03/06/2026
J'ai offert ma paire de chaussures à un mendiant paraplégique dans la rue. Le même jour, j'ai perdu l'usage de mes pieds.
LE PRIX DE MA BONTÉ
(1)
Je m'appelle Darel. J'étais cultivateur, un homme de la terre, Aujourd'hui, Je suis cloué au lit, incapable de me lever, incapable même de respirer sans sentir la fatigue m'écraser. Mon corps se décompose chaque jour un peu plus. Je ne suis pas encore sous terre mais les asticots mes dévorent.
La fièvre me brûle, mes pensées s'égarent. Je sens que la fin est proche. Chaque souffle est une lutte. Dans ce silence pesant, je pense à l'au-delà, à ce que deviendra mon âme quand mon corps aura cédé.
On frappe à la porte. La porte s'ouvre lentement. Ma femme entre. Rosa. La belle Rosa, au regard vif d'habitude, mais aujourd'hui noyé de larmes. Elle s'avance vers moi, ses pas hésitants trahissant la peur. Derrière elle, le guérisseur du village suit. Sa silhouette se découpe dans l'ombre, son visage grave, ses yeux fatigués.
Il me regarde, moi, étendu, réduit à une ombre de ce que j'étais. Il secoue la tête lentement, un geste lourd de sens. Je comprends. C'est le signe qu'il n'y a plus rien pour moi dans ce monde.
Il s'approche, soulève la couverture avec précaution. Ses yeux se posent sur mes pieds. La gangrène a tout envahi. La chair est noire, morte, comme si la terre elle-même m'avait repris avant l'heure. Je pourr!s un peu plus chaque jour.
Rosa, les larmes aux yeux, s'accroche à l'espoir. Sa voix tremble, mais elle ose demander.
Rosa : Maître, je vous en supplie, dites-moi qu'il y a une amélioration. Dites-moi que mon mari peut encore guérir. Vous avez des remèdes, vous avez toujours trouvé des solutions. Vous ne pouvez pas me dire qu'il n'y a rien.
Le guérisseur pose une main sur son épaule. Son geste est doux, mais son regard est lourd. Il lâche un long soupir, comme si les mots eux-mêmes refusaient de sortir.
Guérisseur : Rosa, j'ai essayé. J'ai donné les décoctions, j'ai prié les ancêtres, j'