05/13/2026
Le problème, c’est qu’aujourd’hui beaucoup de systèmes médiatiques et algorithmiques récompensent :
l’indignation,
la colère,
le conflit,
le “nous contre eux”.
Une vidéo nuancée qui dit : “la situation est complexe et les deux camps ont certains points valides”
fera rarement autant de clics qu’un : “ils détruisent le pays” ou “votre ennemi ment encore”.
Et ça touche pratiquement tout le spectre politique :
pro-Trump,
anti-Trump,
gauche,
droite,
souverainistes,
fédéralistes,
conservateurs,
progressistes.
Au Quebec aussi, on voit souvent cette logique :
“les boomers vs les jeunes”,
“Montréal vs régions”,
“woke vs anti-woke”,
Éric Duhaime vs Paul St-Pierre Plamondon,
Coalition Avenir Québec vs Parti conservateur du Québec,
etc.
Et souvent, les gens finissent par s’identifier à un camp comme à une équipe sportive. À partir de là :
toute critique devient une attaque personnelle,
toute concession ressemble à une trahison,
et écouter l’autre camp devient émotionnellement difficile.
Le vieux principe “diviser pour mieux régner” fonctionne encore parce qu’une population divisée :
coopère moins,
se méfie davantage,
concentre son énergie à se battre entre elle,
et parle moins des problèmes communs :
coût de la vie,
logement,
santé,
corruption,
concentration des richesses,
infrastructures,
environnement,
qualité de vie.
Et le plus ironique, c’est que beaucoup de citoyens des camps opposés vivent exactement les mêmes frustrations quotidiennes :
salaire insuffisant,
fatigue,
anxiété économique,
difficulté à se loger,
peur pour l’avenir,
sentiment d’être ignorés.
Mais ces frustrations sont ensuite redirigées vers : “l’autre camp est le problème.”
Ça ne veut pas dire que toutes les idées politiques se valent ou qu’il faut abandonner les débats. Les désaccords réels existent et sont normaux dans une démocratie.
Mais il y a une différence entre : débattre d’idées, et voir l’autre moitié de la population comme des ennemis irréconciliables.
Quand une société commence à perdre cette distinction, le climat devient beaucoup plus toxique.