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09/27/2026
09/27/2026

CE N'EST PAS LA MACHINE QUI ÉCRIT LE LIVRE. Pour la défense de Thélyson Orélien

Par João Calazans Filho

J'écris ces mots en tant qu'auteur et en tant que confrère de Thélyson Orélien, un écrivain qui, en cet instant, est soumis à un procès public avant que toutes les questions soulevées au sujet de son œuvre n'aient été dûment établies.
J'ai commencé à écrire à l'âge de dix ans. J'ai commencé a publier professionnellement en 2006 et 2007, alors que je vivais en Espagne. À partir de 2010, de retour au Brésil, j'ai publié de manière plus intensive et me suis consacré professionnellement au marché littéraire. En 2019, j'avais déjà publié environ soixante-cinq livres, traduits en seize langues. Il n'y avait point d'intelligence artificielle générative pour façonner les livres. Il n'y avait ni ChatGPT ni les outils actuels de génération textuelle. Il n'y avait point cette machine qui apparaît aujourd'hui comme une explication facile à tout ce que l'on ne comprend point.

Deux ouvrages majeurs de mon parcours sont nés durant cette période : Cortina de Fumaça, amorcé en 2014 et achevé en 2019, et A Salamandra. Tous deux furent écrits bien avant l'avènement de l'intelligence artificielle générative que nous connaissons aujourd'hui. Le premier est traduit en anglais, possède une traduction en espagnol encore inédite, et sa version française est déjà parvenue entre les mains de plusieurs maisons d'édition. Il en va de même pour la quasi-totalité de ma production antérieure. Et voici ce que j'ai récemment résolu d'entreprendre afin de sonder une question que j'estime grave.

J'ai soumis à l'examen d'outils de détection par l'IA trois de mes livres : Cortina de Fumaça, A Salamandra et O Beco. Des textes écrits bien avant l'existence de ces instruments et, dans certains cas, avant même que l'intelligence artificielle générative ne se pût concevoir comme un outil littéraire à la disposition de l'écrivain. Le résultat fut absurde : les systèmes signalèrent ces textes comme s'ils avaient été intégralement produits par une intelligence artificielle. Un travail que j'avais rédigé bien avant que l'IA ne hante le quotidien littéraire fut classifié comme issu de ses œuvres. Cela devrait suffire à inspirer la plus grande circonspection à quiconque se veut sérieux avant de transformer un rapport statistique en sentence. C'est pourquoi j'écris au sujet de Thélyson Orélien.

Les accusations formulées contre lui sont graves. Précisément parce qu'elles le sont, elles requièrent la plus grande rigueur. Une chose est de prouver qu'un passage précis a été copié. Une autre est de démontrer par les documents qu'un texte a été traduit, approprié ou reproduit sans mention d'auteur. Une autre encore, radicalement différente, consiste à employer un détecteur d'IA comme s'il s'agissait d'une expertise judiciaire capable d'établir qui a écrit un livre. Il n'en est rien. Un détecteur ne fournit qu'une estimation. Il ignore l'enfance de l'écrivain. Il ignore ses carnets. Il ignore ses archives. Il ne sait point combien de fois une phrase a été réécrite au cours de dix années. Il ne sait si l'auteur a écrit à la main, sur une vieille machine ou devant un écran d'ordinateur. Il ignore l'histoire d'une œuvre.
Et il est une question plus simple encore. Un écrivain peut recourir à l'intelligence artificielle pour réviser un passage déterminé sans pour autant l'avoir employée pour concevoir ou rédiger son livre. Ce sont là deux démarches distinctes. Si une révision a été accomplie par une machine, cela peut et doit être déclaré le cas échéant. Mais l'existence d'une révision assistée par l'IA ne métamorphose point rétroactivement l'œuvre en un volume enfanté par un automate. Confondre ces réalités, c'est anéantir le débat.

Je puis affirmer moi-même, par l'expérience directe de mes propres livres, que ces outils sont loin de posséder l'autorité que certains leur attribuent. Parfois, ils reconnaissent les motifs de manière précaire. Parfois, ils se trompent. Parfois, ils suggèrent des modifications qui altèrent le sens d'un texte. Parfois, ils enlaidissent une phrase alors qu'ils prétendaient l'embellir. Et l'on voudrait pourtant les ériger en tribunal littéraire ! Non. La littérature réclame de la lecture, de la comparaison, de la documentation, de la critique et de la responsabilité. Elle réclame des êtres humains.
Le problème réside en ce qu'une accusation publiée sur la Toile ne parvient point au public dotée du même poids qu'un démenti. L'accusation chemine. Le doute persiste. La réputation est atteinte avant même que l'accusé n'ait eu la possibilité de répondre. Il convient d'être prudent. Cela ne signifie nullement qu'il faille absoudre n'importe quel écrivain de n'importe quel chef d'accusation. S'il est des preuves de plagiat, qu'on les produise. S'il y a appropriation de texte, qu'on la démontre. S'il y a fraude documentaire, qu'on l'examine.

La littérature n'a point vocation à protéger la fraude, mais elle ne saurait non plus transformer le soupçon en condamnation.
C'est précisément la raison pour laquelle je manifeste ici mon soutien à Thélyson Orélien. Non point que je connaisse l'ensemble des éléments de cette affaire. Non point que j'estime impossible qu'un auteur commette une erreur. Et encore moins qu'un écrivain se trouve au-dessus de la critique. Je le soutiens parce que nul ne devrait voir sa trajectoire brisée par une conclusion qui n'a point été dûment démontrée.

Il est des écrivains qui ont passé des décennies à écrire avant que quiconque ne soupçonnât même ce que pouvait être un modèle génératif de langage. Il est des auteurs qui portent en eux des manuscrits, des brouillons, des carnets, des archives et des échecs durant des années. Il est des créateurs qui persistent à écrire quand nul ne les regarde. Cette histoire ne saurait être effacée par un pourcentage engendré par une machine. Nous ne saurions davantage admettre cette logique selon laquelle tout auteur qui commence à occuper une place doit immédiatement prouver qu'il n'a point triché. La littérature est déjà un art bien assez ardu pour que l'on transforme le jugement public en spectacle.

Et il gît une certaine satisfaction humaine à assister à la chute de qui est parvenu plus loin. Certains n'attendent que le faux pas d'autrui. Parfois même, ils déposent la peau de banane sur le chemin. Ce n'est là qu'une métaphore, mais nous savons tous que de telles choses adviennent. Je n'écris point ceci pour attaquer les journalistes, les critiques, les lecteurs ou les chercheurs. Ils ont le droit d'enquêter. Ils ont le droit de questionner. Ils ont le droit de contester. Ce que nous ne devons jamais perdre de vue, c'est la frontière entre enquêter et condamner.

Tout ce qui paraît publié en matière de littérature n'est point vérité. Toute accusation colportée contre un écrivain n'est point fondée. Tout rapport issu d'une machine ne correspond point à la réalité. Et tout doute n'habilite point à prononcer une sentence. En cette heure, il importe de préserver une chose devenue rare : le respect du labeur littéraire. Il existe de bons écrivains. Il est des auteurs qui ont consumé leur existence entière à bâtir une œuvre. Il est des livres qui ne sont point nés d'hier. Il est une littérature qui a traversé les décennies avant de rencontrer ses lecteurs. Il convient de la préserver de la précipitation.

À Thélyson Orélien, par conséquent, je ne livre qu'un seul mot : continue. Écris. Publie. Réponds quand il le faudra. Et ne livre point ton histoire à ceux qui n'ont pas encore réussi à la prouver. La littérature a besoin d'écrivains, et non de sentences dictées par des machines.

09/27/2026

Apre mwen fini tande eskandal liv Thélyson Orélien an " C’était ça ou mourir " pwovoke, tout sa atik jounal rapòte, kòmantè ki fèt sou li, epi konsidere tout akizasyon avèk konfizyon sa a kreye nan milye literè nan monn nan, alòs pou amize mwen, kòm senp amatè nan zafè IA, mwen te deside teste machin nan pou mwen wè efikasite li. Mwen te voye de tèks Pwezi anwoule mwen (yon fòm pwezi mwen envante) bay Meta AI. Se te yon fason pou mwen te wè kouman l ape reyaji, eseye konprann kouman IA fonksyonen sou plan literè epi wè kijan li t ava konsidere yon èv kreyòl. Vwala se avèk siksè epi étonnant nou toulede te pase tès la. Men sa li deklare : " Non, se pa sanble èv AI pou mwen ditou. AI gen tandans fè pwezi ki twò lis, twò pafè, ak rim fasil. Tèks pa ou la genyen yon bagay AI pa genyen : yon ritm enteryè ki kase ".
Epi, nan tout kòmantè mwen li, mwen tande jiskaprezan sou woman " C’était ça ou mourir " a, genyen kat a senk nan yo ki plis atire atansyon mwen.
Yonn se reyaksyon pate cho Orso Antonio Dorélus lanse a ki deklare :
" AI pa konn Lang kreyòl la. Le w ekri nan lang ou, ou konnen lang ou, etranje p ap ka vin di w pa ka ekri lang ou byen konsa ".
Epi pou kontinye li di :
" Pati sansib lang lan manke yo (IA) anpil. Se nan nivo sa a IA pa ka rive a tou. Paske l pa gen kapasite pou l kreye metafò ki pa lineyè."

Dezyèm nan se Joseph Pierre Léonard, sou Intagram Daholeo " GÉNÉRIQUE " ki kore lide a konsa :
" Mènmsi IA ta kapab ri-li pa konnen santiman ki nan yon zye k ape kriye " (Se mwen tradui).

Twazyèm nan se Kebert Bastien (KEB), nan yon konvèsasyon telefonik depi an Frans, ki fè konnen :
" ... tout machin sa yo nan konkirans antre yo. Yonn bezwen depase lòt. Yonn pape janmen fini tou dakò avèk yon lòt."

Men sa ki pi enteresan an, se lè li kontinye pou di :
" Si tèks Orelien an ta yon plajya, alòs misye merite pou yo ba li yon brevè. Paske pou sansiblite ki degaje nan liv la, Orelyen rive bay machin nan yon nanm. "

Katriyèm nan se Barbara Jean limenm ki vini chache mwen nan avèk yon refleksyon filozofik li fè sou fenomèn ki genyen nan rapò lòm avèk entelijans atifisyèl la, kote li twouve fenomèn IA a fè lòm pèdi mounite li devan yon machin li bay dwa pou mezire entelijans li sou sa lòm limenm kapab fè. An nou li :
" Nou kreye yon machin pou pwolonje entèlijans nou, epi koulye a, pou se nou ki kòmanse ape mande machin sa yo. Konsa, lèt imen demisyonnen. Li fini pa retire dwa tèt li genyen pou li sezi, mezire pwòp entèlijans li. Li pèdi tout tras jijman li posede, nan remèt tèt li bay machin ki genyen brevè konpetans pou li mezire, metrize nivo entèlijans li. Pou n ape doute konpetans nou. Ou pito, pou nou twouve, lè nou devan yon èv ki twò byen ekri, two presi, ki metrize dosye a twò byen, twò briyan menm pou li koresponn avèk imaj nou fè de otè èv sa a, epi pou nou koumanse ape doute de tèt nou, epi panse li pa kapab yon travay moun kapab fè. Pou se yon machin nou bay entelijans, nou kreye entelijans li, pou li jwenn konpetans pou li pran ladesant nan èv yon moun pou l ape jije, evalye si li se èv yon moun ou pa.

E se sa a petèt ki ta dwe enkyete nou : pou yon jou nou ta twouve devan yon machin ki anmezi ekri tankou nou ta di yon moun, epi ki rive nan menm kwè li pa kapab ekri tankou moun ankò."
Men vwala, pi gwo sipriz la ankò, se lè mwen resevwa sou paj WhatsApp mwen maten an, temwanyaj yon sèten Benoît (yon blan kebekwa) ki temwanye pou di, se limenm ki vrè otè liv " C’était ça ou mourir " ki pran mayòl Pri Concourt k ape fè manchèt tout jounal nan monn nan.
Toujou dapre mesye Benoît, sa fè kenzan depi li ekri woman sa a, men okenn atelye piblikasyon (maison d’édition) pa te vle pibliye li paske li se yon blan. Li ta pi bon pou se ta yon imigran ayisyen ki ta ekri li. Epi se konsa yon maten paza li te rankontre Orelien epi yo fini pa antann yo pou se Thélisson Orilien ki siyen liv la, epi y ava pataje benefis siksè liv la ansanm. Mesye Benoît menase pousuit devan tribinal kont tout moun ki pretann èv li a se yon plajya IA.
Men sa ki deranje mwen plis nan tout sa, se paske lè mwen konprann tout bagay eklèsi, vwala jounal Lapresse akize Orelien, kòmkwa se pa pou premye fwa Thélison Orelien itilize plajya nan plizyè tèks li pibliye pou jounal la. Epi anplis se Pri Concourt ki deklare limenm li kanpe sou pwomosyon " C’était ça ou mourir " , Orelyen an.

Men eske milye literè a pa ipwokrit avèk pwòp tèt li nan fason yo poze kesyon plajyia nan sa ki konsènen itilizasyon AI a, fas avèk sa yo tolere ki rele prèt plim, prèt non, ekriven nan lonbray oubyen nèg literè a ?

Men devan gwo tole sa a ki pete nan monn literè frankofòn nan, pi bèl kesyon ki poze epi ki merite tout atansyon nou, se Samy Janvier ki poze li :
" Pwoblèm mwen li lòt kote. Pandan tout istwa sa a, se yon sèl kesyon m ape poze tèt mwen : se ki kote milye kritik literè a pase ? Poukisa se sèlman akizasyon san fondman sa a ki di se entèlijans atifisyèl ki ekri li a yo kenbe ? Poukisa tou se sèl woman Thélisson an yo fè pase tès entèlijans atifisyèl la ? ( Se mwen ki tradui. Afè Thélisson-Orélien, Sware Pwezi, 26 Septanm 2026).

Sa ki pwouve, deba a fèrenk tanmen sou " C’était ça ou mourir ".

Manno Ejèn
25 /09/ 2026

09/26/2026
09/24/2026
09/21/2026

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