21/04/2020
CONGRES SUR LA PROROGATION DE L’ETAT
D’URGENCE
QUE CACHE LA QUERELLE DE CHAPELLE FCC-
CACH ?
mardi 21 avril 2020
Le Président congolais Félix Tshisekedi vient de
proroger, pour une durée de trente jours, l’état
d’urgence proclamé depuis le 24 mars dernier
sur l’ensemble du pays, pour faire face à la
crise sanitaire consécutive à la pandémie de
Covid-19. Ainsi, écoles, Universités, Instituts
supérieurs officiels et privés, églises,
discothèques, bars, terrasses, restaurants, Night-
clubs devront rester fermés pendant toute cette
période devant aller en principe jusqu’au 20 mai
prochain. Une ordonnance signée à cet effet, a
été lue sur la télévision officielle, par le porte-
parole de la Présidence, Kasongo Mwema Yamba
Yamba.
Pour la conformité de sa décision à la
Constitution du 18 février 2006 en vigueur en RD
Congo, Félix Tshisekedi a saisi les deux chambres
du Parlement pour demander l’autorisation de
prorogation de l’état d’urgence, proclamé au
terme de l’Ordonnance n°20/014 du 24 mars
2020.
Vu des observateurs congolais, le durcissement
des mesures contre la propagation rapide du
nouveau coronavirus en RD Congo est sans
aucune surprise. Car, la pandémie continue à
prendre des proportions de croissance
exponentielle. «Si les efforts de préparation en
cours ne sont pas finalisés à temps, le pire est à
craindre au courant des deux premières
semaines du mois de mai prochain», avait alerté
le Secrétariat technique du Comité multisectoriel
de riposte au Covid-19 (CMR-Covid-19), dans un
communiqué signé le lundi 13 avril.
QUID DE LA PEUR
DU CONGRES? Dès lors que le Chef de l’Etat
demande au Parlement, l’autorisation de
prolonger l’état d’urgence, la démarche est, à
tout point de vue, conforme à la Loi
fondamentale. L’article 144 de la Constitution,
spécialement à son alinéa 5 dispose :
«L’ordonnance proclamant l’état d’urgence ou
l’état de siège cesse de plein droit de produire
ses effets après l’expiration du délai prévu à
l’alinéa 3 du présent article, à moins que
l’Assemblée nationale et le Sénat saisis par le
Président de la République, sur décision du
Conseil des ministres, n’en aient autorisé la
prorogation pour des périodes successives de 15
jours».
D’ores et déjà, au niveau des deux chambres du
Parlement, des voix s’élèvent de plus en plus
pour soutenir le caractère inéluctable de la
tenue du Congrès. Hélas. Il se trouve,
cependant, que l’organisation de cette réunion
d’ensemble de l’Assemblée nationale et du
Sénat, met aux antipodes le Front commun pour
le Congo (FCC) et le CACH essentiellement
représenté par le parti présidentiel.
Si du côté de la plateforme politique chère au
Président honoraire Joseph Kabila, on s’attache
à la tenue du Congrès, le groupe parlementaire
Udps et Alliés quant à lui, rejette toute idée de
rassemblement des deux chambres du
Parlement en congrès. En lieu et place, le parti
présidentiel propose plutôt que l’Assemblée
nationale et le Sénat puissent se réunir
séparément. Et, c’est là la pierre
d’achoppement.
Que cache alors cette querelle de chapelle ?
Qu’est-ce qui justifierait cet attachement du FCC
au Congrès ? Pourquoi le camp UDPS se nourrit-
elle d’une telle peur de voir les deux chambres
du Parlement se réunir en congrès ? Qu’est-ce
qui explique la polémique ambiante autour de
ce Congrès, alors que le Président de la
République avait déjà reçu la semaine dernière
à N’Sele, le speaker de l’Assemblée nationale
Jeanine Mabunda et son collègue du Sénat,
Alexis Thambwe Mwamba. Voilà, un échantillon
de questions, parmi tant d’autres que posent
les Kinois qui ne comprennent rien du tout, de
la cacophonie au sein des deux camps de la
coalition au pouvoir.
« (…)Par dérogation au point 2 de l’alinéa
précédent, l’Assemblée nationale et le Sénat
peuvent se réunir à plus de vingt personnes,
dans les conditions de quorum prévues par la
Constitution et leurs Règlements intérieurs
respectifs pour statuer uniquement sur la
demande d’autorisation de prorogation de l’Etat
d’urgence proclamé par l’Ordonnance n°20/014
du 24 mars 2020 », insiste l’Ordonnance portant
prorogation de l’état d’urgence, rendue
publique hier lundi 20 avril. Les initiés
comprennent le sens de l’emphase utilisée dans
la disposition sus-évoquée de ladite ordonnance.
UN COUP FOURRE ?
Dans la foulée des supputations autour du
congrès controversé du Parlement, certains
affidés du parti au pouvoir déclarent, à qui
veulent les entendre, que cette réunion serait
un coup fourré du camp de l’ancien Président
Joseph Kabila, contre son successeur Félix
Tshisekedi. Selon les auteurs de cette thèse qui
accusent (gratuitement?) les bonzes du FCC, ces
derniers profiteraient de ce congrès pour
présenter une motion incidentielle, sollicitant à
la Cour Constitutionnelle, l’ouverture d’une
action judiciaire contre Félix Tshisekedi.
Sur base de cette thèse et de l’opposition de
l’Udps à la tenue du Congrès, doit-on tout de
suite accorder un certain crédit à cette frange
de l’opinion ? C’est encore là, une autre
question. Sinon, d’aucuns tranchent que rien ne
saurait donc justifier la querelle actuelle, au
moment où le pays tout entier fait face à une
crise sanitaire due au Covid-19 qui fait des
ravages dans des pays plus outillés que la RD
Congo.
UN VRAI FAUX DEBAT
A tous égards, des analystes avertis concluent
que dépenser autant d’énergies pour un débat
autour du Congrès du parlement, est une vaste
distraction. C’est donc un vrai-faux débat, dans
la mesure où l’ordre du jour du Congrès est bien
connu. Encore que ce ne soit pas la première fois
que les deux Chambres du Parlement se
réunissent en congrès. Forum des As publie ci-
dessous, l’intégralité de l’ordonnance portant
prorogation de l’état d’urgence.
( reportage de séraphin)🎙