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CRéSELNa Cercle de Réflexion du Système Éducatif en Langues Nationales -- CRéSELNa

‎𝗟𝗮 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝘀𝗮𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗹𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱'𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲, 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 : 𝗹𝗲 𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗶𝗿𝗿𝗲𝗺𝗽𝗹𝗮𝗰̧𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗲𝗻𝘁𝘀‎‎On demande souvent à ...
29/07/2026

‎𝗟𝗮 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝘀𝗮𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗹𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱'𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲, 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 : 𝗹𝗲 𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗶𝗿𝗿𝗲𝗺𝗽𝗹𝗮𝗰̧𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗲𝗻𝘁𝘀

‎On demande souvent à l'école de préserver nos langues maternelles. Mais une question mérite d'être posée : comment une école peut-elle enseigner une langue qu'un enfant n'entend presque plus chez lui ?

‎La vérité est parfois difficile à accepter. La survie d'une langue ne commence ni dans un ministère, ni dans une salle de classe, ni dans un manuel scolaire. Elle commence à la maison.

‎C'est dans le foyer que l'enfant prononce ses premiers mots, découvre les expressions de sa communauté, écoute les contes de ses grands-parents, apprend les salutations, les proverbes et les valeurs qui façonnent son identité.

‎Pourtant, de plus en plus de parents choisissent de parler uniquement le français avec leurs enfants. Beaucoup pensent leur donner un avantage pour réussir à l'école ou dans la vie professionnelle. Cette intention est compréhensible. Mais, sans le vouloir, elle peut aussi fragiliser la transmission des langues nationales.

‎Parler sa langue maternelle à son enfant ne l'empêche pas d'apprendre le français. Les spécialistes de l'éducation soulignent au contraire qu'un enfant qui développe une bonne maîtrise de sa première langue dispose souvent d'une base solide pour apprendre d'autres langues.

‎Les parents ont donc un rôle essentiel à jouer.

‎Raconter une histoire avant le coucher, chanter une berceuse, expliquer une tradition familiale, discuter pendant les repas ou simplement échanger dans la langue du foyer sont autant de gestes qui participent à la transmission du patrimoine linguistique.

‎Les grands-parents ont eux aussi une place précieuse. Ils sont souvent les gardiens d'un vocabulaire, de proverbes et de récits qui risquent de disparaître si personne ne les transmet aux plus jeunes.

‎L'école peut accompagner ce travail. Elle peut apprendre à lire et à écrire la langue, enrichir le vocabulaire des élèves et développer leurs compétences. Mais elle ne remplacera jamais les conversations du quotidien, les rires en famille ou les histoires racontées au coin d'une cour.

‎Préserver une langue est une responsabilité collective. Les pouvoirs publics, les enseignants, les chercheurs, les médias, les écrivains et les associations ont chacun un rôle à jouer. Mais tout commence par une décision simple : oser parler sa langue à ses enfants.

‎Car une langue que l'on n'utilise plus à la maison finit souvent par disparaître, même si elle est enseignée à l'école.

‎Dans le dernier numéro de cette série, nous poserons la question qui résume tout le débat : le Bénin est-il réellement prêt à intégrer durablement les langues maternelles dans son système éducatif ? Nous reviendrons sur les défis, les opportunités et les conditions nécessaires pour transformer cette ambition en réalité.

‎𝗜𝗹𝘀 𝗹'𝗼𝗻𝘁 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗻𝗼𝘂𝘀 : 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗕𝗲́𝗻𝗶𝗻 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲́𝗷𝗮̀ 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀...
28/07/2026

‎𝗜𝗹𝘀 𝗹'𝗼𝗻𝘁 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗻𝗼𝘂𝘀 : 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗕𝗲́𝗻𝗶𝗻 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲́𝗷𝗮̀ 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲𝘀

‎Pendant des années, beaucoup ont pensé qu'il était impossible d'enseigner à l'école dans une langue africaine. Pour certains, seul le français, l'anglais ou le portugais pouvaient garantir une éducation de qualité.

‎Pourtant, plusieurs pays du continent ont démontré le contraire.

‎En Tanzanie, le kiswahili occupe une place centrale dans l'enseignement primaire et dans la vie publique. Cette langue commune a renforcé la cohésion nationale tout en facilitant l'accès aux apprentissages pour des millions d'enfants.

‎Au Rwanda, le kinyarwanda est utilisé dès les premières années de la scolarité avant que les élèves ne poursuivent leur parcours avec d'autres langues d'enseignement. Cette approche permet aux enfants de construire des bases solides avant d'élargir leurs compétences linguistiques.

‎En Éthiopie, plusieurs régions enseignent dans leurs langues locales. Les élèves découvrent les mathématiques, les sciences ou encore la lecture dans la langue qu'ils maîtrisent le mieux avant d'apprendre d'autres langues nationales ou internationales.

‎Ces expériences montrent une réalité souvent ignorée : introduire les langues maternelles à l'école ne signifie pas renoncer aux langues étrangères. Au contraire, les enfants qui développent d'abord une bonne maîtrise de leur langue maternelle acquièrent souvent plus facilement une deuxième, voire une troisième langue.

‎Le Bénin possède un patrimoine linguistique exceptionnel. Du fon au bariba, du goun au yoruba, en passant par le dendi, le mahi, le ditammari ou le mina, chaque langue porte une histoire, une culture et une manière de comprendre le monde.

‎Notre défi est cependant différent de celui de nombreux pays africains. Le Bénin compte une grande diversité linguistique. Il faudra donc bâtir une politique éducative qui respecte cette richesse sans créer de nouvelles inégalités entre les régions.

‎Cela passera par des choix réfléchis : quelles langues enseigner selon les localités ? Comment former les enseignants ? Quels manuels produire ? Comment assurer une continuité entre les langues nationales et le français ?

‎Les réponses ne seront pas simples. Mais elles existent déjà, en partie, dans les expériences de nos voisins africains. Les observer permet d'éviter certaines erreurs et de s'inspirer des solutions qui ont fait leurs preuves.

‎L'introduction des langues maternelles à l'école n'est donc pas un saut dans l'inconnu. C'est un projet ambitieux qui demande de la préparation, de la méthode et une vision à long terme.

‎Le Bénin n'a pas besoin de reproduire exactement le modèle d'un autre pays. Il peut construire le sien, en tenant compte de son histoire, de sa diversité culturelle et de ses réalités éducatives.

‎Dans le prochain numéro, nous parlerons de ceux que l'on oublie souvent dans ce débat : les parents. Car avant d'être enseignée à l'école, une langue se transmet d'abord à la maison.

‎𝗘𝘁 𝘀𝗶 𝗹'𝗶𝗻𝘁𝗲𝗹𝗹𝗶𝗴𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗮𝗿𝘁𝗶𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘃𝗲𝗻𝗮𝗶𝘁 𝗹'𝗮𝗹𝗹𝗶𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 ?‎‎‎Pendant longtemps, on a cru que les...
26/07/2026

‎𝗘𝘁 𝘀𝗶 𝗹'𝗶𝗻𝘁𝗲𝗹𝗹𝗶𝗴𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗮𝗿𝘁𝗶𝗳𝗶𝗰𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘃𝗲𝗻𝗮𝗶𝘁 𝗹'𝗮𝗹𝗹𝗶𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 ?


‎Pendant longtemps, on a cru que les nouvelles technologies menaçaient les langues africaines. Les téléphones, les ordinateurs et Internet semblaient donner toute la place aux grandes langues internationales. Pourtant, une révolution silencieuse est en train de changer la donne.

‎Aujourd'hui, l'intelligence artificielle peut devenir l'un des meilleurs outils pour préserver, enseigner et promouvoir les langues maternelles.

‎Imaginez un enfant qui ouvre une application sur son téléphone et apprend à lire le fon, le goun ou le bariba grâce à des exercices interactifs. Imaginez un enseignant qui dispose d'une bibliothèque numérique remplie de contes, d'exercices et de leçons dans sa langue. Imaginez encore un parent qui écoute, avec son enfant, des histoires racontées dans sa langue maternelle, même lorsqu'il n'a aucun livre à la maison.

‎Tout cela n'appartient plus à la science-fiction.

‎Dans plusieurs pays, des applications permettent déjà d'apprendre des langues locales, de reconnaître la voix, de traduire des textes ou de transformer des écrits en fichiers audio. Ces innovations montrent qu'une langue n'a pas besoin d'être parlée par des millions de personnes pour exister dans l'univers numérique.

‎Pour le Bénin, cette révolution représente une opportunité historique.

‎Les universités, les centres de recherche, les développeurs et les startups peuvent travailler ensemble pour créer des dictionnaires numériques, des claviers adaptés aux langues nationales, des correcteurs orthographiques, des plateformes d'apprentissage et même des assistants vocaux capables de comprendre nos langues.

‎L'intelligence artificielle peut également aider les chercheurs à documenter des langues peu écrites, à analyser leur vocabulaire et à conserver des milliers d'heures d'enregistrements oraux qui, autrement, risqueraient de disparaître avec le temps.

‎Mais cette révolution ne se fera pas toute seule.

‎Une intelligence artificielle apprend à partir des données qu'on lui fournit. Si nos langues sont absentes des livres, des dictionnaires, des enregistrements audio et des contenus numériques, elles resteront pratiquement invisibles pour les technologies de demain.

‎C'est pourquoi chaque texte publié, chaque conte numérisé, chaque chanson transcrite et chaque manuel scolaire produit dans une langue nationale constitue une pierre apportée à l'édifice numérique de cette langue.

‎L'avenir des langues maternelles ne se jouera donc pas uniquement dans les salles de classe. Il se jouera aussi sur les téléphones, les tablettes, les ordinateurs et les plateformes numériques que les jeunes utilisent quotidiennement.

‎Préserver une langue aujourd'hui, ce n'est plus seulement la parler. C'est aussi la faire vivre sur Internet, dans les applications, dans les livres numériques et dans les outils d'intelligence artificielle.

‎Dans le prochain numéro, nous quitterons le Bénin pour découvrir comment certains pays africains ont réussi à intégrer leurs langues nationales dans leur système éducatif. Quels enseignements pouvons-nous tirer de leurs expériences ? Les réponses pourraient bien nous inspirer

24/07/2026

‎𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲́𝘃𝗮𝗹𝘂𝗲𝗿 𝘂𝗻 𝗲́𝗹𝗲̀𝘃𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘀𝗮 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲 𝗺𝗮𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲 ? 𝗟𝗲 𝗱𝗲́𝗳𝗶 𝗱'𝘂𝗻𝗲 𝗲́𝘃𝗮𝗹𝘂𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲 𝗲𝘁 𝗰𝗿𝗲́𝗱𝗶𝗯𝗹𝗲

‎L'école ne se résume pas à enseigner. Elle doit aussi mesurer ce que les élèves ont appris. Mais lorsqu'une langue maternelle entre dans le système éducatif, une nouvelle question surgit : comment évaluer les apprentissages de manière juste ?

‎La réponse ne peut pas être improvisée.

‎Beaucoup pensent qu'un enfant qui parle déjà sa langue maternelle obtiendra automatiquement de bonnes notes. C'est une idée reçue. Parler une langue à la maison n'est pas la même chose que savoir la lire, l'écrire, la comprendre dans un texte ou l'utiliser correctement dans un contexte scolaire.

‎C'est exactement comme le français. Des millions de personnes le parlent chaque jour, mais cela ne signifie pas qu'elles maîtrisent son orthographe, sa grammaire ou sa rédaction.

‎L'évaluation devra donc porter sur plusieurs compétences.

‎La première est la compréhension orale. L'élève est-il capable de comprendre une histoire racontée dans sa langue ? Peut-il suivre une consigne ou reformuler ce qu'il vient d'entendre ?

‎Vient ensuite la lecture. L'enfant doit reconnaître les lettres, lire les mots avec fluidité, respecter la prononciation et comprendre le sens des phrases.

‎La troisième compétence est l'expression écrite. Peut-il rédiger quelques phrases ? Respecte-t-il les règles d'écriture de la langue ? Utilise-t-il le vocabulaire approprié ?

‎Enfin, il faudra également évaluer l'expression orale. S'exprime-t-il avec clarté ? Organise-t-il ses idées ? Choisit-il les mots justes pour raconter une histoire, expliquer une situation ou défendre une opinion ?

‎Mais une bonne évaluation ne consiste pas seulement à attribuer une note. Elle doit aussi aider l'élève à progresser. Les enseignants devront donc privilégier des observations régulières, des exercices pratiques, des jeux pédagogiques, des lectures à voix haute et des activités de groupe, plutôt que de s'appuyer uniquement sur des examens écrits.

‎Cette approche permettra de réduire le stress des enfants tout en donnant une image plus fidèle de leurs compétences.

‎Pour garantir l'équité, des référentiels nationaux devront être élaborés. Ils préciseront les compétences attendues à chaque niveau de la scolarité afin que tous les élèves soient évalués selon les mêmes critères, quelle que soit leur région.

‎Une évaluation bien pensée renforcera la crédibilité de l'enseignement des langues maternelles. Elle montrera qu'il s'agit d'une discipline à part entière, avec des objectifs, des méthodes et des exigences comparables à celles des autres matières.

‎Car enseigner une langue nationale ne consiste pas seulement à préserver un héritage culturel. C'est aussi former des élèves capables de lire, d'écrire, de réfléchir et de communiquer efficacement dans cette langue.

‎Dans le prochain numéro, nous verrons comment les nouvelles technologies, l'intelligence artificielle et les applications mobiles peuvent contribuer à préserver et à moderniser les langues nationales. Une révolution est déjà en marche… et le Bénin a tout intérêt à ne pas la manquer.

‎𝗣𝗲𝘂𝘁-𝗼𝗻 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗶𝘃𝗿𝗲𝘀 ? 𝗟𝗲 𝗱𝗲́𝗳𝗶 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗻𝘂𝗲𝗹𝘀 𝘀𝗰𝗼𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗲𝗻 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀‎‎Imaginez une salle de...
21/07/2026

‎𝗣𝗲𝘂𝘁-𝗼𝗻 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗶𝘃𝗿𝗲𝘀 ? 𝗟𝗲 𝗱𝗲́𝗳𝗶 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗻𝘂𝗲𝗹𝘀 𝘀𝗰𝗼𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗲𝗻 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀

‎Imaginez une salle de classe où l'enseignant maîtrise parfaitement sa langue maternelle. Il connaît sa grammaire, sa prononciation, son alphabet et ses règles d'écriture. Les élèves sont motivés et curieux. Pourtant, il manque un élément essentiel : le manuel scolaire.

‎Comment organiser les leçons ? Quels textes faire lire aux enfants ? Quels exercices leur proposer ? Comment s'assurer que tous les élèves du pays apprennent les mêmes notions au même niveau ?

‎La vérité est simple : une langue ne peut pas devenir une véritable langue d'enseignement sans des manuels scolaires de qualité.

‎Le livre est le fil conducteur de l'apprentissage. Il accompagne l'élève du premier mot jusqu'à la lecture de textes plus complexes. Il guide également l'enseignant en lui proposant une progression logique, des activités adaptées et des méthodes d'évaluation.

‎Mais écrire un manuel en langue maternelle ne consiste pas à traduire un livre de français.

‎Il faut tenir compte de la culture locale, des réalités de la vie quotidienne et des références que les enfants connaissent déjà. Les histoires, les images, les personnages et même les exemples de calcul doivent parler à leur environnement. Un enfant apprend mieux lorsqu'il se reconnaît dans ce qu'il lit.

‎Les manuels devront aussi être adaptés à chaque niveau scolaire. Les premières années privilégieront les images, les sons, les syllabes et les mots simples. Progressivement viendront les contes, les dialogues, les récits, les textes documentaires et les exercices de rédaction.

‎La qualité graphique est tout aussi importante. Des illustrations attrayantes, des couleurs, des caractères lisibles et une mise en page claire donnent envie d'ouvrir le livre et facilitent l'apprentissage.

‎Aujourd'hui, les manuels ne se limitent plus au papier. Les versions numériques, les livres audio et les applications éducatives permettent aux élèves de continuer à apprendre à la maison, même en dehors de la classe. Cette évolution représente une formidable opportunité pour les langues nationales, qui peuvent désormais toucher une nouvelle génération grâce au numérique.

‎Produire de tels ouvrages demandera du temps, des investissements et une étroite collaboration entre linguistes, enseignants, illustrateurs, écrivains et spécialistes de l'édition scolaire. Mais cet effort est indispensable. Car un manuel bien conçu peut accompagner plusieurs générations d'élèves.

‎Introduire les langues maternelles dans le système éducatif ne consiste donc pas seulement à ouvrir une nouvelle matière. Il faut construire tout un écosystème de ressources pédagogiques capables d'accompagner durablement les enseignants et les apprenants.

‎Dans le prochain numéro, nous répondrons à une question qui suscite souvent le débat : comment évaluer les élèves dans une langue maternelle ? Quels critères utiliser ? Comment garantir une évaluation juste et équitable ? Autant de défis qui méritent d'être explorés.

‎𝗨𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲 𝗻𝗲 𝘀'𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲 𝗽𝗮𝘀, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝘀𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗲𝘁 : 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗹𝗮 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗲 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝗳𝗶‎‎‎Suppos...
20/07/2026

‎𝗨𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲 𝗻𝗲 𝘀'𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲 𝗽𝗮𝘀, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝘀𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗲𝘁 : 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗹𝗮 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗲 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝗳𝗶


‎Supposons qu'à partir de demain, toutes les écoles du Bénin décident d'enseigner les langues maternelles. Une question s'impose immédiatement : qui sera devant les élèves ?

‎Parler une langue et savoir l'enseigner sont deux choses bien différentes.

‎Des millions de Béninois parlent le fon, le goun, le yoruba, le bariba, le dendi, le mahi ou d'autres langues nationales. Pourtant, peu sont capables d'expliquer leurs règles grammaticales, de corriger une prononciation, d'enseigner la lecture ou d'évaluer un élève selon des critères pédagogiques.

‎C'est pourquoi la réussite de l'introduction des langues maternelles à l'école dépend avant tout de la qualité des enseignants.

‎Former un enseignant ne consiste pas seulement à lui apprendre à parler une langue. Il doit maîtriser son alphabet, comprendre sa phonétique, connaître ses règles d'écriture et être capable de transformer ce savoir en leçons adaptées à l'âge des enfants.

‎Il doit aussi apprendre à enseigner progressivement. Un élève de six ans n'apprend pas comme un adolescent. Les méthodes changent, les exercices évoluent et les difficultés ne sont pas les mêmes.

‎La formation devra également intégrer les outils modernes. Aujourd'hui, les enseignants peuvent utiliser des supports audio pour travailler la prononciation, des vidéos éducatives, des applications numériques, des jeux de lecture et des tableaux interactifs. Les langues nationales ne doivent pas être enfermées dans le passé ; elles doivent aussi entrer dans l'école du XXIᵉ siècle.

‎Un autre défi attend les futurs enseignants : gérer la diversité linguistique. Dans une même classe, certains enfants parleront le fon, d'autres le goun, le yoruba ou une autre langue. Il faudra donc développer des approches pédagogiques adaptées aux réalités de chaque région, sans exclure aucun élève.

‎Cette mission nécessite l'implication des écoles normales, des universités, des linguistes et des spécialistes des sciences de l'éducation. Ensemble, ils devront élaborer des programmes de formation solides, capables de préparer une nouvelle génération d'enseignants.

‎L'expérience de plusieurs pays africains montre que les réformes linguistiques réussissent lorsque les enseignants sont accompagnés, suivis et régulièrement formés. Sans cet investissement, même les meilleures politiques éducatives peinent à produire des résultats durables.

‎Introduire les langues maternelles à l'école ne consiste donc pas uniquement à changer les programmes. C'est aussi investir dans les femmes et les hommes qui auront la responsabilité de transmettre ce patrimoine linguistique aux générations futures.

‎Dans le prochain numéro, nous nous intéresserons à une autre question essentielle : quels manuels scolaires faut-il créer pour enseigner efficacement les langues maternelles ? Car un enseignant bien formé a également besoin d'outils de qualité pour faire vivre ses cours.

‎𝗔𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗱'𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲, 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗱'𝗮𝗯𝗼𝗿𝗱 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗲́𝗰𝗼𝘂𝘁𝗲𝗿 𝘀𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘀‎‎Imaginez un instant que l'on vous demande...
19/07/2026

‎𝗔𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗱'𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲, 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗱'𝗮𝗯𝗼𝗿𝗱 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗲́𝗰𝗼𝘂𝘁𝗲𝗿 𝘀𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘀

‎Imaginez un instant que l'on vous demande d'écrire un mot... sans connaître les lettres qui permettent de représenter les sons que vous entendez. Vous hésiteriez. Vous feriez des erreurs. Et chacun finirait par écrire ce même mot à sa manière.

‎C'est exactement ce qui se passe lorsqu'une langue n'est pas suffisamment codifiée.

‎Le débat sur l'introduction des langues maternelles à l'école ne se résume pas à la volonté politique ou au choix des langues à enseigner. Il existe une étape beaucoup plus discrète, mais absolument indispensable : la phonétique.

‎La phonétique est la science qui étudie les sons d'une langue. Elle permet d'identifier chaque son, de comprendre comment il est produit par la bouche et de déterminer la meilleure façon de le représenter à l'écrit.

‎Pourquoi est-ce si important ?

‎Parce que deux personnes peuvent entendre un même mot et l'écrire différemment si aucune règle n'a été définie. Sans une transcription commune, il devient impossible de produire des manuels scolaires, de former les enseignants ou encore d'évaluer correctement les élèves.

‎Prenons un exemple simple. Dans plusieurs langues béninoises, un léger changement de son peut modifier complètement le sens d'un mot. Une voyelle plus ouverte, un son nasal ou un ton différent peuvent transformer une phrase entière. Si ces nuances ne sont pas correctement représentées dans l'écriture, les malentendus deviennent inévitables.

‎La première mission des linguistes consiste donc à écouter la langue telle qu'elle est parlée par ses locuteurs. Ils recensent les sons, distinguent ceux qui ont une valeur différente, puis leur attribuent un signe ou une lettre. C'est ce travail scientifique qui permet ensuite de construire un alphabet cohérent.

‎Mais la phonétique ne sert pas uniquement à écrire une langue. Elle facilite également son apprentissage. Un enfant qui reconnaît les sons apprend plus rapidement à lire. Il comprend que chaque lettre ou groupe de lettres correspond à un son précis. Cette correspondance est l'une des bases de la lecture.

‎C'est aussi grâce à la phonétique que les enseignants peuvent corriger la prononciation, expliquer les différences entre deux mots proches et aider les élèves à lire avec assurance.

‎Autrement dit, la phonétique est la fondation sur laquelle repose tout le reste. Sans elle, il n'y a ni alphabet fiable, ni dictionnaire, ni manuel scolaire, ni enseignement de qualité.

‎L'introduction des langues maternelles à l'école ne peut donc pas être improvisée. Elle exige un travail scientifique rigoureux, souvent invisible aux yeux du grand public, mais essentiel à la réussite de toute réforme.

‎Dans le prochain numéro, nous découvrirons une autre étape décisive : comment construit-on l'alphabet d'une langue ? Pourquoi certaines lettres portent-elles des accents ou des signes particuliers ? Et comment parvenir à une écriture que tous pourront lire et comprendre de la même manière ?

‎𝗘𝘁 𝘀𝗶 𝗻𝗼𝘀 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘃𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗲𝗻𝗳𝗶𝗻 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗹'𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗲 ?‎‎Chaque matin, des milliers d'enfants béninois fra...
18/07/2026

‎𝗘𝘁 𝘀𝗶 𝗻𝗼𝘀 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘁𝗲𝗿𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘃𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗲𝗻𝗳𝗶𝗻 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗹'𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗲 ?

‎Chaque matin, des milliers d'enfants béninois franchissent les portes de l'école avec un même défi : apprendre dans une langue qui n'est pas celle qu'ils parlent à la maison.

‎À la maison, ils s'expriment en fon, en goun, en yoruba, en mahi, en dendi, en bariba ou dans une autre langue nationale. Mais une fois en classe, tout bascule. Le français devient l'unique langue d'apprentissage. Pour beaucoup d'élèves, le premier obstacle n'est donc pas la leçon elle-même, mais la langue dans laquelle elle est enseignée.

‎Cette réalité soulève une question essentielle : pourquoi continuer à ignorer les langues que les enfants maîtrisent déjà ?

‎À travers le monde, de nombreuses recherches montrent qu'un enfant apprend plus facilement lorsqu'il débute sa scolarité dans sa langue maternelle. Comprendre les consignes, participer en classe, poser des questions et développer sa pensée devient plus naturel. L'apprentissage du français n'est pas abandonné pour autant ; il est simplement construit sur des bases plus solides.

‎Au Bénin, le débat sur l'introduction des langues nationales dans l'enseignement revient régulièrement. Certains y voient une chance de valoriser notre patrimoine culturel. D'autres craignent que cela ne freine la maîtrise du français ou ne complique l'organisation du système éducatif.

‎Pourtant, il ne s'agit pas d'opposer le français aux langues nationales. Les deux peuvent coexister. Le français demeure une langue d'ouverture sur le monde, tandis que les langues maternelles permettent à l'enfant de mieux comprendre son environnement, sa culture et les premiers savoirs qui lui sont transmis.

‎Adopter les langues nationales à l'école ne signifie pas improviser. Une telle réforme demande une préparation rigoureuse : définir des alphabets harmonisés, établir des règles de prononciation, former des enseignants, produire des manuels adaptés et mettre en place une véritable politique linguistique.

‎C'est précisément là que commence le véritable chantier.

‎Avant même de parler de programmes scolaires, il faut répondre à une question fondamentale : comment écrire correctement une langue ? Comment représenter chacun de ses sons ? Comment permettre à tous de lire un même mot de la même manière ?

‎La réponse se trouve dans un domaine souvent méconnu du grand public : la phonétique. C'est elle qui permet d'identifier les sons d'une langue, de les transcrire avec précision et de bâtir un système d'écriture cohérent. Sans ce travail, enseigner une langue devient rapidement source de confusion.

‎Dans le prochain numéro de cette série, nous découvrirons pourquoi la phonétique constitue la première pierre de toute politique d'enseignement des langues nationales. Car avant d'apprendre à lire une langue, il faut d'abord apprendre à écouter, reconnaître et écrire correctement chacun de ses sons.

‎Le débat est ouvert. Et si l'avenir de notre école passait aussi par la valorisation des langues que nous parlons depuis toujours ?

08/07/2026

‎Nos langues, notre identité , notre patrimoine... Ce qui différencie des autres

‎Impossible d'évoluer sans donner une valeur à nos langues ...

‎Impossible de faire rayonner véritablement notre pays si nos langues ne sont pas valorisés

‎Dans cette vidéo SAGBOHAN un artiste chanteur, percussionniste, mannequin et enseignant invite chacun à parler sa langue maternelle, montrant ainsi l'importance de nos langues maternelles dans la valorisation et la préservation de notre identité culturelle.

07/07/2026

Et nos langues maternelles, quelle place leur accordons-nous ?

À force de valoriser les langues étrangères, ne sommes-nous pas en train d'oublier celles qui portent notre histoire, notre identité et notre mémoire collective ?

Le fon, le yoruba, le dendi, le bariba, l'adja, le mahi, le nago, le gun, l'aïzo et tant d'autres ne sont pas de simples moyens de communication. Ils sont le reflet de notre culture, de nos traditions et de notre manière de voir le monde.

Donner une place à nos langues maternelles dans l'éducation, l'administration et la vie publique n'est pas un retour en arrière. C'est un choix d'avenir, un acte de souveraineté culturelle et un héritage que nous devons transmettre aux générations futures.

Et vous, quelle place accordez-vous à votre langue maternelle ?

Adresse

Abomey-Calavi

Heures d'ouverture

Lundi 08:00 - 17:00
Mardi 08:00 - 17:00
Mercredi 08:00 - 17:00
Jeudi 08:00 - 17:00
Vendredi 08:00 - 17:00
Samedi 08:00 - 17:00

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