18/04/2026
Conférence. Douter, désobéir, résister
La salle Electrabel était comble hier vendredi pour entendre l’évocation de la résistance 39 – 45 à Francorchamps et à Stavelot organisée dans le cadre du programme « Laïcité et Mémoire ». Les recherches ont permis de retrouver deux cent septante noms de résistants et de résistantes. Malgré un danger omniprésent où de nombreux délateurs se mêlaient aux forces d’occupation, leurs actions furent multiples : aide à l’évasion des réfractaires, des prisonniers évadés et des aviateurs alliés, diffusion de la presse clandestine, collecte et transmission de renseignements, sabotages, exécution de collaborateurs, préparation de la libération et soutien à la 1re armée américaine en 1944,… Il est indéniable qu’ils ont participé à la défaite de la dictature nazie et que leur souvenir peut servir d’exemple puisque leurs motivations doivent être les nôtres : la fraternité, le rejet du fascisme, l’attachement à la liberté, à la justice et à la sécurité, l’indignation morale, la défense de la vérité. On constate assez peu de différences entre la résistance à Francorchamps et celle à Stavelot, si ce n’est que celle-là est née dans l’administration communale alors que celle-ci vit le jour au sein du monde ouvrier d’une part, parmi le personnel éclairé de l’enseignement public d’autre part.
Comme septante-deux de ces résistants et résistantes connurent les camps n***s, marqués du triangle rouge des prisonniers politiques, la conférence a permis d’entendre d’émouvants témoignages laissés par quelques-uns de ceux qui survécurent. Fut aussi évoqué le rôle de garçons et des filles de 14, 15 et 16 ans qui participèrent à ce mouvement de rébellion. Et plusieurs figures oubliées furent citées, des femmes principalement, dont Antoinette Desonnay de Renardmont, une résistante progressiste et féministe qui devint en 1949 l’une des premières députées de Belgique.
Cette évocation de la résistance locale voulait combattre l’oubli, mais sans dolorisme. « Je ne suis pas une victime, je suis un résistant », a proclamé Madeleine Riffaud. Et, dans le journal clandestin Combat, Albert Camus écrivit : « Nous n’avons pas besoin de bénédiction hypocrite, pas besoin de servir le culte de la souffrance, nous avons seulement à la surmonter. » Et à prévenir celle de demain.
A signaler que le 8 mai la Ville de Stavelot inaugurera une stèle en hommage à la Résistance et que le 23 la Maison de la Laïcité organisera la visite du fort e tdu musée de la Résistance à Huy.