Jeux de massacre, une tragi-comédie de Ionesco
présenté par Les Araignées du boui-boui
Ionesco est un dramaturge mieux connu pour sa Cantatrice chauve. Le thème de ses pièces est souvent tragique, mais il est présenté de manière comique: «Ce qui est tragique est comique, et ce qui est comique est tragique», selon Ionesco et Jeux de massacre ne fais pas exception. Avec Jeux de massacre (un jeu
de dextérité que l'on pratique dans les foires, et dont l'objectif est de renverser des poupées avec des balles), l'auteur traite du sujet macabre de la mort avec son habituelle exagération et son humour. Les humains vivent et un jour ils meurent, qu'ils soient riche ou pauvre, vertueux ou méchants, innocents ou coupables. Dans Jeux, Ionesco se moque des précautions que les gens prennent pour éviter de faire face à la mort au lieu de la traiter comme une simple conséquence de la vie. Jeux de massacre comprend neuf scènes indépendantes portant toutes sur le même sujet, mais avec des approches et nuances différentes. Résumé de quelques scènes
Une épidémie d'une proportion énorme se répand dans la ville. Partout les gens meurent, et la police a reçu l'ordre de tirer sur tout ceux qui tenteraient de s'enfuir. La panique s'installe. Certains se renferment chez eux et désinfectent leur maison, effrayés à la pensée que le virus pourrait traverser les murs et même pénétrer leur cerveau. D'autres, de la haute bourgeoisie, empêchent les fonctionnaires de la classe ouvrière de transporter de la nourriture dans les quartiers riches par crainte de contamination. Lors d'une conférence mondiale de médecins, d'éminents chercheurs proclament que la mort n'est plus nécessaire; en effet, selon eux, les gens ne meurent aujourd'hui parce qu'ils ont négligés les préceptes d'une bonne hygiène et, surtout, parce qu'ils croient encore que la mort est inévitable. Les citoyens pauvres meurent de faim, mais les riches refusent de leur donner accès à leur réserve, et alors l'ordre sociale s'écroule : les pauvres commencent à se manger les uns les autres. Enfin, le maire de la ville vient annoncer que l'épidémie est terminée, et les citoyens sont euphoriques, mais un violent incendie assaille la ville de toutes parts...
Les Araignées du boui-boui sont une troupe communautaire acadienne, fondée en 1971, et installée à Pointe-de-l'Église, sur les côtes de la Baie Sainte-Marie. Les Araignées ont accumulés de l'expérience grâce à leur participation à des festivals internationaux tant au Canada qu'à l'étranger, et elles ont acquis une certaine réputation à cause de leur style de jeu plutôt physique. Ainsi, les acteurs tentent d'exprimer les émotions par le corps et non tant par les mots. Pour cette raison, ils brisent la barrière de la langue et communiquent bien avec des publics étrangers même s'ils jouent dans leur parler français-acadien de 16e et 17e siècles, encore parlé de nos jours. Le défi pour la troupe dans Jeux c'est de maintenir un équilibre précaire entre la dure réalité de notre finitude et l'expression comique de notre résistance. La pièce dure une heure. À la fin, après une pause de cinq minutes, les acteurs inviteront le public à échanger bien simplement sur la pièce, ses thèmes et sa représentation théâtrale. Les Araignées présenteront la pièce les :
• 18 mars (dimanche) à 20 h au Théâtre Marc-Lescarbot de Pointe-de-l'Église
• 24 mars (samedi) à 19 h 30 à la Salle Georges-Cottreau de l'École du Carrefour à Dartmouth
• 28 avril (samedi) à 20 h au King's Theatre d'Annapolis Royal
• 4 mai (vendredi) à 20 h à la Salle Père-Maurice-LeBlanc à Tusket
• Entre le 16 et le 20 mai au Astor Theatre de Liverpool pendant le Liverpool International Theatre Festival.