28/02/2025
Sécurité routière au Bénin : Une urgence nationale malgré les efforts du gouvernement
Le Bénin est confronté à une insécurité routière persistante, marquée par un nombre alarmant d’accidents de la circulation. Chaque année, des milliers de personnes perdent la vie ou subissent des blessures graves. Excès de vitesse, imprudence des conducteurs, non-respect du code de la route, infrastructures défaillantes et formation insuffisante des usagers sont autant de facteurs aggravants.
Face à cette situation préoccupante, le gouvernement béninois a entrepris plusieurs réformes majeures pour améliorer la sécurité routière. Parmi les mesures mises en place :
Le port du casque obligatoire pour tous les conducteurs et passagers de deux-roues motorisés ;
L’obligation du port de la ceinture de sécurité pour les conducteurs et passagers des véhicules à quatre roues et plus ;
L’usage de radars mobiles pour le contrôle de la vitesse, permettant d’identifier et de sanctionner efficacement les excès de vitesse ;
L’aménagement et le respect des pistes cyclables, afin de sécuriser les usagers vulnérables ;
Le respect strict des couloirs de circulation, notamment dans les grandes villes pour réduire le désordre routier ;
Le renforcement des contrôles routiers avec la verbalisation systématique des infractions (téléphone au volant, conduite en état d’ivresse, non-respect des feux tricolores, etc.)
Malgré ces efforts, les accidents restent nombreux, et la tragédie survenue le 20 février 2025 rappelle que la lutte pour la sécurité routière doit rester une priorité absolue.
Un accident tragique qui secoue la nation
Le jeudi 20 février 2025, le Ministre de l’Enseignement secondaire de la Formation technique et professionnelle, CHABI Kouaro Yves, a perdu la vie dans un accident de la circulation alors qu’il quittait Cotonou pour Parakou. Son garde du corps est également décédé sur place, tandis que son épouse et son chauffeur ont survécu avec des blessures. L’ONGALINAGNON présente ses condoléances aux familles des victimes et à tout le peuple béninois.
Cette tragédie survient quelques heures seulement après la clôture de la 4ᵉ Conférence ministérielle sur la sécurité routière, tenue à Marrakech, au Maroc. Cette rencontre internationale visait à renforcer les politiques de lutte contre l’insécurité routière, en mettant l’accent sur la prévention, l’éducation et le contrôle rigoureux des comportements dangereux.
Les principales causes des accidents au Bénin
Malgré les efforts du gouvernement, plusieurs facteurs contribuent encore à l’hécatombe sur les routes béninoises :
1. Excès de vitesse, détecté grâce aux radars mobiles mais encore trop fréquent ;
2. Non-respect des règles de circulation : dépassements dangereux, feux tricolores ignorés, conduite en état d’ivresse… ;
3. Dégradation des infrastructures routières : routes mal entretenues, manque de signalisation et absence d’éclairage ;
4. Non-respect des couloirs de circulation et des pistes cyclables
5. Formation insuffisante des conducteurs, notamment en conduite préventive et défensive
6. Laxité dans l’application des sanctions : certains conducteurs continuent de violer le code de la route en toute impunité
Les recommandations de la Conférence de Marrakech : un levier pour le Bénin
Lors de cette conférence internationale, plusieurs recommandations ont été formulées pour réduire les accidents de la route. Parmi elles :
Renforcer les contrôles routiers et généraliser l’usage des radars mobiles pour dissuader les excès de vitesse ;
Améliorer les infrastructures routières en modernisant les routes, la signalisation et l’éclairage public ;
Multiplier les campagnes de sensibilisation pour inculquer une culture du respect du code de la route ;
Encadrer plus strictement le transport en commun afin de garantir la sécurité des passagers ;
Mettre en place un système d’intervention rapide pour les victimes d’accidents afin de limiter les pertes humaines.
L’ONG ALINAGNON s’engage pour la formation des conducteurs
Si la formation à la conduite préventive et défensive ne faisait pas partie des recommandations officielles de Marrakech, elle reste un levier essentiel pour réduire les accidents. L’ONG ALINAGNON annonce un programme de formation destiné aux :
Conducteurs de véhicules administratifs ;
Chauffeurs d’entreprises et de transport en commun ;
Jeunes conducteurs et apprentis.
L’objectif est de réduire les comportements dangereux sur la route et d’améliorer la maîtrise des véhicules en situation de danger.
Un appel à la responsabilité collective
Le décès tragique du ministre CHABI Kouaro Yves est un signal d’alarme. Si le gouvernement a pris des mesures importantes, il est crucial que chaque usager de la route joue son rôle.
Respecter le code de la route, appliquer les recommandations de Marrakech, investir dans la formation et renforcer les contrôles sont des impératifs pour mettre fin aux drames sur nos routes.
La route ne doit plus être un cimetière. Il est temps d’agir.