Le Réseau des Artistes pour l’Equité, ResArtE est le produit d’une initiative du Conseil des Arts du Canada (alors appelée « Stand Firm »), laquelle, de concert avec le milieu des arts et de la culture, s’est donné pour tâche la consolidation des objectifs d‟accès et de participation équitable aux arts et à la culture. Il y a près d’une dizaine d’années déjà (2002-2003), cette initiative a marqué
une étape – après celle que fut la création d’un bureau de l’équité au Conseil des Arts du Canada en 1991 – dans le développement des rapports entre les institutions et les personnes et milieux citoyens envers lesquels elles sont redevables. De fait, les dernières décennies ayant confirmé le mouvement inexorable des populations et des cultures dans le monde, ces institutions, chargées d’assurer du service et un certain financement aux arts en vue de contribuer à leur développement, n’ont pas toujours été en mesure de prendre valablement le pouls de cette évolution. L’histoire démontre que de nombreux organismes à vocation artistique, et déjà bien implantés, se trouvaient la plupart du temps dans l’impossibilité d’accéder à des sources de financement ou à tout le moins, de susciter l’intérêt des institutions, des agents culturels ou des médias, se trouvant ainsi marginalisés ou, au meilleur de leur situation, relégués au « communautaire ». Une telle situation ne pouvait pas faire l’économie d’une analyse plus profonde de ce qui semblait révéler un « système d’exclusion quasi naturel » – au nom de l’art – d’un ensemble divers de propositions artistiques inspirées de modèles culturels autres et non entérinés par le système culturel existant. Les premières étapes ont donc consisté en un ralliement général des organismes concernés (lequel culminera lors du grand forum sur la diversité organisé au printemps 2003 par la ministre Sheila Copps et auquel tous les membres du Stand Firm pancanadien furent invités). De cette manière, et au-delà de la simple prise de conscience de leur existence aux plans national et provincial, ces organismes et leurs artistes et travailleurs culturels allaient pouvoir examiner ensemble les possibilités de mettre en commun leurs forces et capacités, établir des réseaux, envisager éventuellement des actions, bref se mobiliser pour une « autre ouverture et un autre renouveau » du monde de l’art et de la création.