06/20/2026
Zoé Arcand
Lundi, 15 juin 2026 17:59
MISE À JOUR Lundi, 15 juin 2026 17:59
Les victimes d’actes violents ou racistes commis par des policiers peinent à se faire entendre faute d’un système adéquat, ce qui permet à ces comportements de persister, affirme le directeur du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR).
« Les autorités s’intéressent uniquement aux comportements des individus plutôt que de regarder les politiques et les pratiques organisationnelles », a dénoncé Fo Niemi, le directeur du CRARR, à l’issue d’une conférence de presse tenue lundi dans un centre communautaire de Montréal-Nord.
Un regroupement d’organismes haïtiens y demandait une rencontre avec le chef du Service de police de la Ville de Montréal à la suite du démantèlement d’une équipe de 16 policiers visés par des allégations impliquant des actes racistes.
Selon Fo Niemi, de tels abus sont rendus possibles parce que les gens qui les dénoncent ne sont pas suffisamment écoutés par les institutions comme la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) ou celles chargées de surveiller le travail des policiers.
Pour le poste de quartier 39, dans Montréal-Nord, le CRARR a déposé 12 dossiers à la CDPDJ pour des événements survenus entre 2004 et 2026.
« Au moins les trois quarts sont toujours en traitement et deux ont été rejetés pour des raisons discutables », a-t-il déploré, soulignant aussi la lourdeur et la lenteur du système.
Usage excessif de la force
« Quand on a des plaintes provenant de personnes mixtes ou racisées, ce qui revient souvent c’est l’emploi excessif de la force et qu’elles ne sont pas prises au sérieux », a indiqué M. Niemi.
Police plus forte
Mahmut Canli, un père de famille d’origine kurde de Montréal-Nord, croit en être un exemple. La plainte qu’il a déposée, avec l’aide de M. Niemi, à la CDPDJ pour des événements survenus en 2023 n’a pas été retenue.
« On ne peut rien faire. La police est plus forte que nous », a-t-il déploré.
Un de ses quatre enfants et leur mère, une femme blanche, auraient été victimes d’usage excessif de la force de la part de policiers dans leur maison, selon la plainte.
Un voisin aurait appelé le 9-1-1 au sujet de cris, de pleurs et de « coups dans le mur » de la part d’un voisin.
Jamais rencontrée
La famille, qui a été témoin des événements, n’a jamais été rencontrée par la Commission. Celle-ci se serait plutôt uniquement basée sur la version de la police, et aurait omis des éléments importants de la plainte.
Pourtant, il était bien indiqué que les policiers auraient, par exemple, questionné les enfants sur l’origine ethnique de leur père, que la mère de famille a subi des blessures lors de cet événement et que la famille est restée traumatisée, affirme le père de famille, les larmes aux yeux.
La femme de Mahmut Canli a pris des photos des marques de violences que son corps à garder après de violences de la part de policiers lors d'une intervention à son domicile en 2023.
La Commission a réagi par communiqué, soulignant « l’importance d’offrir de la formation adéquate aux policiers sur le profilage racial ».