13/03/2026
🔎 Enquête sur le cobalt en RDC : entre boom technologique et crise sanitaire à Tenke Fungurume*m
📅 Vendredi 13 mars 2026
Alors que la demande mondiale de cobalt explose pour soutenir la transition énergétique et alimenter les batteries des véhicules électriques, une nouvelle enquête de l’Environmental Investigation Agency (EIA) soulève de graves préoccupations sanitaires et sociales autour de la mine de Tenke Fungurume Mining en République démocratique du Congo.
⚡ **Le cobalt : métal stratégique mais controversé**
Le cobalt, essentiel à la fabrication des batteries, est aujourd’hui au cœur d’un débat éthique et environnemental. Dans son rapport publié en mars 2026 intitulé *« Une transition toxique »*, l’EIA met en cause le groupe chinois CMOC Group, devenu le plus grand producteur mondial de cobalt grâce à sa filiale Tenke Fungurume Mining.
🏥 **Des témoignages de santé alarmants**
Après plus de trois ans d’enquête, l’EIA évoque une possible crise de santé publique près de l’usine de traitement « 30k ». L’analyse de plus de 1 200 dossiers médicaux indique une forte hausse de maladies respiratoires chez les habitants de Manomapia, un quartier situé à quelques centaines de mètres du site minier : toux avec sang, pneumonies et bronchites.
Des mesures indépendantes de la qualité de l’air réalisées entre fin 2024 et début 2025 auraient également révélé des concentrations élevées de dioxyde de soufre (SO₂), un gaz toxique émis lors du traitement du minerai.
Certains employés de la mine, sous anonymat, affirment que des rejets de gaz se produiraient régulièrement et que les machines continueraient de fonctionner même lors d’alertes environnementales afin de maintenir la production.
🏭 **La réponse de Tenke Fungurume Mining**
Face à ces accusations, Tenke Fungurume Mining affirme respecter pleinement la réglementation congolaise et disposer de systèmes de gestion certifiés ISO 14001 et ISO 45001.
Selon l’entreprise, ses propres données de surveillance de la qualité de l’air montrent que les concentrations de SO₂ restent dans les limites autorisées. Peng Bin, responsable ESG de la société, déclare que les liens entre l’expansion de la mine et les problèmes de santé évoqués « ne sont pas étayés par les données disponibles ». L’entreprise rappelle également l’existence de sa politique de sécurité « Stop Work Authority », permettant d’interrompre toute activité jugée dangereuse.
🏘️ **Des déplacements de populations contestés**
L’enquête de l’EIA dénonce également les conditions de relocalisation de plus de 12 000 habitants depuis 2022. Selon le rapport, certaines familles déplacées n’auraient reçu que des compensations financières jugées insuffisantes, sans logement de remplacement.
TFM conteste ces accusations et affirme que les indemnisations sont fixées sur base d’études de marché validées par une commission spéciale et suivies par des comités multipartites.
🚗 **Les constructeurs automobiles sous pression**
Le cobalt produit à Tenke Fungurume alimente les chaînes d’approvisionnement de grands constructeurs comme BMW, Mercedes-Benz, Stellantis et Volkswagen.
Si Mercedes-Benz affirme ne pas avoir identifié de violations lors de ses échanges avec la mine, Stellantis reconnaît que des auditeurs indépendants ont signalé des rapports mentionnant des maladies graves dans la région.
⚖️ **Vers une enquête officielle ?**
L’EIA appelle désormais le gouvernement de la RDC à ouvrir une enquête indépendante sur ces allégations et demande aux constructeurs automobiles de suspendre leurs achats tant que la sécurité environnementale de l’usine n’est pas pleinement garantie.
🌍 Le débat reste ouvert : comment concilier la transition énergétique mondiale avec la protection de la santé et des droits des populations locales ?