27/02/2025
Comment nourrir des milliers d’enfants chaque jour avec des repas sains, durables et issus des circuits courts ? Cette question, qui semble complexe, a trouvé une réponse concrète à Liège grâce au travail mené par ISOCL et son coordinateur, Arcadipane. Depuis quatre ans, cette intercommunale a réussi à transformer en profondeur la manière dont sont préparés et distribués les repas scolaires. Et si ce modèle inspirait Charleroi-Métropole ?
À Liège, Isosl produit environ 12 000 repas par jour, dont 4 000 sont livrés dans des écoles et crèches. Face aux enjeux de malnutrition, d’obésité infantile, de pression foncière et de rémunération des producteurs locaux, l’intercommunale a engagé une réforme de grande ampleur.
L’objectif : chaque assiette doit être 100 % durable d'ici 2025. Pour y parvenir, plusieurs stratégies ont été mises en place :
🔹 Repenser les marchés publics : Les appels d’offres ont été modifiés pour favoriser les producteurs locaux et éviter les fournisseurs pratiquant le greenwashing. Désormais, les critères de sélection intègrent la saisonnalité, la traçabilité, les labels bio ou équitables, et le circuit court.
🔹 Adapter les menus aux produits de saison : En collaboration avec les diététiciens et cuisiniers, les repas ont été adaptés en fonction de l’offre locale. Résultat ? Moins de viande industrielle (1 à 2 repas végétariens par semaine au lieu d’un par mois) et une meilleure qualité nutritionnelle.
🔹 Lutter contre le gaspillage alimentaire : Des outils numériques ont été mis en place pour optimiser les commandes et la gestion des stocks. Avant la réforme, près de 50 % de la nourriture partait à la poubelle dans certaines écoles. Aujourd’hui, grâce à une meilleure planification, ce chiffre a fortement diminué.
🔹 Sensibiliser élèves, enseignants et parents : Des supports pédagogiques ont été développés pour expliquer l’importance de cette transition alimentaire. L’engagement des écoles et des familles a permis de faciliter l’acceptation des changements.
Si un tel projet a été possible à Liège, il peut l’être tout autant sur le territoire de Charleroi-Métropole. Le territoire bénéficie d’un fort potentiel agricole, d’une volonté politique en faveur de la transition alimentaire et d’une dynamique associative engagée sur ces questions. Alors, comment appliquer ce modèle ?
✅ Modifier les marchés publics pour favoriser les circuits courts : Les appels d’offres doivent être repensés pour exclure les intermédiaires inutiles et privilégier les producteurs locaux.
✅ S’appuyer sur les agriculteurs et coopératives locales : Charleroi-Métropole dispose d’un tissu agricole varié. Des partenariats peuvent être noués avec des maraîchers, des éleveurs et des boulangers locaux pour garantir un approvisionnement stable.
✅ Former les cuisiniers et le personnel scolaire : Adapter les pratiques nécessite un accompagnement : des formations sur la cuisine de saison, la gestion des stocks et la réduction du gaspillage sont indispensables.
✅ Déployer une application de gestion des repas : Inspirée du modèle Easy-Achat utilisé à Liège, une solution numérique permettrait d’optimiser les commandes et d’éviter le surstockage.
Il ne manque qu’un élément clé pour réussir tout cela : une volonté politique forte et une mobilisation des acteurs locaux.
Et si on passait à l’action ?