04/09/2026
UNE JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LE MARIAGE DES ENFANTS: LE MONDE DOIT MAINTENANT PASSER DE LA PAROLE À L'ACTION
La proposition d’instaurer une Journée internationale pour l’élimination du mariage d’enfants, du mariage précoce et du mariage forcé est une occasion historique de renforcer la mobilisation mondiale. Mais cette journée ne prendra véritablement son sens que si elle devient un levier pour accélérer les actions concrètes en faveur des enfants, particulièrement des filles.
Une date dans le calendrier ne protège pas un enfant. Ce sont les décisions, les politiques, les ressources et les actions menées dans les communautés qui changent réellement les vies.
Le mariage des enfants est une question de droits
Un enfant doit pouvoir grandir, apprendre, jouer, être protégé et construire progressivement son avenir.
Lorsqu’une fille est mariée alors qu’elle n’est pas encore prête à faire ce choix, ce sont plusieurs droits qui peuvent être compromis simultanément : le droit à l’éducation, à la protection contre les violences, à la santé, à la dignité et à la participation aux décisions qui la concernent.
Nous ne pouvons donc pas considérer le mariage des enfants comme une simple question culturelle ou familiale. C’est avant tout une question de droits de l’enfant et de protection.
La prévention doit commencer dans les communautés
Les lois sont indispensables, mais elles ne suffisent pas à elles seules.
La prévention doit également commencer dans les écoles, les familles, les communautés et auprès des jeunes. Les parents doivent être sensibilisés. Les garçons doivent être impliqués. Les filles doivent connaître leurs droits. Les leaders communautaires, traditionnels et religieux doivent participer à la transformation des normes qui favorisent ou tolèrent le mariage des enfants.
Les organisations locales ont ici un rôle essentiel : elles sont présentes au plus près des réalités quotidiennes et peuvent créer un dialogue avec les communautés.
Le changement durable ne peut pas être imposé uniquement depuis les institutions ; il doit aussi être construit avec les communautés.
Les engagements doivent être accompagnés de ressources
Il est facile de proclamer notre volonté de mettre fin au mariage des enfants. Il est beaucoup plus difficile de financer durablement la prévention, la protection et l'accompagnement des enfants exposés aux risques.
Les organisations communautaires ont besoin de ressources, de capacités techniques et de partenariats pour poursuivre leur travail.
Les gouvernements et les partenaires internationaux doivent donc investir davantage dans :
- l’éducation des filles ;
- la protection de l’enfant ;
- la prévention communautaire ;
- l’autonomisation des adolescentes ;
- l’accès aux services essentiels ;
- le renforcement des organisations locales.
Sans ressources, les engagements risquent de rester des déclarations.
« Une journée internationale ne changera rien »
Certains pourraient considérer qu’une journée internationale supplémentaire ne permettra pas, à elle seule, de mettre fin au mariage des enfants.
Cette objection est légitime.
Une journée ne suffira effectivement pas à éliminer cette pratique. Mais elle peut jouer un rôle important : rassembler les acteurs, maintenir la question dans l’agenda politique, donner de la visibilité aux initiatives communautaires, amplifier la voix des survivantes et encourager les gouvernements à renforcer leurs engagements.
Le véritable enjeu n’est donc pas l’existence d’une journée.
Le véritable enjeu est ce que nous déciderons d’en faire.
Le monde n’a pas besoin d’une journée symbolique de plus si celle-ci reste sans lendemain. Il a besoin d’une journée qui serve de point de ralliement pour une action mondiale durable.
En République démocratique du Congo comme ailleurs, mettre fin au mariage des enfants exige une responsabilité partagée.
Nous devons écouter les filles. Nous devons soutenir les familles. Nous devons mobiliser les communautés. Nous devons renforcer les systèmes de protection. Nous devons appliquer les lois. Et surtout, nous devons investir dans l’avenir des enfants.
Une enfance n’est pas une période à sacrifier.
Une fille n’est pas une épouse avant d’être une enfant.
Son avenir doit lui appartenir.
C’est pourquoi l’instauration d’une Journée internationale pour l’élimination du mariage d’enfants, du mariage précoce et du mariage forcé doit être accompagnée d’un engagement clair : faire de chaque jour un jour de lutte contre le mariage des enfants.