29/07/2026
𝗟𝗮 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝘀𝗮𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗹𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗱'𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗻𝗴𝘂𝗲, 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗮 𝗺𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻 : 𝗹𝗲 𝗿𝗼̂𝗹𝗲 𝗶𝗿𝗿𝗲𝗺𝗽𝗹𝗮𝗰̧𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗲𝗻𝘁𝘀
On demande souvent à l'école de préserver nos langues maternelles. Mais une question mérite d'être posée : comment une école peut-elle enseigner une langue qu'un enfant n'entend presque plus chez lui ?
La vérité est parfois difficile à accepter. La survie d'une langue ne commence ni dans un ministère, ni dans une salle de classe, ni dans un manuel scolaire. Elle commence à la maison.
C'est dans le foyer que l'enfant prononce ses premiers mots, découvre les expressions de sa communauté, écoute les contes de ses grands-parents, apprend les salutations, les proverbes et les valeurs qui façonnent son identité.
Pourtant, de plus en plus de parents choisissent de parler uniquement le français avec leurs enfants. Beaucoup pensent leur donner un avantage pour réussir à l'école ou dans la vie professionnelle. Cette intention est compréhensible. Mais, sans le vouloir, elle peut aussi fragiliser la transmission des langues nationales.
Parler sa langue maternelle à son enfant ne l'empêche pas d'apprendre le français. Les spécialistes de l'éducation soulignent au contraire qu'un enfant qui développe une bonne maîtrise de sa première langue dispose souvent d'une base solide pour apprendre d'autres langues.
Les parents ont donc un rôle essentiel à jouer.
Raconter une histoire avant le coucher, chanter une berceuse, expliquer une tradition familiale, discuter pendant les repas ou simplement échanger dans la langue du foyer sont autant de gestes qui participent à la transmission du patrimoine linguistique.
Les grands-parents ont eux aussi une place précieuse. Ils sont souvent les gardiens d'un vocabulaire, de proverbes et de récits qui risquent de disparaître si personne ne les transmet aux plus jeunes.
L'école peut accompagner ce travail. Elle peut apprendre à lire et à écrire la langue, enrichir le vocabulaire des élèves et développer leurs compétences. Mais elle ne remplacera jamais les conversations du quotidien, les rires en famille ou les histoires racontées au coin d'une cour.
Préserver une langue est une responsabilité collective. Les pouvoirs publics, les enseignants, les chercheurs, les médias, les écrivains et les associations ont chacun un rôle à jouer. Mais tout commence par une décision simple : oser parler sa langue à ses enfants.
Car une langue que l'on n'utilise plus à la maison finit souvent par disparaître, même si elle est enseignée à l'école.
Dans le dernier numéro de cette série, nous poserons la question qui résume tout le débat : le Bénin est-il réellement prêt à intégrer durablement les langues maternelles dans son système éducatif ? Nous reviendrons sur les défis, les opportunités et les conditions nécessaires pour transformer cette ambition en réalité.