06/06/2026
🗞️Dans Le Devoir, un article fait écho au récent rapport de recherche publié par le professeur et chercheur Louis Gaudreau et l’agente de recherche Béatrice Mercier, de l’École de travail social de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). La recherche se penche sur les effets de l’optimisation financier imposée au logement sans but lucratif.
«La stratégie de logements dits « abordables » du gouvernement peine à produire des habitations accessibles aux ménages ayant les revenus les plus modestes, conclut une analyse universitaire..(…)
Le rapport de recherche, intitulé Finance et optimisation, mais à quel prix ? Les nouvelles politiques de financement du logement sans but lucratif, vise à mieux comprendre l’effet du virage pris par la CAQ en matière d’habitation durant son deuxième mandat.
La stratégie de la CAQ vise à « assouplir » les obstacles bureaucratiques et à diminuer la part de financement public dans les logements à but non lucratif, en raison notamment de l’explosion des coûts de construction.
« Le point de départ de notre recherche, c’est que l’on constatait que [le changement de culture mis en place par Québec] avait un effet direct sur le prix des loyers. Ce qu’on appelait “l’abordable” était moins abordable que ce qu’on appelait auparavant le logement social », dit Louis Gaudreau au Devoir.(…)
Le gouvernement subventionne des logements dits « abordables », dont le loyer est établi en fonction du prix médian dans chaque région. Mais les coûts de construction et le prix des terrains ont tant augmenté que Québec a créé il y a un an des logements « abordables intermédiaires », au loyer 50 % plus élevé que les logements abordables.
On a vu ce que ça donne : des loyers de 1648 $ par mois pour deux chambres, 1940 $ pour trois chambres ou 2638 $ pour quatre chambres. Pour des logements subventionnés, il faut le rappeler.(…)
Le projet Unitaînés, créé par l’homme d’affaires Luc Maurice, donne cependant espoir aux auteurs de l’étude sur les logements à but non lucratif. Le gouvernement caquiste a beau implanter un changement de paradigme en habitation, « il a appuyé un modèle de développement qui ressemble à du logement social traditionnel », estime Louis Gaudreau.
Les 1700 logements d’Unitaînés, destinés à des personnes âgées à faibles revenus, qui doivent être construits dans 17 villes québécoises, sont financés à plus de 90 % par des fonds publics,
Les loyers dits « abordables » ou « intermédiaires » sont si chers que Québec mise sur le concept « d’abordabilité différée », explique Louis Gaudreau : « Les logements subventionnés ne pourront pas nécessairement être abordables dès le moment de leur livraison », à cause des coûts de construction et de l’hypothèque.
L’ex-ministre responsable de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, aujourd’hui au Conseil du trésor, a fait le pari que ces logements deviendront abordables « avec le temps, d’ici plus ou moins 20 ans, grâce au fait qu’ils demeureront la propriété d’organismes sans but lucratif », indique le rapport de recherche.
L’efficacité de cette stratégie paraît toutefois « incertaine », note l’étude, parce que les promoteurs de logements à but non lucratif doivent rembourser leurs hypothèques avec les revenus provenant… des loyers. Quand on voit le rythme d’augmentation du coût de la vie, on peut penser que la pression sera grande sur les loyers, ne serait-ce que pour financer l’entretien des bâtiments.»
⚠️ Les fonds publics doivent viser à aider les milliers de locataires ayant un besoin d’abordabilité immédiate pour qui les loyers sont déjà trop élevés et pas à des logements qui contribuent eux aussi à tirer les prix vers le haut.
🔗Pour lire l’article complet: https://linktr.ee/frapru
➕L’étude: http://bit.ly/4dR3D7I