04/01/2026
"Nous exigeons qu’on traite la pauvreté comme une violation des droits de la personne, et non pas comme une cause à « commanditer »."
Cette semaine, Le communautaire à boutte entame sa 2e semaine de grève et ils n'ont reçu jusqu'ici aucune réponse satisfaisante du gouvernement ou de la ministre. Pire encore, vendredi dernier, elle a refusé de les rencontrer malgré leur présence à l'Assemblée nationale.
Le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) a publié une lettre ouverte qui reflète nos positions: se battre contre la pauvreté et pour la dignité ce n'est pas une question de charité mais de droits.
« À celles et ceux qui pensent que l’État finance trop le communautaire autonome, rappelons les faits : en moyenne, l’argent du gouvernement du Québec représente 41 % des revenus des organismes. Et seulement 17 % correspondent à du financement stable et récurrent pour la mission globale : c’est l’Institut de la statistique du Québec qui a fait une enquête auprès de 4860 organismes2 en 2025. Le reste provient de projets, de contrats, de dons et d’autofinancement. Autrement dit, le communautaire ne vit pas « aux crochets » de l’État : il jongle avec l’instabilité, les redditions de comptes multiples et un sous-investissement qui use les équipes.
Nous rejetons une vision du monde où la solidarité sociale dépend de la charité.
Au Québec, l’action communautaire autonome existe depuis des décennies. Elle vient des groupes populaires et de la défense collective des droits. Elle porte des valeurs de justice sociale, de respect des droits et de dignité.
[...]
Pendant que les besoins augmentent et que le filet social craque, on nous dit que l’État n’a plus les moyens d’honorer son contrat social. Mais qui en paie le prix ? Il y a un million de personnes en situation de pauvreté au Québec, en majorité des femmes. Parmi celles-ci, de plus en plus de travailleuses du communautaire qui s’épuisent à tenir le filet social à bout de bras, sous pression, avec des salaires qui ne suivent pas le coût de la vie.
Nous ne demandons pas la charité.
Nous exigeons un financement stable et récurrent, à la mission, pour des conditions de travail dignes et équitables qui nous permettront de continuer à soutenir les communautés.
Nous exigeons qu’on traite la pauvreté comme une violation des droits de la personne, et non pas comme une cause à « commanditer ». La solidarité sociale, ce n’est pas un gala de charité : c’est une responsabilité. La dignité n’est pas un don : c’est un dû. »
❗Face au silence de la ministre, le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) et le mouvement Le communautaire à boutte annoncent, aujourd’hui, qu’ils retirent toute leur confiance envers la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, madame Chantal Rouleau et demandent au premier ministre de nommer un nouvel interlocuteur dès maintenant.
🔎 Pour lire le communiqué de presse conjoint : https://aboutte.info/wp-content/uploads/2026/03/COMMUNIQUE-Le-communautaire-congedie-la-ministre-Chantal-Rouleau.pdf?fbclid=IwY2xjawQ3kzJleHRuA2FlbQIxMABicmlkETFxQkZ2Z3JDcFljZUE5OTVic3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHuJLo1Pi67fxc5_atecLYRBuh4-YmIcFLvDLX2dEAxo885RZiYZfPDUMMPLJ_aem_BvvUKpnDzxSMEFrmn2CD-g
Nous serons devant l'Assemblée Nationale jeudi, le 2 avril, pour les soutenir lors de la Mobilisation nationale Le communautaire à boutte devant l'ASSNAT!