28/10/2025
La droite vient d'endurer un quadruple accident industriel, avec l'affaire de cette jeune animatrice de média qui se plaignait d'avoir reçu un courrier de son syndicat (la CSC) l'avertissant qu'elle risque d'être exclue du chômage l'année prochaine. Elle pensait que l'information était fausse et que son syndicat — qu'elle accusait de «propagande de peur» (sic) — cherchait à la «manipuler» (re-sic), en l'incitant indûment à manifester.
La CSC a réagi aujourd'hui en confirmant que l'information est malheureusement bel et bien correcte : cette dame risque d'être exclue de ses droits au chômage l'année prochaine. Le courrier, qui visait à l'aider à trouver des solutions, était donc plus que pertinent.
NB : cette personne me semble être dans une situation de fragilité, raison pour laquelle il me semble préférable de n'exposer ni son nom ni son image — je floute donc l'information dans la saisie d'écran ci-dessous.
Cette affaire, ce quadruple accident industriel, agit comme un puissant révélateur de ce qui est évident à tout observateur impartial mais que la droite refuse de voir en face, dans un exemple typique de fausse conscience.
Détaillons :
1. Les médias de droite ne recoupent pas suffisamment leurs sources (sans quoi, c'est bien simple, il n'y aurait eu aucun emballement médiatique autour de cette pauvre dame). Lorsqu'ils ont une opportunité de décauser les syndicats, ils foncent tête baissée… et se retrouvent bien souvent le bec dans l'eau. Conclusion : trouvez de meilleures sources pour vous informer !
2. Les médias sous-paient tellement leurs pigistes (qu'ils soient journalistes ou, donc, «animateurs») que ceux-ci dépendent du chômage pour survivre. Conclusion : il serait grand temps qu'une action syndicale puissante remette un peu d'ordre dans ce secteur, pour le bénéfice des journalistes (et pas que des journalistes d'ailleurs) et de leur statut social — mais aussi pour celui de notre information (cf. point 1).
3. Les exclusions du chômage sont loin — très très loin — de concerner uniquement des personnes désaffiliées, éloignées du monde du travail, comme l'infâme, l'abject, l'immonde Clarinval (désolé d'insister, mais ça soulage) lui-même en est manifestement persuadé. La réalité, c'est que le travail a été tellement déchiqueté, découpé en petits morceaux, que d'innombrables travailleurs sont concernés par les exclusions à venir. Conclusion : Clarinval est un incompétent, qui ne comprend même pas sa propre réforme antisociale. Il est vraiment plus que grand temps de le dégager, lui et ses semblables, de responsabilités qui sont manifestement bien trop grandes pour eux.
4. Les syndicats défendent activement et utilement leurs affiliés et les travailleurs en général, malgré l'invraisemblable tir de barrage qu'ils essuient pour le moment. Et ça dérange énormément les petits larbins qui sont au volant du rouleau-compresseur néo-libéral. Conclusion : syndiquez-vous d'urgence si ce n'est pas encore fait.
J'ajoute que si je suis affilié à un syndicat (la FGTB, pour ce qui me concerne), j'attends de lui qu'il m'informe — bien plus qu'il ne le fait actuellement, d'ailleurs — des actions de lutte qu'il met en place ou qu'il soutient. Si je suis syndiqué, c'est pour défendre activement et collectivement mes droits de travailleur. Et plus la droite fait mine de trouver ça illégitime, plus j'ai envie de m'impliquer.
Vive l'action collective et vive la sociale !
[Et comme dirait l'autre : «partager, c'est sympa !»]
De la lutte à mener contre ce gouvernement et de bien d'autres choses, nous parlerons le 23 novembre, dans le premier épisode du Pepper Club Podcast. J'espère avoir le plaisir de compter sur votre présence : https://www.facebook.com/events/790694690450516