITIQUE INTERNATIONALE_, en classes de 3e des humanités (ex. 5e). Mais si vous posez la question de la politique internationale à un apprenant de cette classe, il vous dira que c’est à l’université qu’il doit l’apprendre. Comme si les études en RDC commençaient à l’université. C’est pourquoi tout le monde s’y inscrit.
Se/ Isaac MBOMBO, défenseur de la doctrine socio-politique , Acteur social et Politique, Défenseur et protecteur de l'environnement, Présentateur de l'émission Parole du citoyen et Enseignant Professeur chez RÉVÉREND KIM.
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