06/11/2026
La loi Gabie Renaud a été adoptée aujourd’hui avec l’appui de l’ensemble des partis politiques. Ce consensus est à souligner. Comme l’a mentionné le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, cette collaboration démontre qu’il est possible d’agir collectivement lorsque la volonté politique est au rendez-vous.
Mais il faut aussi nommer les choses telles qu’elles sont.
Toutes les mesures qui visent à renforcer la sécurité des femmes sont nécessaires. Toutefois, il ne suffit pas d’accumuler des actions ponctuelles pour prétendre s’attaquer à un problème systémique. La pertinence d’une mesure ne garantit pas sa capacité à transformer en profondeur les causes de la violence.
La loi Gabie Renaud constitue un pas dans la bonne direction. Un pas qui pourrait, dans certains cas, contribuer à prévenir des féminicides. Mais ce pas demeure insuffisant face à l’ampleur de la crise.
Si nous voulons réellement prévenir les féminicides, il faut avoir le courage politique d’aller à la racine du problème : les inégalités sociales, les rapports de domination, et les rôles de genre qui perpétuent la violence. Tant que ces structures resteront intactes, les drames continueront.
La lutte contre la violence conjugale ne peut pas reposer uniquement sur des mesures réactives ou symboliques. Elle exige des transformations structurelles, des investissements soutenus et une remise en question réelle de nos modèles sociaux.
Sans cela, nous continuerons de compter les victimes au lieu de prévenir les violences.