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Le racisme au Parlement ne saurait être sélectif : le silence préoccupant autour des propos de Reza Uteem« Injustice any...
05/29/2026

Le racisme au Parlement ne saurait être sélectif : le silence préoccupant autour des propos de Reza Uteem

« Injustice anywhere is a threat to justice everywhere. »
— Martin Luther King Jr.

(« L’injustice où qu’elle se produise constitue une menace pour la justice partout ailleurs. »)

Une démocratie ne se résume pas à l’organisation d’élections libres. Elle se mesure également à l’exigence morale et institutionnelle que le Parlement s’impose à lui-même.

Dans toute démocratie digne de ce nom, le Parlement est appelé à incarner non seulement le débat politique, mais aussi la dignité, la retenue et le respect de l’égalité entre les citoyens. Ce devoir devient d’autant plus essentiel dans une société multiculturelle comme la nôtre, où les questions liées à l’origine, à l’identité, à l’ethnicité ou à l’histoire collective demeurent particulièrement sensibles.

C’est précisément pour cette raison que les propos tenus par le ministre Reza Uteem à l’encontre de la députée Joanna Bérenger — notamment lorsqu’il a déclaré : « mo pena du sang colon dans mo la veine » — doivent interpeller l’ensemble des démocrates mauriciens.

Même si ces mots n’ont pas été formulés sous la forme d’une insulte directe, cette déclaration constitue clairement une insinuation à caractère racial et communautaire dans le contexte mauricien. Elle introduit une distinction identitaire fondée sur l’origine et l’ascendance, faisant ainsi glisser le débat parlementaire vers un terrain ethnique particulièrement dangereux.

Dans une démocratie multiculturelle comme Maurice, de tels sous-entendus ne peuvent être banalisés ni réduits à une simple formule prononcée dans la chaleur des échanges parlementaires.

La question fondamentale n’est donc pas de savoir si ces propos ont ensuite été retirés à la demande du Speaker. La véritable question est de déterminer si un tel comportement mérite un simple rappel à l’ordre procédural ou si, au contraire, le Parlement doit envoyer un message clair et sans ambiguïté : le racisme et les insinuations à caractère communautaire sont incompatibles avec les principes mêmes de la démocratie.

Au Royaume-Uni — dont Maurice revendique pourtant l’héritage parlementaire de Westminster — les institutions politiques ont déjà infligé des sanctions sévères à des personnalités accusées de propos racistes, antisémites ou discriminatoires.

Jeremy Corbyn, ancien dirigeant du Parti travailliste britannique, a été suspendu du parti et privé du whip parlementaire à la suite des conclusions de l’Equality and Human Rights Commission (EHRC) concernant les accusations d’antisémitisme au sein du Labour. Ken Livingstone a quitté le parti après de longues procédures disciplinaires liées à des déclarations jugées antisémites. Diane Abbott elle-même a été suspendue du groupe parlementaire travailliste après des propos controversés relatifs aux Juifs et au racisme.

D’autres responsables politiques ont également fait l’objet de sanctions importantes. Le député Jared O’Mara a été contraint à la démission après des polémiques liées à d’anciens commentaires offensants. L’ancienne députée conservatrice Anne Marie Morris a été sévèrement condamnée après avoir employé une expression à caractère raciste lors d’un débat public. L’ancien député libéral-démocrate David Ward a été suspendu après des propos concernant Israël et la communauté juive. Plus récemment, l’ancien député conservateur Lee Anderson a perdu le whip du Parti conservateur à la suite de déclarations jugées islamophobes visant le maire de Londres, Sadiq Khan.

L’Equality and Human Rights Commission est même allée jusqu’à conclure que le Parti travailliste britannique avait commis des actes illégaux de harcèlement et de discrimination liés à l’antisémitisme. Les conséquences furent politiques, institutionnelles et réputationnelles. Des carrières ont été brisées. Des personnalités de premier plan ont été suspendues, marginalisées ou poussées vers la sortie.

Maurice a également connu, dans son histoire politique récente, des conséquences importantes pour des propos perçus comme ayant une connotation raciale ou communautaire. En 2005/2006, les paroles « sa le rat blanc la », attribuées à Dev Virahsawmy lors d’un meeting politique, avaient provoqué une vive polémique dans le pays. Beaucoup y avaient vu une référence à caractère racial et communautaire. Cet épisode lui avait politiquement coûté très cher, au point de ne pas obtenir de ticket lors des élections suivantes.

Cet exemple démontre qu’à Maurice même, des propos à connotation raciale ont déjà entraîné des conséquences politiques importantes. Il serait donc incohérent et dangereux que certains dérapages soient aujourd’hui relativisés ou traités avec indulgence selon le contexte politique ou l’identité des personnes concernées.

Que l’on approuve ou non toutes ces sanctions importe finalement peu.

Le principe démocratique fondamental demeure clair : le racisme ne peut être banalisé au sein d’un Parlement.

À Westminster, aucun Speaker ne se contenterait de demander le retrait de propos à caractère racial avant de poursuivre les débats comme si rien de grave ne s’était produit.

Le langage parlementaire revêt une importance capitale, car le Parlement fixe le ton moral de la République.

Lorsqu’un langage raciste est traité avec légèreté, un précédent dangereux est créé. Cela revient à banaliser progressivement les insinuations communautaires dans le débat politique. Dans une société aussi diverse et fragile que Maurice, une telle dérive serait profondément irresponsable.

Le Speaker de l’Assemblée nationale porte donc une responsabilité constitutionnelle et morale considérable. Erskine May — référence suprême des pratiques parlementaires héritées de Westminster — repose sur la préservation de l’ordre, de la dignité et du respect mutuel dans les débats. Lorsque le langage devient racialement offensant, la fermeté n’est plus une option ; elle devient une nécessité pour préserver l’intégrité même de l’institution parlementaire.

Maurice a déjà connu les dangers des tensions communautaires dans sa vie politique. Le fragile équilibre social du pays s’est construit autour du compromis constitutionnel, de la coexistence et du respect mutuel entre les différentes composantes de la nation. Toute insinuation raciale proférée au sein du Parlement porte atteinte à cet équilibre délicat.

Mauritius Global Diaspora est demeurée parfaitement cohérente sur cette question. Nous avions condamné des comportements similaires dans le passé et avions même manifesté à Londres lorsque l’ancien Speaker Sooroojdev Phokeer avait lancé au député Rajesh Bhagwan : « look at your face » (« regarde ton visage ») au Parlement — des propos largement perçus comme humiliants et comportant des sous-entendus liés à son vitiligo. Notre position était alors exactement la même qu’aujourd’hui : aucun propos communautaire, raciste, discriminatoire ou humiliant ne doit être toléré ni normalisé au sein des institutions démocratiques, quelle que soit l’identité de la victime ou de l’auteur.

Comme le rappelait également Nelson Mandela :

« Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, de son origine ou de sa religion. »

Ces paroles rappellent qu’aucune démocratie véritable ne peut tolérer la banalisation du langage racial ou communautaire dans ses institutions les plus élevées.

On ne peut condamner le racisme de manière sélective, selon la communauté visée ou selon les intérêts politiques du moment.

Si les propos racistes sont inacceptables envers un groupe, ils doivent l’être envers tous les groupes.

La République ne peut se permettre des doubles standards en matière de racisme.

Une démocratie qui tolère des insinuations raciales au sein même de son Parlement affaiblit l’autorité morale sur laquelle reposent ses institutions démocratiques.

L’enjeu dépasse aujourd’hui Reza Uteem, Joanna Bérenger ou les clivages partisans.

Il s’agit de savoir si Maurice souhaite encore défendre le principe selon lequel le Parlement doit demeurer un lieu de dignité, de respect et de hauteur républicaine, plutôt qu’un espace de dégradation communautaire.

Il reste désormais à voir si la Speaker de l’Assemblée nationale choisira d’appliquer avec fermeté les principes et traditions parlementaires hérités de Westminster, auxquels Maurice se réfère si souvent, ou si cet incident sera finalement banalisé comme un simple dérapage sans conséquence réelle.

Car au-delà des mots eux-mêmes, c’est aujourd’hui la crédibilité morale de l’institution parlementaire qui est en jeu.

Sur une question aussi fondamentale, le silence, l’hésitation et la faiblesse institutionnelle peuvent eux-mêmes devenir des formes préoccupantes de complicité.

L’équipe de Mauradio et le Mauritius Global Diaspora

Parliament Must Not Normalise Racist or Pejorative LanguageThe incident in the National Assembly involving Reza Uteem an...
05/27/2026

Parliament Must Not Normalise Racist or Pejorative Language

The incident in the National Assembly involving Reza Uteem and Joanna Bérenger should concern every citizen who values the dignity of parliamentary democracy in Mauritius.

The use of the term “colon” towards a fellow parliamentarian is not an insignificant matter of semantics or political heat. In Mauritian social and political discourse, the expression carries pejorative and racial undertones which have no place within the walls of the National Assembly. Parliament is not a platform for humiliation, innuendo, or discriminatory rhetoric. It is the supreme democratic institution of the Republic, where words must be measured, responsible, and respectful.

The Speaker was correct to intervene and request the withdrawal of the remark. However, the response displayed a troubling lack of firmness in the face of what many would reasonably perceive as a serious breach of parliamentary decorum. In a multicultural republic such as Mauritius, where ethnic sensitivities remain deeply intertwined with the national fabric, the Chair cannot afford to appear hesitant or overly permissive when confronted with language carrying racial or degrading connotations.

Under the long-established Westminster conventions reflected in Erskine May Parliamentary Practice, the Speaker possesses not merely the authority, but the obligation, to act decisively against offensive and grossly disorderly conduct. Where remarks are discriminatory, inflammatory, or likely to undermine the dignity of another Member, stronger disciplinary action — including ordering the offending Member to withdraw from the Chamber — falls entirely within accepted parliamentary practice.

A mere withdrawal of words, without any visible sanction or stronger reprimand, risks sending the wrong signal both inside and outside Parliament. It creates the perception that certain forms of offensive conduct can ultimately be brushed aside with minimal consequence. The authority of the Chair is not measured solely by interventions, but by the firmness and consistency with which parliamentary standards are upheld.

Importantly, Mauritius Global Diaspora has remained consistent on this principle. The organisation previously adopted the same position during the controversy involving former Speaker Sooroojdev Phokeer and remarks directed at Rajesh Bhagwan such as “look at your face”. The issue therefore transcends party politics or personalities. It concerns the defence of parliamentary dignity, mutual respect, and the refusal to normalise language that demeans or divides.

Mauritius is a plural and multicultural democracy built upon coexistence, constitutional balance, and social harmony. Public office holders therefore carry a heightened responsibility in the language they employ. When offensive expressions are treated lightly, Parliament risks legitimising a broader deterioration of public discourse across society itself.

Democracy is not weakened by discipline. It is strengthened by it. The Speaker’s office exists precisely to safeguard the honour of the House and to ensure that parliamentary debate, however robust, never descends into racial insinuations, ridicule, or personal degradation.

Mauritians expect passionate debate from their elected representatives. But they also expect restraint, dignity, and statesmanship. The National Assembly must remain a chamber of ideas — not a theatre of insults.

Mauritius Global Diaspora

05/26/2026

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05/23/2026

Emission KoTZot Avec MrJ ( (Connecting Mauritian Around the world)
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