18/05/2026
IDAHOT 2026 -Afrique de l’Ouest
AU CŒUR DE LA DÉMOCRATIE
Nos existences sont politisées.
Les sociétés véritablement démocratiques doivent être fondées sur une équité, une liberté et une justice significatives pour toutes les personnes. La démocratie ne peut s’épanouir pleinement que si chacune et chacun peut exercer ses droits sans crainte de discrimination ou de violence.
Pourtant, en Afrique de l’Ouest, voici ce qui se passe.
L’universalité des droits humains recule.
Des lois excluantes ciblent les minorités et affaiblissent l’État de droit. Ces mesures réduisent l’espace civique et aggravent les inégalités globales. Les personnes LGBTQI+ , trans, intersexes, non binaires, g**s, lesbiennes, bisexuelles , en paient le prix le plus lourd.
Quand l’État de droit recule pour une partie de la population, il recule pour tous.
🇸🇳 SÉNÉGAL -Mars 2026
12 hommes arrêtés à Dakar pour “actes contre nature”. 5 ans de prison encourus. Le 12 mars 2026, le Parlement vote pour doubler les peines : jusqu’à 10 ans de prison pour homosexualité. Toute “promotion” des droits LGBTQ+ devient un délit , médecins, journalistes, défenseurs des droits humains inclus. L’ONU exhorte le président à ne pas promulguer. Il promulgue quand même.
Ce n’est pas de la démocratie. C’est de la répression.
🇬🇭 GHANA -2024–2026
En 2021, 21 militants LGBTQ+ arrêtés illégalement pour avoir tenu une réunion d’éducation aux droits humains. En 2026, le Parlement relance un projet de loi imposant jusqu’à 3 ans de prison à quiconque s’identifie comme LGBTQ+. Parents, enseignants, médecins et journalistes qui les soutiennent : criminalisés. Chaque citoyen ghané devrait signaler à la police tout comportement perçu comme “LGBT”.
Ce n’est pas de la démocratie. C’est de la persécution.
🇧🇫 BURKINA FASO -Septembre 2025
Le 1er septembre 2025, un parlement de transition non élu , 71 membres , vote à l’unanimité une loi criminalisant pour la première fois les relations homosexuelles : 2 à 5 ans de prison, amendes jusqu’à 15 000 euros. Les étrangers sont expulsés. La communauté LGBTQ+ décrit une “chasse aux sorcières” et une autocensure totale. Ce pays n’avait jamais eu de telle loi.
Ce n’est pas de la démocratie. C’est un coup d’État contre les corps.
🇲🇱 MALI - Novembre 2024
Le Mali criminalise les relations homosexuelles et leur “promotion” en novembre 2024 , pays qui n’avait jamais disposé d’une telle loi. Adoptée par une junte militaire au pouvoir depuis un coup d’État, sans débat démocratique, sans consultation populaire.
Ce n’est pas de la démocratie. C’est une junte qui légifère sur les corps.
🇳🇬 NIGÉRIA - Continu
Dans le nord du pays, la peine de mort s’applique légalement aux personnes LGBTQ+. Dans tout le pays, les personnes trans et intersexes n’ont aucune protection, aucun recours. Exister en dehors des cases binaires, c’est n’exister nulle part.
Ce n’est pas de la démocratie. C’est l’invisibilité érigée en loi.
Nos existences sont politisées ,pas par choix, mais parce que la politique s’est emparée de nos corps.
Ce 17 mai et tous les jours , nous le disons clairement :
tant que nos existences sont débattues,
nous serons au cœur de la démocratie.