CFVF - Coalition féministe contre la violence envers les femmes

CFVF - Coalition féministe contre la violence envers les femmes La Coalition féministe a été créée le 5 février 2018 par des déléguées de regroupements nat

La loi Gabie Renaud a été adoptée aujourd’hui avec l’appui de l’ensemble des partis politiques. Ce consensus est à souli...
06/11/2026

La loi Gabie Renaud a été adoptée aujourd’hui avec l’appui de l’ensemble des partis politiques. Ce consensus est à souligner. Comme l’a mentionné le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, cette collaboration démontre qu’il est possible d’agir collectivement lorsque la volonté politique est au rendez-vous.
Mais il faut aussi nommer les choses telles qu’elles sont.

Toutes les mesures qui visent à renforcer la sécurité des femmes sont nécessaires. Toutefois, il ne suffit pas d’accumuler des actions ponctuelles pour prétendre s’attaquer à un problème systémique. La pertinence d’une mesure ne garantit pas sa capacité à transformer en profondeur les causes de la violence.

La loi Gabie Renaud constitue un pas dans la bonne direction. Un pas qui pourrait, dans certains cas, contribuer à prévenir des féminicides. Mais ce pas demeure insuffisant face à l’ampleur de la crise.

Si nous voulons réellement prévenir les féminicides, il faut avoir le courage politique d’aller à la racine du problème : les inégalités sociales, les rapports de domination, et les rôles de genre qui perpétuent la violence. Tant que ces structures resteront intactes, les drames continueront.

La lutte contre la violence conjugale ne peut pas reposer uniquement sur des mesures réactives ou symboliques. Elle exige des transformations structurelles, des investissements soutenus et une remise en question réelle de nos modèles sociaux.
Sans cela, nous continuerons de compter les victimes au lieu de prévenir les violences.

L’annulation des spectacles de Patrick Bruel à Montréal et à Québec rappelle une chose essentielle : les violences sexue...
06/11/2026

L’annulation des spectacles de Patrick Bruel à Montréal et à Québec rappelle une chose essentielle : les violences sexuelles ne peuvent plus être dissociées de l’espace public et culturel.

Sans se substituer aux tribunaux, les diffuseurs et organisateurs ont aussi une responsabilité sociale. Prendre au sérieux les allégations de violences sexuelles et agir en conséquence contribue à envoyer un message clair : les droits, la sécurité et la dignité des femmes doivent primer.

Nous soulignons cette décision de révocation.




Près d’un dossier sur deux de non-respect de conditions concerne aujourd’hui la violence conjugale ou sexuelle en contex...
06/10/2026

Près d’un dossier sur deux de non-respect de conditions concerne aujourd’hui la violence conjugale ou sexuelle en contexte conjugal.

Comme le rappelle Karine Morel, directrice générale de la maison d’hébergement La Re-Source, les bris de conditions constituent un facteur de risque important dans les situations féminicidaires. Ces comportements témoignent souvent de violences, de contrôle et d’emprise qui persistent après la séparation.

Cette hausse préoccupante des bris de conditions soulève également une question fondamentale : celle de la capacité de l’État à assurer la protection des femmes victimes de violence. Lorsque des conditions judiciaires sont imposées mais ne sont pas respectées, ce sont les femmes et leurs enfants qui continuent de vivre dans la peur, tandis que le fardeau de la dénonciation repose encore trop souvent sur leurs épaules.

Il s’agit d’un enjeu majeur de sécurité. Chaque bris de condition doit être pris au sérieux afin de prévenir l’escalade de la violence et d’éviter l’irréparable!

Les enquêtes, balados et entrevues menés par des équipes d’investigation sur les enjeux féminicidaires sont essentiels. ...
06/09/2026

Les enquêtes, balados et entrevues menés par des équipes d’investigation sur les enjeux féminicidaires sont essentiels. Ils révèlent des lacunes, des angles morts et des zones d’ombre qu’il faut absolument nommer.

Cette enquête sur Rachelle Wrathmall le montre une fois de plus : quand un homme tue, la lenteur bureaucratique et les limites des cadres internationaux deviennent trop souvent un frein à la justice.

Les journalistes jouent un rôle essentiel : ce sont des lanceurs d’alerte et des informateurs du grand public. Ils ont un pouvoir réel, et donc de grandes responsabilités.

À l’ère des réseaux sociaux, le journalisme doit se réinventer, enquêter, creuser, déranger. Sans ce travail rigoureux, l’espace public se remplit de voix nombreuses, mais pas toujours porteuses de qualité, de rigueur ou de vérité.

Cela dit, il faut aussi rester critique, même face à des enquêtes aussi nécessaires : le journalisme éclaire, mais il doit toujours être lu avec rigueur, nuance et esprit critique.

À Montréal, une femme de 44 ans a été poignardée samedi matin dans un appartement du Sud-Ouest. Son état a été jugé crit...
06/08/2026

À Montréal, une femme de 44 ans a été poignardée samedi matin dans un appartement du Sud-Ouest. Son état a été jugé critique, mais elle est maintenant hors de danger. Un homme de 57 ans a été arrêté après s’être barricadé sur les lieux.
Il ne s’agit pas d’un simple différend qui dégénère. Cette nomenclature minimise la gravité des faits et invisibilise les dynamiques de pouvoir et de violence qui ciblent les femmes.

Nommons les choses : il s’agit d’une tentative de féminicide.

Les mots que l’on choisit façonnent notre compréhension collective et influencent les réponses sociales et politiques. Continuer à utiliser des termes flous, c’est contribuer à banaliser ces violences.

L'analyse des crimes féminicidaires comporte plusieurs défis majeurs. Le premier est évident : la victime n'est plus là ...
06/04/2026

L'analyse des crimes féminicidaires comporte plusieurs défis majeurs. Le premier est évident : la victime n'est plus là pour témoigner. Son histoire, ses peurs, les violences qu'elle a subies et les stratégies de contrôle exercées contre elle risquent alors de disparaître avec elle.

C'est pourquoi les enquêtes ne devraient jamais se limiter à l'analyse des circonstances immédiates du décès. Elles devraient également s'intéresser à l'historique de violence, aux rapports de domination, aux menaces, à l'exploitation et aux conditions de vie de la victime avant sa mort.

Un autre enjeu préoccupant est que certains agresseurs connaissent de mieux en mieux les limites du système judiciaire et les seuils de preuve exigés. Lorsque l'analyse se restreint à l'événement final plutôt qu'au continuum de violence qui l'a précédé, des dimensions essentielles du crime peuvent demeurer invisibles.

Enfin, comme l'a démontré Marcela Lagarde y de los Ríos, les féminicides sont des crimes collectifs. Dans le cas de Sabrina Khudayer, trois hommes étaient présents. Plusieurs personnes ont été témoins de sa situation. Pourtant, Sabrina est morte. Cette réalité nous oblige à réfléchir aux complicités, aux silences et aux inactions qui permettent aux violences envers les femmes de se poursuivre.

À travers sa méthodologie d'analyse des féminicides, l'ONU reconnaît d'ailleurs que les meurtres de femmes commis dans un contexte lié à l'industrie du sexe et la prostitution doivent faire l'objet d'une attention particulière. L'exploitation sexuelle constitue une forme de violence et de domination fondée sur l'appropriation du corps des femmes. elles deviennent des biens. Cette réalité augmente considérablement leur vulnérabilité aux violences graves et mortelles.

Comprendre les féminicides exige donc d'examiner les systèmes qui les rendent possibles.

Parce qu'aucune mort de femme ne devrait être analysée hors du contexte des violences qu'elle a vécues.





Avant même d'avoir purgé l'ensemble de sa peine, Guy Turcotte, reconnu coupable du meurtre de ses deux enfants, souhaite...
06/03/2026

Avant même d'avoir purgé l'ensemble de sa peine, Guy Turcotte, reconnu coupable du meurtre de ses deux enfants, souhaite obtenir sa libération. Une audience devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada est prévue en juillet prochain.

Cette demande soulève de nombreuses questions sur la justice, la responsabilité, la réhabilitation et la place accordée aux proches des victimes dans ces processus.

Verdict de culpabilité dans le féminicide de Karine BélangerLe jury a déclaré Keven Deblois coupable de l'ensemble des c...
06/02/2026

Verdict de culpabilité dans le féminicide de Karine Bélanger

Le jury a déclaré Keven Deblois coupable de l'ensemble des chefs d'accusation portés contre lui, soit le meurtre au deuxième degré de Karine Bélanger, l'outrage à son cadavre ainsi que l'incendie criminel.

Le 24 septembre 2022, Karine Bélanger a été tuée avant que son corps ne soit déplacé et brûlé dans un véhicule. Au moment des faits, l'accusé était en libération conditionnelle.

Cette décision reconnaît la gravité des gestes commis et constitue une étape importante dans la quête de justice pour Karine, ses proches et l'ensemble des femmes touchées par les violences féminicidaires.

La détermination de la peine reste maintenant à venir. Le tribunal devra décider de la période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle que devra purger Keven Deblois.

Nous continuons de rappeler que derrière chaque verdict se trouve une femme dont la vie a été fauchée par la violence masculine. Les féminicides constituent l'expression la plus extrême d'un continuum de violences envers les femmes.

Pensées et solidarité à la famille, aux proches et à toutes les personnes affectées par cette tragédie.

Aujourd’hui, 1er juin, la CFVF publie sa fiche mensuelle sur les féminicides au Québec. Parce que compter, c’est nommer....
06/01/2026

Aujourd’hui, 1er juin, la CFVF publie sa fiche mensuelle sur les féminicides au Québec. Parce que compter, c’est nommer. Parce que nommer, c’est dénoncer.

Au cours du mois de mai, Shannon Jean Hickey a été tuée par son conjoint, qui s’est ensuite enlevé la vie. Selon les informations rendues publiques, cet homme était déjà connu des autorités pour avoir exercé de la violence conjugale envers une ancienne partenaire. Shannon Jean Hickey, elle, en est morte.

Près d’une fois sur deux, dans les cas de féminicides, l’auteur était déjà connu des autorités. Cette réalité soulève des questions importantes sur notre capacité collective à prévenir l’escalade des violences avant qu’il ne soit trop t**d.

Nous suivrons avec attention les effets concrets de la loi Gabie Renaud sur la protection des femmes victimes de violence. Nous espérons qu’elle contribuera à prévenir l’irréparable. À la CFVF, nous demeurons toutefois prudentes. Les féminicides constituent l’aboutissement ultime et irréversible d’un continuum de violences, de contrôle, de domination et de haine envers les femmes.

Toute mesure de protection est nécessaire. Mais sans changements profonds dans nos cultures, nos institutions et nos systèmes, nous risquons de continuer à intervenir trop t**d.

Nous avons également mis à jour notre fiche annuelle des féminicides 2025 disponible sur notre site Web. À la lumière des informations révélées lors de l’enquête entourant la mort d’Olivia Grace Hughes, nous avons reclassé cette situation dans notre documentation. Les éléments rendus publics laissent croire que Richard Froud aurait délibérément voulu s’en prendre à son ex-conjointe lors de ce qui avait initialement été présenté comme un accident. Rappelons également qu’il faisait l’objet d’une ordonnance lui interdisant tout contact avec elle.

Notre fiche 2025 mise à jour ainsi que notre Mur des femmages, qui rend hommage aux femmes tuées, demeurent accessibles sur notre site.

Il est essentiel de rappeler que toute initiative visant à prévenir la violence est nécessaire et mérite d’être soutenue...
05/29/2026

Il est essentiel de rappeler que toute initiative visant à prévenir la violence est nécessaire et mérite d’être soutenue.

Cela dit, nos analyses montrent qu’au Québec, la majorité des féminicides sont commis à l’aide d’armes blanches ou par suffocation.

Ainsi, la question ne se limite pas à la présence ou non d’une arme à feu. Lorsqu’un homme décide de tuer, il utilisera les moyens à sa portée. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de l’acte, il s’inscrit dans une logique de contrôle et de domination, où la femme est perçue comme lui appartenant.

Pour lutter efficacement contre les féminicides, il est donc essentiel de s’attaquer aux racines systémiques de la violence faite aux femmes.

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