13/02/2026
Le paysage médiatique burundais reste contraignant en 2025
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Le Centre pour la promotion de l’information et du développement ( ) a rendu public le rapport sur le paysage médiatique du Burundi en 2025. Cette activité a eu lieu le 10 février 2026 à à travers une conférence de presse. Le document dresse un état des lieux de la liberté de la presse, des conditions de travail des journalistes et du fonctionnement du secteur des médias dans le pays.
D’après ce rapport, l’environnement médiatique burundais continue de se fragiliser. Le a reculé dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières, occupant la 125ᵉ place sur 180 pays, soit une baisse de 17 positions par rapport à l’année précédente. Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions de l’espace civique observées depuis la crise politique de 2015, période durant laquelle plusieurs médias indépendants ont fermé ou ont vu leur marge d’action se réduire.
Au Burundi, la radio demeure la principale source d’information pour la population, tandis que les médias en ligne gagnent progressivement en visibilité, surtout en milieu urbain. Toutefois, le secteur reste confronté à des difficultés structurelles importantes, notamment la précarité financière des organes de presse, les faibles salaires des journalistes et les contraintes logistiques liées à la pénurie persistante de carburant. Ces facteurs ont fortement limité les reportages de terrain et affecté la qualité de la couverture médiatique.
Le rapport relève également plusieurs incidents préoccupants concernant la sécurité des journalistes. Parmi les faits marquants de l’année figure l’agression du journaliste W***y Kwizera, de la radio FM, en avril 2025 à l’Université du Burundi. Des situations pareilles contribuent à un climat d’intimidation et favorisent l’autocensure dans les rédactions.
Le rapport mentionne des suspensions de programmes, des convocations de responsables de médias et des retards dans la délivrance des cartes de presse, autant de facteurs perçus comme des pressions administratives sur les médias indépendants.
La couverture des élections législatives de juin 2025 constitue un autre point important du rapport. Si les médias ont largement relayé les activités officielles, leur capacité à couvrir l’ensemble du processus électoral a été limitée par des difficultés d’accès au terrain et par le contexte économique. Certaines dispositions du code électoral relatives à la publication des résultats ont également suscité des inquiétudes dans la profession.
Malgré ces défis, le CEPID note quelques signaux encourageants, notamment certaines prises de position du Président de la République en faveur de la transparence et du rôle des médias. Néanmoins, l’organisation estime que les progrès concrets restent limités.
Le CEPID recommande ainsi, à travers ce rapport, de renforcer la sécurité des journalistes, d’améliorer l’accès à l’information publique, de clarifier la régulation du secteur, d’améliorer les conditions professionnelles et de poursuivre le dialogue entre autorités et médias afin de consolider la liberté de la presse au Burundi.