14/07/2025
APERÇU SUR LA CIRCULATION DES DISCOURS DE HAINE DANS LES VILLES ET TERRITOIRES DU NORD-KIVU AINSI QU'À MINOVA, AU SUD- KIVU ET L'INITIATIVE PRISE PAR POLE POUR SURVEILLER LEUR PROPAGATION .
Les conflits qui caractérisent depuis plusieurs décennies la partie Est de la République Démocratique du Congo offrent un terrain favorable à la circulation des discours de haine. Bien qu’il n'existe pas encore de définition juridique internationale sur le concept ‘’ discours de haine’’, l’ONU le décrit cependant comme "tout type de communication par la parole, l'écrit ou le comportement qui attaque ou utilise un langage péjoratif ou discriminatoire en référence à une personne ou un groupe d’individus en raison de ce qu'ils sont, sur la base de leur religion, de leur appartenance ethnique, de leur nationalité, de leur race, de leur couleur, de leur ascendance, de leur sexe ou d'autres formes d'identité." (Voir la Stratégie et le plan d'action de l'ONU sur le discours de haine, lancés par le Secrétaire général Antonio Guterres en 2019).
En vue de surveiller la circulation de ces messages dans les zones d’implémentation de ses activités, Pole Institute a mis sur pied début Mai 2025, une équipe permanente de monitoring qui couvre pour une phase pilote les grandes agglomérations du Nord-Kivu, ainsi qu'une partie du territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Constituée des correspondants de la Radio Pole Fm respectivement installés à Butembo, Beni, Kanyabayonga, Kiwanja, Kitshanga et Walikale au Nord-Kivu, ainsi qu’à Minova, elle identifie ces messages, leurs auteurs, les canaux utilisés pour leur propagation, les réactions des potentiels destinataires de ces messages, ect. Cette équipe rapporte également sur les initiatives locales menées par divers acteurs pour contrer la propagation de ces messages. C’est notamment des séances de sensibilisation de masse, les appels à la cohésion sociale lancés par les ONG en marge de leurs activités de routine, les appels au vivre ensemble comme fils de Dieu, lancés aux fidèles par des responsables religieux lors de leurs prêches, la sensibilisation de bouche à oreille faite par des leaders communautaires dans leurs zones de résidence, la mise en garde lancée par les autorités administratives et coutumières locales à l’endroit des propagateurs de ces messages, et bien d’autres.
Le présent rapport revient sur ces constats, dans l’espoir de mobiliser plus d’acteurs autour de cette problématique, et d’inspirer leur action en faveur de la communauté.
Ci-bas le lien de téléchargement pour accéder au document
https://pole-institute.org/publication/monitoring-discours-de-haine/