19/09/2025
Certains pays de l'Afrique centrale, notamment la République Démocratique du Congo (RDC) abrite une partie majeure des tourbières tropicales du bassin du Congo, l’un des plus vastes complexes tourbeux tropicaux au monde. Ces tourbières couvrent environ 145 000 km², principalement dans les provinces de la Tshuapa, de l'Équateur et de la Mongala, formant un stock de carbone estimé à 30 milliards de tonnes. Ce carbone, stocké depuis des millénaires sous forme de matière organique semi-décomposée, joue un rôle fondamental dans la régulation du climat mondial.
Dans le contexte du changement climatique, les tourbières de la RDC représentent un puits de carbone stratégique pour l’humanité. Leur préservation est essentielle pour limiter l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Toutefois, ces écosystèmes sont actuellement menacés par les pressions anthropiques croissantes, telles que :
la déforestation et la conversion des terres pour l’agriculture et l’exploitation artisanale,
les projets d’extraction pétrolière et minière dans les zones humides sensibles,
le changement d’usage des sols, accentué par la pauvreté, l’absence de gouvernance foncière, et le manque d’alternatives durables.
Si ces tourbières venaient à être asséchées ou dégradées, elles pourraient libérer d’énormes quantités de CO₂ et de méthane, exacerbant le réchauffement climatique global. Ce risque est d’autant plus préoccupant que les impacts du climat sont déjà visibles en RDC : variabilité pluviométrique accrue, crues et inondations, pertes agricoles, et mobilité climatique des populations rurales.
Pour répondre à ce défi, la RDC, en collaboration avec des partenaires scientifiques et environnementaux, doit renforcer la protection et la gestion durable des tourbières. Cela passe par :
la cartographie et la reconnaissance juridique des zones tourbeuses,
la participation des communautés locales et autochtones à la surveillance et à la gouvernance des zones humides,
l’intégration des tourbières dans les Contributions Déterminées au niveau National (CDN),
et un accès équitable au financement climatique, notamment via le Fonds pour la perte et le dommage et le Fonds pour l’adaptation.
En somme, les tourbières de la RDC sont à la fois un trésor écologique mondial et un front stratégique contre la crise climatique. Leur préservation est une responsabilité collective qui exige des engagements fermes, des politiques fondées sur la science, et une solidarité internationale envers les peuples et les écosystèmes du bassin du Congo.
Pourquoi la RDC est-elle qualifiée de pays-solution au changement climatique ?
1. Deuxième plus grand massif forestier tropical du monde
La RDC abrite une grande partie de la forêt du bassin du Congo, qui est le deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie.
Ces forêts absorbent chaque année plusieurs centaines de millions de tonnes de CO₂, jouant un rôle vital de puits de carbone naturel.
Elles régulent aussi les cycles hydrologiques et protègent la biodiversité.
2. Tourbières du bassin du Congo
Situées principalement en RDC et en République du Congo, les tourbières tropicales du bassin du Congo stockent environ 30 milliards de tonnes de carbone.
Elles constituent l’un des plus grands réservoirs de carbone organique au monde.
Leur préservation est essentielle pour éviter d’énormes émissions de CO₂ en cas de dégradation.
3. Ressources hydriques abondantes
Avec le fleuve Congo et plus de 50 % des ressources en eau douce d’Afrique, la RDC possède un potentiel immense en hydroélectricité propre et renouvelable.
Ce potentiel est estimé à plus de 100 000 MW, notamment à travers le projet Grand Inga, ce qui pourrait fournir une énergie verte à l’Afrique centrale et australe.
🐾 4. Biodiversité exceptionnelle
La RDC est l’un des pays les plus riches au monde en termes de biodiversité terrestre, avec des espèces endémiques uniques (okapi, bonobo, etc.).
Cette biodiversité soutient des écosystèmes résilients et fournit des services écosystémiques essentiels.
5. Potentiel pour l’agriculture durable et l’agroécologie
Avec ses vastes terres arables non exploitées, la RDC a un rôle clé à jouer dans l’agriculture intelligente face au climat, la séquestration de carbone par les sols et la transition agroécologique.
Un potentiel menacé…
Malgré ce potentiel, la RDC fait face à des défis sérieux :
Déforestation (exploitation illégale, agriculture sur brûlis, bois-énergie)
Exploitation minière non durable
Conflits armés et instabilité qui freinent les politiques environnementales
Pauvreté et faible accès aux énergies propres
Faible accès au financement climatique international
Conclusion :
La RDC est un pays-solution non pas parce qu’elle pollue moins, mais parce qu’elle détient des écosystèmes clés pour stabiliser le climat mondial, protéger la biodiversité et fournir des solutions naturelles à la crise climatique. Toutefois, pour que ce potentiel soit réalisé, il faut :
Un engagement politique fort,
Des investissements climatiques justes et équitables,
Et une gouvernance inclusive impliquant les jeunes, les peuples autochtones et les communautés locales.
Climate Action Network-International ACEF - Africa Climate and Environment Foundation CJCN-DC/Asbl Rutshuru Jersey Mpanzu Jean-Paul Byaundaombe Longye OPEDH/Goma Fonds Bleu pour le Bassin du Congo Ambassade d’Allemagne Kinshasa UNFPA Democratic Republic of the Congo Agence Congolaise de l'Environnement
WWF in Africa DYVOPAasbl