05/09/2024
Un délice rocambolesque cette histoire...
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Pour le moment, je voudrais vous parler du roman qui bat le record sur la plateforme YOUSCRIBE.
Lisons un petit aperçu de son Résumé :
"Dans un petit village où les secrets se murmurent et les ombres du passé hantent les vivants, Grâce, une jeune fille au destin tragique, découvre que sa vie est marquée par une malédiction lancée avant même sa naissance. Sa mère, consumée par la colère, a pris une vie innocente, et dans ses derniers instants, la victime a jeté une malédiction sur elle et son enfant à naître.
En grandissant, Grâce ressent le poids de cette malédiction qui pèse sur ses épaules : des événements étranges se produisent autour d'elle, des amis disparaissent et des visions troublantes la hantent. Alors qu'elle cherche à comprendre l'origine de ces phénomènes et à briser le cycle de souffrance, elle se retrouve plongée dans un monde où la magie et la vengeance s'entrelacent. Avec l'aide d'un mystérieux allié du passé de sa mère, Grâce devra affronter ses peurs les plus profondes et découvrir la vérité derrière la colère qui a forgé son existence. Parviendra-t-elle à se libérer du poids de la malédiction ou sera-t-elle condamnée à vivre dans l'ombre de ses ancêtres ?"
Ça ne vous suffit pas n'est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas, je vais vous faire lire les cinq premiers chapitres sur Facebook avant de vous envoyer sur la plateforme pour aller lire l'intégralité de toute l'histoire qui fait 515 pages.
C'est énorme n'est-ce pas ? 😀
C'est parce qu'il y a du piment dedans ! Avez-vous une fois lu une histoire pimentée ? Mais de grâce, ne pleurez surtout pas parce que cette histoire est très émotionnelle. Il y a des parties qui font couler des larmes et d'autres qui font rire également.
LISONS LE PREMIER CHAPITRE :
"Dans cette existence, chacun de nous porte en lui une histoire. Une personne sans histoire est vide. Même le plus fou d'entre nous possède la sienne, une histoire qui lui est propre. C'est pourquoi, moi aussi, je possède la mienne. Une histoire à la fois douce et amère, une histoire qui fait couler des larmes. Laissez-moi vous la conter.
Tout a débuté lorsque j'étais encore une adolescente.
Je réponds au nom de Grâce Vodounon et je viens du Bénin, plus précisément de la vallée de l'Ouémé. Je suis la mère de quatre enfants, trois filles : Trixia, Cécile et Germaine, et un fils, Junior, mon benjamin.
Issue d'une famille modeste mais relativement aisée, mes parents et moi vivons dans une petite villa équipée de tout le nécessaire, y compris une petite piscine et un jardin. Mon père se nomme Denis et ma mère Célestine. Mon père est un homme imposant, un bel homme aux larges épaules, arborant une épaisse moustache qu'il prend soin de tailler pendant ses moments de repos.
Je ne suis pas l'aînée de la fratrie. J'ai une grande sœur, Brigitte, âgée de vingt-et-un ans, et un grand frère, Vivien. Dans notre famille, l'éducation est primordiale et rigoureuse, considérée comme la clé de la réussite. J'avais développé une certaine méfiance envers cette éducation stricte, mais cela ne m'a pas empêché de me retrouver dans de sérieux ennuis, dont j'ai beaucoup souffert.
Comment cette tragédie, qui a bouleversé le cours de ma vie, s'est-elle produite ? C'est difficile pour moi d'en parler, mais je vais essayer. Je souhaite raconter mon histoire en quelques lignes à mes jeunes sœurs, afin qu'elles soient vigilantes dans leur propre vie, notamment en ce qui concerne les hommes, car tous ne sont pas dignes de confiance. Au début, ils peuvent sembler gentils et attentionnés, mais avec le temps, ils peuvent changer et oublier les promesses précieuses qu'ils nous ont faites.
Mes chères sœurs, cette histoire vous concerne ; je vous encourage à la lire attentivement. Cette épreuve n'a pas été facile pour moi. J'étais encore une adolescente innocente lorsque tout a commencé, lorsque les nuages sombres se sont abattus sur moi, me plongeant dans une réalité triste.
C'était au cours de ma quatrième année scolaire que les choses ont pris un tournant sérieux.
Un jour, après les cours, alors que mes camarades et moi empruntions les ruelles pour rentrer chez nous en périphérie de la ville, j'ai entendu quelqu'un siffler derrière moi. Ne sachant pas à qui cet appel était destiné, j'ai fait semblant de ne rien entendre. Après tout, je n'étais pas seule dans la rue, et je n'étais pas une poule pour répondre à un tel appel. J'ai supposé que le sifflement était pour quelqu'un d'autre.
Les sifflements ont persisté et se sont intensifiés après quelques instants. Pourtant, je n'ai pas prêté attention à l'auteur de ces sifflements.
Soudain, Vanessa, ma camarade de classe avec qui je marchais, s'est retournée, et l'individu a fait un geste pour lui signifier que l'appel ne lui était pas destiné, mais bien à moi.
– Excuse-moi Grâce, quelqu'un t'appelle derrière, m'a dit ma copine.
– Oh Vanessa, ne fais pas attention à lui ; dépêchons-nous de partir d'ici, lui ai-je répondu en avançant sans regarder en arrière.
– Mais Grâce, essaye au moins de lui répondre ; il pourrait avoir quelque chose d'important à te dire !
– Vanessa, peux-tu s'il te plaît essayer de l'ignorer ? Ou mieux encore, si ça te chante, tu pourrais lui répondre à ma place, lui ai-je rétorqué, agacée.
– Comment oses-tu dire ça ? Est-ce que mes seins sont aussi développés que les tiens quand tu me regardes ? a-t-elle osé demander.
– Nom d'un chien ! Vanessa, arrête de m'énerver davantage cet après-midi, okay ? Et s'il te plaît, évite de me provoquer.
Déjà en colère, ma copine a gardé le silence.
– Et si ce que tu as sur la poitrine ne sont pas des seins, est-ce que ce sont des citrons ? ai-je ajouté.
Pendant que Vanessa et moi nous disputions, le siffleur nous avait rattrapées. Arrivé à notre niveau, il nous a souri en nous montrant ses belles dents comme s'il répondait à une requête. Ma copine et moi avons échangé un regard innocent et discret.
– Bonjour mademoiselle, a-t-il commencé en me fixant ; tu vas me dire que tu n'entendais pas ma voix depuis ? m'a-t-il crié comme si nous étions amis.
– Je suis désolée ! m'exclamai-je, inquiète.
L'homme continuait de me fixer intensément.
– En fait, j'étais pressée car j'ai un autre cours à quatorze heures, ai-je continué d'un ton triste.
– Donc tu m'as ignoré tout ce temps à cause de cela ? Et si je te donnais un coup de marteau sur la tête, que dirais-tu ? me lança-t-il d'une voix perçante.
Prise de peur, j'ai commencé à trembler comme une feuille.
Comment peut-il envisager de me frapper avec un marteau sur la tête ? Y avait-il encore des méchants de l'époque de Jésus-Christ sur cette terre ? me suis-je demandée."
? 😀
D'accord, allons-y encore !
"Ma copine, quant à elle, était pâle, calme et silencieuse, me regardant. C'est alors qu'une idée m'a traversé l'esprit et m'a suggéré de m'excuser pour qu'il nous laisse passer.
– Excusez-moi, Grâce, mais quelqu'un vous appelle derrière vous, m'a signalé ma copine.
– Oh Vanessa, ne vous en préoccupez pas ; dépêchons-nous de partir d'ici, lui ai-je répondu en avançant sans regarder en arrière.
– Mais Grâce, essayez au moins de lui répondre ; il pourrait avoir quelque chose d'important à vous dire !
– Vanessa, pouvez-vous s'il vous plaît essayer de l'ignorer ? Ou mieux encore, si vous le souhaitez, vous pourriez lui répondre à ma place, lui ai-je répondu, agacée.
– Comment osez-vous dire cela ? Mes seins sont-ils aussi développés que les vôtres lorsque vous me regardez ? a-t-elle osé demander.
– Nom d'un chien ! Vanessa, arrêtez de m'agacer davantage cet après-midi, d'accord ? Et s'il vous plaît, évitez de me provoquer.
Déjà en colère, ma copine est restée silencieuse.
– Et si ce que vous avez sur la poitrine n'est pas des seins, est-ce que ce sont des citrons ? ai-je ajouté.
Pendant que Vanessa et moi nous disputions, le siffleur nous avait rattrapées. Arrivé à notre niveau, il nous a souri en nous montrant ses dents blanches comme s'il répondait à une requête. Ma copine et moi nous sommes échangé un regard innocent et discret.
– Bonjour mademoiselle, a-t-il commencé en me fixant ; vous allez me dire que vous n'entendiez pas ma voix depuis ? m'a-t-il crié comme si nous étions amis.
– Je suis désolée ! m'exclamai-je, inquiète.
L'homme continuait deme fixer intensément.
– En fait, j'étais pressée car j'ai un autre cours à quatorze heures, ai-je continué d'un ton triste.
– Donc vous m'avez ignoré tout ce temps à cause de cela ? Et si je vous donnais un coup de marteau sur la tête, que diriez-vous ? me lança-t-il d'une voix perçante.
Prise de peur, j'ai commencé à trembler comme une feuille.
Comment pouvait-il envisager de me frapper avec un marteau sur la tête ? Y avait-il encore des méchants de l'époque de Jésus-Christ sur cette terre ? me suis-je demandée.
Ma copine, quant à elle, était pâle, calme et silencieuse, me regardant. C'est alors qu'une idée m'a traversé l'esprit et m'a suggéré de m'excuser pour qu'il nous laisse passer.
– S'il vous plaît, ne me donnez pas de coup de machette sur la tête, je vous en prie. Ma tête n’est pas assez résistante pour supporter un tel coup. Elle pourrait se fendre en deux, lui ai-je répondu avec respect.
En réalité, quand j'étais plus jeune, j'avais très peur. Je n'aimais pas qu'on me fasse du mal. C'est pour cette raison que je n'avais jamais cherché querelle à l'école.
– Bien, reprit-il après m'avoir longuement observée ; on dirait que vous savez déjà pourquoi je vous appelais et c'est pourquoi vous n'avez pas arrêté, continua-t-il cette fois d'un ton un peu rassurant.
– Non, je n'en sais absolument rien ! lui répondis-je, sérieuse.
– Arrêtez de nier ! Vous deviez sûrement le savoir, c'est pourquoi vous jouiez les indifférentes. D'ailleurs, dites à votre amie de partir.
– De partir ? Elle ne peut pas. C'est ma sœur et elle ne peut rentrer à la maison sans moi, sinon nous serons toutes les deux punies, lui ai-je menti.
– D'accord, quelle classe êtes-vous ?
– En sixième, lui ai-je menti de nouveau.
– Pour qui me prenez-vous ? Pour un enfant naïf ou pour un amateur de thé ? commença-t-il à me réprimander.
Mon Dieu ! D'où sortait cet individu pour me faire si peur ? Pour qui se prenait-il ? Et si je criais à l'aide, me laisserait-il passer ?
Et Vanessa, pourquoi ne disait-elle rien pour me sauver de cette situation ? Était-ce un plan entre elle et lui ?
Des milliers de questions me traversaient l'esprit. Vanessa et moi étions de meilleures amies, nous nous défendions presque tous les jours dans toutes les circonstances. Où était passé son instinct protecteur et défensif ? Allait-elle rester silencieuse alors qu'on risquait de me faire du mal ?
Certes, la peur était toujours le plus grand défaut de ma camarade, je le savais mieux que quiconque.
– Vous ne répondez pas ou voulez-vous que je vous arrache les cheveux avant que vous ne parliez ? me demanda-t-il en sortant une paire de ciseaux de sa poche.
Son regard était dur. J'imaginais déjà être dans de beaux draps.
– Non, ne faites pas ça ; ne m'arrachez pas les cheveux, je vous en supplie. Et toi, Vanessa, tu ne dis rien ?
– Laisse-la, on va partir, sinon quoi ? répliqua ma copine.
L'inconnu fut vexé par cette réponse et tenta de s'approcher encore plus de nous deux. Que voulait-il faire ? Nous frapper ? Nous arracher les cheveux ? Ou pire, nous donner des coups de machette sur la tête ?
Et comme Dieu est toujours vivant et n'abandonne jamais ceux qui l'invoquent, mon père est apparu avec sa grosse voiture. Il l'a garée et ma copine et moi avons couru pour monter à bord. Pendant que mon père redémarrait, j'ai jeté un coup d'œil par la vitre et j'ai vu le jeune homme debout, secouant la tête en signe de regret.
« Merci Seigneur », me suis-je dit intérieurement.
D'où venait-il réellement ? Pourquoi parmi toutes les jeunes lycéennes qui passaient dans la rue, c'était moi qu'il voulait menacer ? Pourquoi vouloir arracher mes cheveux et non mes sourcils ? Que ferais-je la prochaine fois s'il osait s'arrêter sur mon chemin ? Crier à l'aide ? Fuir ? Et que voulait-il au juste de moi ?
Un tourbillon de questions tourmentait mon esprit. Puis, nous sommes arrivées chez Vanessa. Sans attendre, elle est descendue du véhicule et nous a fait un signe d'au revoir.
Mon père a redémarré et nous avons repris le chemin de la maison. Quelques minutes plus t**d, nous sommes arrivées. Je suis descendue du véhicule garé dans la cour, sur les pavés envahis par les mauvaises herbes.
Après avoir traversé la cour et la véranda, j'ai monté les marches des escaliers pour saluer ma mère, comme le veut la coutume à mon retour de l'école. C'est alors qu'une parole de mon père m'a stoppée subitement.
– Arrête-toi là, m’ordonna-t-il d’une voix tonitruante.
Je n’avançai plus aucun pas.
– Avec qui étais-tu en train de bavarder dans la rue ? continua-t-il, impassible.
– Personne, papa, lui répondis-je pâle et triste.
– Veux-tu que je te bastonne d’abord, c’est bien cela ?
– Papa, je vous jure que je ne le connais de nulle part.
– Tu es sûre que tu ne le connais pas ?
– Oui papa, je suis sérieuse.
– Tu ne le connais pas et pourtant tu étais debout avec lui en train de bavarder tout ce temps ?
– Papa, il me posait des questions auxquelles je ne savais que répondre.
– Et pourquoi tu ne pouvais pas le surpasser et continuer ton chemin ?
À cette interrogation, je me tus.
– Ecoute-moi bien, la prochaine fois que je te verrai encore debout avec n’importe quel homme en train de parler, je te jure, tu verras ce que je te ferai, imbécile. Allez, dégage de ma vue.
– Merci, papa ! exclamai-je en détalant les pas.
Je bougeai des lieux et me dirigeai vers les escaliers.
En fait, dans ma famille, très souvent quand papa parle, c’est le silence absolu. Plus personne ne pipe mot lorsqu’il parle. Je me demandais si c’était uniquement dans ma famille que régnait cette loi. Mais, j’ai finalement compris que dans d’autres familles, pendant que papa parlait ou grondait les enfants, la maman leur venait au secours même quand ces derniers sont en erreur. Or, cet état de chose fait parfois que les enfants deviennent non seulement irrespectueux envers les adultes mais aussi des enfants récalcitrants dans la société.
Bref, dans ma famille, tout était planifié et lorsque maman ou papa mettait en vigueur sa loi, l’autre ne s’y interposait.
Pour mes parents, l’éducation d’un enfant ne dépendait pas uniquement d’un seul parent. Et d’ailleurs, papa ne passait pas assez de temps avec nous. Il passait le plus clair de son temps au service qu’à la maison.
Mes parents étaient très rigoureux et à défaut de cette rigueur, mon unique frère a choisi d’aller s’installer définitivement au Togo, l’un des pays frontaliers du Bénin.
J’entends souvent dire que les benjamins étaient les plus choyés, les plus chouchoutés et les plus gâtés. Chez moi, dans ma famille, c’était pratiquement le contraire.
***
Il sonnait quatorze heures trente minutes. Je m’étais déjà apprêtée pour me retourner à l’école. Sur le point de vouloir quitter le salon, maman m’interpella et me dit avec gentillesse :
« Ma fille, j’entendais ton père te reprocher quelque chose cet aprème. J’aimerais que tu l’obéisses comme d’habitude. Regarde-toi, tu n’as que seize ans. Il faut fuir les hommes et aussi la mauvaise compagnie. Prends ta sœur en exemple. Puisqu’elle se fiche des hommes, as-tu vu combien elle brille à l’école ? C’est parce qu’elle n’a pas mis en tête les histoires amoureuses. Tu ferais mieux de l’imiter, sa conduite pourrait te servir de modèle. Arrivée à l’école, va directement dans ta salle de classe. À la fin des cours, reprends immédiatement le chemin de la maison. Si tu ne m’écoutes pas et que tu vas faire le contraire, je ne serai pas d’accord avec toi. »
J’acquiesçai de la tête et répondis calmement « merci maman ».
– Vas-y et sache que si tu y obéis, tu auras ma bénédiction.
– Merci maman, dis-je de plus bel avant de sortir de la pièce.
Ce m’était incroyable. Ce jour me parut très étrange et très extraordinaire car, c’était la première fois que je voyais ma mère me donner de conseils. C’était vraiment pour moi une grande joie. Même en chemin, j’étais très heureuse en me rappelant de ses beaux conseils. Heureuse parce qu’au moins, j’avais senti que j’avais une mère dans ma vie.
Au bout de quelques minutes de marches, j’arrivai sur le portail de mon école, un portail au chevet duquel était écrit sur une grosse plaque : CEG MALANHOUI. C’était le nom de mon école.
À mon arrivée, j’aperçus à ma grande stupéfaction Bruno, mon sauveteur de tous les temps dans sa belle tenue kaki.
– Bonsoir Bruno, comment vas-tu ?
– Je vais bien. Alors dis, étais-tu bien rentrée ?
– Si, j’étais bien rentrée. Et toi ?
– C’était pareil, ma chère.
– Sincèrement, merci de nous avoir sauvées des mains de ces malhonnêtes aujourd’hui.
– Oh, c’est rien ! Ce sont des jeunes qui ne veulent rien faire. En tout cas, les gens comme moi les obligeront à faire quelque chose.
La phrase de mon compagnon me fit rire et je m’en éclatai.
– J’espère que papa ne t’a pas frappée lorsque vous êtes rentrés !
– Non, non, il ne m’a pas frappée ; il m’a juste grondée.
– Ce qui voudra dire que papa est trop sévère ?
– Pas trop, mais un peu. Vous avez aussi cours ce soir ?
– Si ! On se verra peut-être à dix-sept heures.
– Pas de souci, mon cher. Je te souhaite beaucoup de discernement.
– Merci beaucoup. A très bientôt.
Je m’avançai vers ma classe et m’y introduisis. À peine entrée dans la classe, ce fut Vanessa qui me parla en premier.
– J’épouse enfin l’adage de nos aïeux.
– De quel adage parles-tu, lui questionnai-je, essoufflée.
– Oui, c’est sur les yeux des humains que la chèvre broute l’herbe. Mais arrivée dans les champs, elle mange plutôt le bois.
– Et qu’en est-il de la signification ?
– Grâce, ne m’avais-tu pas dit que tu ne connaissais ce mec de nulle part ?
– Sois plus claire et explicite, lui dis-je, harassée de colère.
– Ne t’enflamme pas s’il te plaît. Je crois que vous vous êtes enfin bien entendus sur de bonnes bases et que tu lui as déjà donné ce pour quoi il venait tout le temps te sauver !
– Et quel est ton problème dedans ?
– Je sais que rien n’est mon problème dans votre affaire. En tout cas, fais gaffe !
– Vanessa, je ne suis pas une gamine et je ne suis pas non plus ton égale, d’accord ? Et à partir d’aujourd’hui, contrôle bien tes langages avant de me les adresser sinon...
– Sinon tu vas me frapper n’est-ce pas ? Excuse-moi de t’avoir mal parlé.
Prise de panique, je gardai silence et me mis à observer ma copine dans son nouvel état de tristesse.
***
Pour ma première fois, assise à ma place, je sentais une grande joie me parcourir les veines. Quelque chose me rendait heureuse. Je sentais quelque chose au fond de moi : un sentiment pur et léger. La déesse Vanessa avait bien visé : je tombais petit à petit amoureuse.
Le professeur était enfin là, debout dans la classe, tenant un morceau de craie dans sa main droite. Il demandait ce qu’on avait pu voir la séance écoulée. Tous mes camarades levaient leurs petits doigts pendant que moi, je revivais encore l’entretien que je venais d’avoir avec Bruno."
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