26/06/2024
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US ET COUTUME EN MILLIEU FORTEMENT ISLAMISE : Dans l’univers des femmes spiritualistes gardiennes des cultes !
Depuis quelques années, un phénomène spirituel très ancien se développe au sein de la société de la partie septentrionale du Benin. Un phénomène qui touche plus particulièrement les femmes et jeunes filles. Il s’agit en effet des esprits qui prennent pour refuge le corps, souvent ceux des femmes. Ces esprits une fois dans le corps de la cible se manifestent soit par des crises répétées soit lors d’un évènement douloureux. Pour qu’ils ne se transforment pas en de dangereuse corps invisible pour la victime et sa famille, les parents de celle-ci sont appelés à organiser des rites et cérémonies chez un traitant.
Kandi, ville cosmopolite dominée par l’islam figure parmi les villes touchées par ce fléau spirituel. Dans cette ville du nord Benin, des femmes se sont données pour métier le traitement de ces problèmes purement spirituels. Les traitantes et les traitées sont souvent victimes des regards bienveillants ou malveillants de la population. Quelles sont les origines, manifestation modes de traitement et importances de ce mal pour l’équilibre de la société ? Comment la société perçoit ce phénomène ? Quels regards à telle et quels regards elle devrait normalement avoir sur ces femmes ? Autant de questions auxquelles des éléments de réponses ont été apportés.
Rencontrer dans son domicile qui tient en même temps lieu de traitement des patients, Adama Bio Nikki, la soixantaine a exposé les raisons de son engagement dans le traitement et l’origine de ces esprits invisibles qui se réfugient dans le corps des patients qu’elle reçoit chez elle. : « J’ai commencé ce travaille il y a plus de trente ans. Au départ je vendais le riz au marché, ces esprits m’ont désigné et m’ont donné pour mission de traiter les autres. Si je renonce à cette mission ils mettront fin à ma vie. C’est de là que j’ai pris cette nouvelle vie. La plupart des patients ont hérité de ces esprits soit de l’un des parents ou soit carrément des deux parents c’est-à-dire des parents du père et de la mère .c’est donc un patrimoine qu’il faut respecter… »
A l’en croire, les patients qu’elle reçoit se comportent comme de malades mentaux et que les patients traités deviennent des gardiennes de la société. : « A l’état que je reçois les patients les esprits les bousculent et se comportent souvent comme un malade mental. Si c’est ces esprits, il y a des rituels et cérémonies que nous observons durant quatorze jours. Apres ces quatorze jours le patient devient normal. Et devient un bouclier en quelque sorte pour son entourage en cas de dangers ou d’une situation de vie ou de mort… »
Selon les propos d’Adama Bio Nikki, la pratique des rituels et autres n’ont jamais eu d’effets sur sa vie de couple : « mon époux ne s’est jamais opposé à ce que je fais. Il m’a toujours soutenu d’ailleurs il m’aide beaucoup dans l’exécution de certaines tâches… » A-t-elle dit dans un ton rassurant.
Des propos recueillir auprès des parents des patients traités confirment qu’après les quatorze jours de traitement la plupart renoue avec les habitudes. Les esprits reviennent en elles juste soit pour annoncer un danger soit pour sauver une vie dans l’entourage.
Selon les constats, une partie de la population, à travers des regards, rejette ces femmes tradi-praticienne et gardienne des cultes endogène et souvent les patients qui les visitent. Pour Koto Mora Yarou, sociologue : « ces regards s’expliquent d’abord par la dominance des religions modernes, l’islam et le christianisme qui combattent ces religions endogènes. Ensuite, ces tradi-praticiennes n’obéissent souvent pas les règles naturellement administrées pouvant ressortir le côté positif de ces pratiques ancestrales. Enfin, non seulement les femmes du septentrion, mais l’Afrique toute entière a complètement changer sa mentalité de vivre, de se loger, de manger, de se soigner, de s’habiller, de s’éduquer. Eh bien, cette croyance originelle a reçu un coup mortel… » A-t-il démontré
Contrairement à cette position de la population, la pratique de ces rituels n’interdit le respect des piliers de l’islam et de tout autre religion : « la pratique et les esprits n’interdisent pas la prière, dès que l’heure de la prière sonne l’on peut faire sa prière. Ces esprits dont nous parlons sont comme nous des humains. Il y a des musulmans parmi eux. Pour preuve, ils nous interdissent la pratique des rituels tout au long du mois de carême musulman… » A-t-elle expliqué.
Pour éviter les regards bienveillants et malveillant de la population, Koto Mora Yarou invite au respect mutuel et a la promotion du vivre ensemble : « Nous invitons solennellement ces femmes à : respecter les règles prescrites de leur pratique ; dire la vérité rien que la vérité ; faire dos au bien matériels ou physique ; se perfectionner dans ces cultes aimer les pratiques de ses ancêtres ; ne pas baisser les bras. Quant à la société, qu’elle fasse un effort d’accepter chacun dans ses dimensions ; qu’elle observe, analyse avant d’agir… »
Ikililou ADAMOU IDRISSOU