17/04/2026
📌 𝐇𝐈𝐒𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐑É𝐒𝐈𝐒𝐓𝐀𝐍𝐓·𝐄·𝐒
𝟓/ 𝐋𝐞𝐬 𝐦𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢é𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑é𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞
Je suis un des bénévoles chargés de l’encodage des dossiers de reconnaissance du statut de résistant armé introduits dans la foulée de la Libération.
À la lecture de ces différents documents, me viennent à l’esprit quelques réflexions à propos de celles et ceux qui se virent refuser cette reconnaissance mais mon propos se veut généraliste et je ne prendrai dès lors pas d’exemples précis.
Ils sont nombreux celles et ceux qui, parfois bien t**divement, introduiront leur demande qui sera, forcément, refusée pour forclusion. Peut-on leur reprocher leur négligence ? Au sortir des cinq longues années de guerre, ces personnes voudront peut-être oublier au plus vite cette période de dangers, de privations, de vie sous un joug passé maître dans la terreur au quotidien. Mais nous connaissons également les cas de personnes qui ne revendiqueront rien d’autre que le fait d’avoir fait leur devoir et qui, forcément, n’apparaissent pas dans les dossiers mais dans la littérature ou la documentation générale.
Il y aura aussi les veuves qui, au décès de leur mari, apprendront leur passé de résistant et introduiront, tout aussi t**divement, une demande qui, comme les précédentes, seront frappées de forclusion.
Que doit faire la personne dont le recruteur et seul contact a disparu, abattu ou déporté Nacht und Nebel dans un camp dont il ne revint pas ? Les commissions de contrôle qui gèrent ces demandes ne demanderaient sans doute pas mieux que les reconnaître mais elles ont des consignes : il faut l’attestation d’un recruteur et que celui-ci en ait réellement le pouvoir. Pas d’attestation ? Pas de reconnaissance. « Et pourtant, j’ai porté des armes, des explosifs entre ici et là, au péril de ma vie. »
Se rencontre aussi le cas problématique de la personne qui a résisté seule, dans son coin, en donnant ponctuellement des coups de main à un tel ou une telle, en acceptant de porter un paquet de journaux clandestins à un endroit précis mais tout cela sans être inscrite ou répertoriée dans les archives d’un mouvement reconnu.
Enfin, que peut faire une personne « abusée » par un « recruteur » qui n’en n’avait pas le pouvoir ?
Il existe donc des personnes qui ne pourront jamais prétendre à une quelconque reconnaissance. Combien sont-elles ? Impossible à dire.
Tandis que d’un autre côté, nous rencontrons des personnes qui peuvent prétendre à cette reconnaissance sans en avoir trop fait… Oui, il y eut des « ouvriers de la onzième heure ». Oui, une partie d’entre eux fut reconnue.
Le nombre de dossiers à traiter puis à contrôler fut tellement énorme qu’il est humainement compréhensible que des personnes « passèrent entre les gouttes ». Difficile à comprendre ? « Errare humanum est ».
Toutes ces réflexions proviennent de cas rencontrés dans les milliers de pages encodées, jour après jour. (Jean-Marie, bénévole)
À 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐬𝐬𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐫é𝐬𝐢𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭·𝐞·𝐬 ?
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➡ Illustrations : © CegeSoma/Archives de l’Etat