28/07/2025
Vive l'UGEB et ses sections!
Union Générale des Etudiants Burkinabè
UGEB
Email : [email protected]
Ouagadougou, le 28 juillet 2025
Déclaration à l’occasion du 65e anniversaire de l’UGEB
Ce 27 juillet 2025 marque le 65e anniversaire de notre Union. Le 27 juillet 1960, les étudiants voltaïques de Dakar et de France se réunissaient à Ouagadougou pour créer l’Union Générale des Etudiants Voltaïques (UGEV) devenue en 1985 l’UGEB.
Camarades étudiantes et étudiants,
La commémoration de cet anniversaire intervient dans un contexte international marqué par l’exacerbation de la crise du système capitaliste impérialiste qui se caractérise par l’aiguisement des trois contradictions fondamentales de notre époque avec pour corolaires la montée de la guerre et de la réaction au plan mondial et africain.
La situation nationale de notre pays est la plus préoccupante avec la persistance de la guerre civile réactionnaire en cours imposée à notre peuple par les puissances impérialistes et leurs relais locaux dont les groupes armés terroristes et leurs alliés. Le MPSR2 continue, au nom de la lutte contre le terrorisme, l’application de la politique restrictive des libertés démocratiques et syndicales.
La situation dans nos universités au fil des années et au fur et à mesure que les régimes se succèdent ne connait guère d’amélioration. Elle se dégrade de façon vertigineuse avec la continuation des politiques d’ajustements structurels entreprises par les différents pouvoirs néocoloniaux qui se sont succédés jusqu’à ce jour. Sur le plan académique, le re**rd et les chevauchements continuent de gangrener nos universités.
A l’Université Joseph KI-ZERBO (UJKZ), l’Université N**i Boni (UNB) et l’Université Norbert Zongo (UNZ) se chevauchent au moins trois années académiques (2022-2023, 2023-2024, 2024-2025). Cela traduit du même coup la réalité du re**rd que les autorités ont tenté de masquer avec le bilan du plan de résorption et la rentrée des nouveaux bacheliers en octobre 2024.
Après l’échec du plan de résorption des re**rds et les annonces pompeuses sur la rentrée des étudiants de la promotion 2024, les autorités ambitionnent reconduire de façon autoritaire les mêmes mesures. Il est important de rappeler aujourd’hui que le plan de résorption des re**rds a conduit au bâclage de la formation et à des taux d’échec catastrophiques. En exemple, à l’Université Daniel Ouezzin COULIBALY où la mesure a été imposée dans la répression, la promotion de Lettres modernes 2023 au semestre3 en session de rattrapage a obtenu 127/512, au semestre1 et 2 de la promotion 2024 en session normale, on a enregistré respectivement 52/377 et 60/722. En réalité, la résorption des re**rds chantée depuis des lustres par les autorités ministérielles et universitaires cache la poursuite de l’application des politiques néolibérales dans l’enseignement supérieur dont l’objectif est la limitation de l’accès au savoir dans les universités publiques au profit du privé.
Sur le plan social, la clochardisation des étudiants se poursuit avec la volonté affichée de restreindre les bases d’octroi des allocations sociales. Le contingentement des plats au niveau des restaurants universitaires, le faible nombre de bus pour le transport des étudiants et le nombre de chambre très limité en cité universitaire continuent d’être renvoyés aux calendes grecques. La suspension des bourses des étudiants burkinabè de Dakar en situation de re**rd est un fait illustratif de cette réalité.
Sur le plan des libertés, face aux exigences des étudiants de meilleures conditions de vie et d’études les autorités universitaires et ministérielles brandissent la mesure d’exclusion des universités ou tout simplement l’envoi au front de bataille. A ces difficultés, s’ajoute l’impact de la guerre à travers le nombre croissant d’étudiants déplacés interne (EDI), et les attaques directes des universités comme ce fut le cas le 19 juillet 2025 sur le site de l’Université Yembila Abdoulaye TOGUEYINI de Fada.
Camarades étudiantes et étudiants,
La commémoration du 65e anniversaire de l’UGEB est le couronnement de sacrifices immenses de nos devanciers qui ont lutté pour sa création, sa préservation et son renforcement. En refusant toute compromission avec les différents pouvoirs néocoloniaux, ses militants ont subi et continuent de subir la furie répressive de ces derniers. Nous rappelons entre autres :
✓l’interdiction de son congrès constitutif, son premier congrès et la parution de son organe d’information, jeune volta sous le pouvoir de Maurice YAMEOGO ;
✓la tentative de liquidation avec la répression académique de plus de 600 étudiants sous le pouvoir du général Aboubacar Sangoulé LAMIZANA ;
✓l’interdiction des manifestations sous le pouvoir de Saye ZERBO ;
✓la persécution de SOME Bohir ; alors président de l’ANEB, contraint à l’exil où il trouva la mort, les coupures de bourses, les levées des assemblées générales, le saccage de son siège, les exclusions, les tortures et autres menaces d’exécution des militants sous le pouvoir du Capitaine Thomas SANKARA ;
✓la répression sanglante de mai 1990 ayant conduit à la mort de DABO Boukary et à des enrôlements forcés de militants dans l’armée, l’emprisonnement des responsables et de certains militants de la section de Ouaga à l’occasion entre autres des luttes de 1997, 2002, 2008 et 2013, l’exclusion des militants en 2010 à Bobo-Dioulasso et 2012 à Koudougou sous le pouvoir du Capitaine Blaise COMPAORE ;
✓l’annulation en 2017 à Ouagadougou des résultats des deux semestres du camarade BAHAN Yénilo qu’il avait validés, l’exclusion du président de la section de Bobo-Dioulasso, YODA Moubarack en 2021 et la répression sanglante de janvier 2022 à l’UNB sous le pouvoir de Roch M.C. KABORE ;
✓l’exclusion des camarades de Fada et du camarade POODA Eustache de l’Université Daniel Ouézzin Coulibaly (UDOC) en 2024, l’enlèvement, la séquestration, les tortures et l’enrôlement forcé des militants dans les rangs des VDP en 2024 par le pouvoir du capitaine Ibrahim TRAORE.
L’histoire de notre Union se rapporte également à celles de grandes luttes et de grandes victoires qui ont permis de rendre l’université publique accessible aux enfants des couches populaires. Les militants de l’UGEB doivent être fiers d’appartenir à cette école patriotique et révolutionnaire, creuset de formation intellectuelle et d’élévation du niveau de conscience politique. Aujourd’hui comme hier, beaucoup d’intellectuels progressistes et révolutionnaires qui font la fierté de notre peuple ont fait leurs armes au sein de l’Union.
C’est donc à juste titre que le représentant du REN-LAC disait à la cérémonie de clôture du 31e congrès de l’UGEB ceci : « Au-delà de cette longévité, l’UGEB, pépinière de la plupart des progressistes et révolutionnaires de ce pays, a dans sa gibecière de nombreux hauts faits d’armes et d’acquis. Elle constitue l’une des fiertés de notre pays ; ce qui la démarque de nombreux pays d’Afrique. A tel enseigne que je dirai qu’un burkinabé qui a eu la chance de faire des études universitaires et qui n’a pas pensé à militer à rater la chance de sa vie. Soyez donc heureux d’être aujourd’hui des militants de l’UGEB ».
Notre Union doit sa longévité et sa constance à sa juste orientation patriotique et révolutionnaire. Cette boussole lui a permis de rester constante dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie et d’étude pour demeurer l’organisation authentique de lutte des étudiants. Par-delà, elle lui a permis de rester aux côtés de notre peuple dans sa lutte pour le pain et la liberté en évitant de tomber dans l’opportunisme politique. 65 ans après, les militants de l’UGEB doivent relever le défi majeur de la lutte pour sa défense, sa préservation et sa réadaptation aux mutations de l’enseignement supérieur dans notre pays. C’est pourquoi nous devons élever l’esprit de sacrifice, s’armer de courage et de détermination pour les luttes à venir. Cette commémoration est l’occasion pour l’UGEB de :
✓appeler les étudiants à rejoindre ses rangs à travers ses sections pour la défense de leurs intérêts matériels et moraux ;
✓rendre hommage à toutes les générations d’étudiants, aux anciens militants de l’UGEB qui ont construit et entretenu cette forteresse qu’est l’UGEB dont nous héritons aujourd’hui ;
✓féliciter particulièrement les anciens militants qui après avoir passé le flambeau continuent la lutte aux côtés de notre peuple pour le pain et la liberté. Elle s’incline respectueusement devant la mémoire de ceux, parmi eux, qui ont rendu leur dernier souffle ;
✓traduire sa reconnaissance à notre peuple pour son soutien constant durant ses 65 ans de vie et de lutte.
En rappel, cette année se tiendra courant août le 32e congrès de l’UGEB. Le Comité Exécutif appelle l’ensemble des étudiants à faire de cet événement un succès.
Hommage aux pionniers et à tous les anciens militants de l’UGEB !
Vive le 65e anniversaire de l’UGEB !
Vive l’UGEB !
Pain et liberté pour le Peuple
Le Comité Exécutif