10/27/2026
C'est particulièrement délicat comme nouvelle, mais la Vigile verte se réjouit que ça va dans le sens de la conservation selon les volontés de l'ancien propriétaire que nous remercions sincèrement.
La raison de la sensibilité du sujet : c'était une partie de l'ancienne commune de La Prairie.
Depuis les premiers colons, la commune devait servir au bien commun de tous. C'était d'ailleurs peut-être la plus grosse commune au Québec. Ainsi, logiquement ce leg historique devrait rester un terrain publique avec une vocation de conservation à perpétuité. Si ce gros rectangle est encore là, c'est qu'il a été conservé comme commune pendant vraiment longtemps par les agriculteurs de la région.
Plusieurs ont émis que l'idée de remettre cela à une entité privée à des fins de conservation est comme si on redonnait cela aux Jésuites. Et comme toute institution religieuse, un jour le financement collectif ne sera plus au rendez-vous et ces terres devront être vendues, ce qui enrichissera le propriétaire privé même s'il est à but non lucratif, pas la collectivité.
Alors, nos gouvernements doivent cesser de remettre l'intendance à des acteurs privés, on doit collectivement se prendre en main, assumer nos choix et choisir la conservation par voie publique. On ne doit plus couper dans le Ministère de l'environnement, on doit réinvestir. Cela semble encore moins envisageable avec la tendance et les annonces de coupure chez Parcs Canada. On s'en va où avec ces décisions d'austérité même si la majorité de la population et les gouvernements reconnaissent techniquement la nécessité de prendre soin de notre environnement?
Surtout parce qu'à La Prairie, c'est arrivé une fois de trop avec une partie du Grand boisé qu'il y a eu un terrain public rendu à des instances privés qui ont fini par être développé et qu'une promesse de conservation pour une petite partie a été appuyée même si elle nuisait à une espèce menacée en vue de l'argent qui aurait pu être remis à l'appuyeur pour la gestion de la partie en conservation (ce qui est finalement devenu le parc de conservation du marais et toujours sous intendance de la ville heureusement)...
Pour nous, la conservation, ce n'est pas des transactions économiques, c'est de prendre les bonnes décisions pour les générations futures (point littéralement).
Le boisé de la commune a été jugé prioritaire dans une étude multicritère d'Ouranos. Les biens et services écologiques annuels des 300 hectares environ de ce boisé ont été calculés à 4 millions de dollars. C'est le boisé qui a été nommé comme prioritaire en conservation par la Vigile verte à Nathalie Provost, secrétaire à la Nature, Jacques Ramsay, député de La Prairie-Atateken et Sonia Ziadé, députée de La Prairie. La Ville de La Prairie est aussi au courant de l'importance de ce boisé étant donné l'historique relié à celui-ci et sa situation stratégique face aux aléas climatiques. D'ailleurs, la partie au nord a encore l'emprise de la première voie ferrée au Canada et a fait l'objet d'une demande au Ministère de la Culture.
Bref, publique ou privé, annoncer un leg en conservation demeure une bonne nouvelle. Nous remercions tout ceux qui ont pu travailler sur ce dossier pour en arriver à ce leg écologique.
Cependant, il faut garder en tête qu'il y a une très bonne raison que des grands efforts ont été faits durant le début des années 2000 par la ZIP Ville-Marie et autres acteurs pour rendre publique les terrains de la basse Saint-Jacques par exemple. Alors, dans la vision globale du parc de conservation de la rivière Saint-Jacques dont le boisé de la commune fait partie depuis les premiers croquis, plus il y aura de partie en conservation publique, mieux ce sera pour la population locale, dont les Premières nations.