Save Bergoje Trees

Save Bergoje Trees For the preservation of the urban forest on the 'Bergoje' hill in Auderghem

02/04/2026
20/03/2026

📣 Communiqué de presse 20 mars 2026
👩‍⚖️ Suspension de l’urbanisation des espaces naturels non-bâtis d'au moins 0,5 Ha à Bruxelles: la Région fait appel, We Are Nature demande des astreintes

En ligne ici: https://wearenature.brussels/suspension-de-lurbanisation-des-espaces-naturels-non-batis-dau-moins-05-ha-a-bruxelles/

👉 Résumé : La Région indique faire appel du jugement du 29 octobre 2025 imposant un moratoire sur la destruction des espaces naturels d'au moins 0,5 Hectare. Le gouvernement avait annoncé une circulaire interprétative de ce jugement, qui n'est visiblement pas produite. Pour rappel, la Région a déjà été condamnée trois fois pour insuffisance de sa politique climatique. We Are Nature formera un appel incident, pour confirmer sa demande et développer de nouveaux moyens juridiques. We Are Nature constate en outre que la Région ne respecte pas entièrement le jugement et demande des astreintes au tribunal. Un huissier a été mandaté le 16 mars 2026 pour citer à nouveau la Région à comparaître devant le tribunal de première instance.

*

✋ Ce vendredi 20 mars 2026, la Région bruxelloise, par la voix de sa Secrétaire d'état à l'aménagement du territoire et de l'urbanisme Audrey Henry (MR), indique faire appel du jugement rendu par le tribunal de première instance francophone le 29 octobre 2025. La secrétaire d'état indique sa volonté de clarifier l'interprétation et la portée du jugement.
🧐 Dans sa déclaration de politique régionale, le gouvernement avait pourtant affirmé : « [le gouvernement] adoptera en outre une circulaire interprétative de la portée du jugement pour poursuivre l’instruction des demandes de permis et prolongera ou suspendra les délais d’octroi des permis pour les sites concernés. ».1 Cette circulaire n'est visiblement pas produite.

1️⃣ La région bruxelloise ne respecte pas ses obligations climatiques et n'est pas en mesure de faire face aux conséquences de l'élévation des températures

🙈 L'Appel de la Région n'est pas une surprise, mais est regrettable dans la mesure où il témoigne à nouveau de la volonté de la Région de se soustraire à ses obligations climatiques, et de continuer à détruire les espaces naturels et les sols vivant à Bruxelles.
🌡️ Ceux-ci sont pourtant indispensables pour que la Région puisse s’adapter aux impacts croissants du changement climatique, et à leur conséquences sociales, sanitaires et économiques qui seront payées durement par les bruxellois.e.s, singulièrement les personnes précarisées vivant dans les quartiers les plus minéralisés.

👎 Pour rappel, outre le jugement du 29 octobre 2025 condamnant la Région à arrêter de détruire les espaces naturels d'au moins 0,5 ha tant qu'elle ne s'est pas dotée d'une stratégie d'adaptation au changement climatique, la Région a déjà été condamnée deux fois pour l'insuffisance de sa politique climatique. En première instance et en appel dans « l'affaire Climat », les tribunaux ont déjà jugé que Bruxelles ne respecte ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

2️⃣ We Are Nature formera un appel incident

😞 We Are Nature regrette la décision du gouvernement d’interjeter appel du jugement alors même que la circulaire promise n'a pas vu le jour et que la Région ne respecte pas ses obligations climatiques.

🤨 La décision du gouvernement n'est cependant pas en elle-même une mauvaise nouvelle pour les 1330 bruxellois.e.s qui se sont joints à la cause.

⏹️▶️ Le procès en appel étant une procédure entièrement renouvelée, We Are Nature formera un appel incident lors des échanges de conclusions, qui lui permettra de confirmer sa demande et de développer de nouveaux moyens juridiques.

⌛️ Les délais porteront probablement l'issue de ce procès en appel en 2027 ou 2028. Le prochain PRAS a été annoncé par le précédent gouvernement en affaire courante pour l'année 2029.

⏳ Entre-temps, le jugement du 29 octobre 2025 s'applique, et la Région ne peut pas urbaniser ou imperméabiliser les sites non-bâtis d'au moins 0,5 Ha.

3️⃣ La Région ne respecte pas entièrement le jugement : We Are Nature demande des astreintes au tribunal

📩 L'annonce de cet appel intervient alors que We Are Nature demande au tribunal d'imposer des astreintes à la Région pour qu'elle respecte entièrement le jugement du 29 octobre 2025. Un huissier a en effet été mandaté le 16 mars 2026 pour citer la Région à comparaître à nouveau devant le tribunal de première instance, où seront sollicitées des astreintes de 250.000 euros par site ou terrain de plus de 0,5 ha sur lequel des travaux d’urbanisation ou d’imperméabilisation seraient entrepris avant l’échéance du moratoire fixée par le tribunal au 31 décembre 2026.

⚠️ Depuis le prononcé de ce jugement, plusieurs éléments objectifs établissent en effet la volonté de la Région de ne pas le respecter :
❌ Aucune mesure générale, législative ou réglementaire n’a été prise, ni même initiée, pour assurer l’effectivité du moratoire imposé par le tribunal,
❌ Le fonctionnaire délégué de la Région de Bruxelles-capitale continue de délivrer des permis d’urbanisme autorisant l’urbanisation de sites et terrains non bâtis de plus de 0,5 ha.
❌ La Région n’a pris aucune mesure pour empêcher, après le prononcé du jugement, la mise en œuvre de permis délivrés avant le moratoire.

⚖️ Ainsi, alertée par des citoyens, We Are Nature a du lancer une procédure distincte pour faire stopper le chantier d'imperméabilisation d'une grande partie du parc Solvay qui fait plus d'un demi-hectare et qui n'était pas imperméabilisé. Alors même que la société « Aspria », propriétaire du site, ne dispose semble-t-il pas de permis d'urbanisme valable pour réaliser ces travaux.

🌳 La Région n’a pas non plus pris de mesure pour empêcher la mise en œuvre du permis d’urbanisme autorisant la démolition d’une serre et de trois remises de jardin en fond de parcelle et la construction d’un immeuble de 11 appartements avec emplacements de parking en sous-sol sur la parcelle rue de la Rive 57 à Woluwe-Saint-Lambert.

😡 La Région n’a pas non plus pris les mesures nécessaires pour empêcher ou arrêter le chantier de la construction d’un mini-golf sur le site de l’ancien hippodrome de Boitsfort, le « Brussels Drohme Golf Club » ayant annoncé le début du chantier sur sa page Facebook le 10 mars 2026.

⛓️‍💥 Plus généralement, le nouveau gouvernement a indiqué en toutes lettres dans sa Déclaration de Politique Régionale n'avoir l'intention de respecter que très partiellement le jugement. Il se propose ainsi d'avoir décidé du sort de nombreux terrains publics (dont le Champ des Cailles, le champ des Dames Blanches et le Bempt) avant l'adoption du prochain PRAS, alors même que le jugement lui impose de suspendre leur urbanisation et leur imperméabilisation jusqu’à l’adoption du PRAS pour, d’une part, « atténuer le risque d’aggravation du dommage résultant des effets néfaste du changement climatique » et pour, d’autre part, « intégrer utilement le devenir de ces sites particuliers dans la réflexion qui doit être menée, en concertation avec le public notamment, dans le cadre de la révision du PRAS » (jugement, p. 44).2

💶 Les astreintes sont demandées pour dissuader la Région de continuer à ignorer le jugement et sa portée. Les montants sollicités (250.000 euros par infraction, portés à 500.000 euros pour les projets ayant une superficie plancher > 1000 m²) représente une petite proportion des budgets généralement engagés en matière de projets urbanistiques.

Illustration: le Keelbeek libre, 2016.

20/02/2026

Les associations dénoncent également le rejet, le 9 février 2026, par le Parlement bruxellois, d’une proposition d’ordonnance visant à instaurer un moratoire sur l’urbanisation de certaines friches urbaines jugées essentielles à la biodiversité. Elles estiment que la promesse récente de sanctuariser trois sites, représentant un peu plus de 11 hectares, soit 0,07 % du territoire régional, reste largement insuffisante au regard des enjeux.
👉 https://cityne.ws/riJyH

03/12/2025

📣 Il est temps de reprendre le contrôle démocratique du marché immobilier

🧐 "C'est bien en vertu des lois et de la science qu'un tribunal a ordonné à la Région de suspendre de l'urbanisation et l'imperméabilisation des sites et terrains non bâtis à Bruxelles. N'en déplaise à certains qui mettent en cause la légitimité du juge, de la justice, et des citoyens à agir en justice."

✍️ Carte blanche collective du mouvement environnemental bruxellois. Merci à La Libre de nous avoir ouvert ses colonnes.👇

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Nous avons lu sans surprise mais avec consternation la carte blanche signée par un avocat en droit de la construction immobilière, parue le 10 novembre dans ces colonnes.
Le spécialiste du droit immobilier y revient sur l'arrêt du tribunal de première instance francophone bruxellois du 29 octobre dernier, qui interdit à la Région de Bruxelles-Capitale d'urbaniser et d'imperméabiliser les espaces non bâtis d'au moins un demi hectare jusqu'à ce que la Région ait adapté son Plan Régional d'Affectation du Sol aux effets du changement climatique, et au plus t**d le 31 décembre 2026.

Un jugement historique

Contestant ce jugement historique – c'est la première fois dans le monde qu'un tribunal ordonne un moratoire sur la destruction des sols à l'échelle d'une ville entière –, l'avocat n'hésite pas à remettre en question le rôle de la justice ("Voir, dans ces conditions, le pouvoir judiciaire intervenir de manière aussi tranchée interroge sa légitimité"), à questionner la légitimité du juge ("Le jugement du 29 octobre 2025 est, par ailleurs, l'œuvre d'un seul magistrat […]. Or, un magistrat de carrière ne dispose ni de la légitimité puisée de l'élection ni des ressources d'un parlement ou d'un gouvernement. Il est, comme tout citoyen, influencé par son expérience et ses valeurs personnelles."), et celle des citoyens d'agir en justice ("Comme d'autres avant lui, il [le jugement du 29 octobre 2025] pose la question de la légitimité de recours diligentés par quelques citoyens et associations.").

Le lecteur pourrait être tenté de prendre à la légère des propos si légers.

En tant qu'acteurs de la protection de la nature en Région bruxelloise, nous y voyons plutôt un prolongement regrettable des pratiques problématiques d'une industrie qui ne parvient pas à s'adapter à la réalité du changement climatique, qui continue de se comporter de manière écocidaire, et qui s'oppose à la plupart des avancées en matière d'effectivité du droit au logement.

Dans ce qui se transforme au fil des lignes en diatribe contre la justice, l'avocat néglige trois éléments pourtant essentiels à la compréhension du contexte et du jugement critiqué.

Une mobilisation citoyenne depuis des décennies

Premièrement, la mobilisation citoyenne et associative en Région bruxelloise pour défendre les derniers espaces naturels est constante et croissante depuis les années 80. Face au comportement écocidaire de l'industrie immobilière qui ne cesse d'accaparer les sols vivants et la biodiversité pour les détruire et les transformer en bâti financièrement rentable, un mouvement de fond a vu jour. Il agit sur tous les fronts pour faire valoir que la nature est précieuse en elle-même, et qu'elle est indispensable pour les bruxellois.e.s. : elle soutient leur bien-être et leur santé physique et mentale. Le jugement du 29 octobre n'est pas tombé du ciel. Il est la suite logique d'une mobilisation ample de plusieurs décennies.

Une position basée sur la littérature scientifique

Deuxièmement, les analyses citoyennes ne sont pas seulement basées sur l'expérience immédiate du territoire et sur les intérêts locaux, mais également sur un corpus extrêmement étoffé de littérature scientifique. Le GIEC et l'IPBES soulignent de manière limpide que la nature en ville est indispensable pour maintenir la biodiversité et simultanément réduire les impacts croissants du changement climatique, qui touche plus durement les villes dans lesquelles la population est concentrée. Le risque climatique ne peut pas être séparé de la destruction de la biodiversité. En détruisant simultanément l'équilibre climatique et les vivants non-humains, nous sommes en train d'hypothéquer profondément l'habitabilité de la planète, y compris à Bruxelles.

Il est également scientifiquement démontré que cet écocide se manifeste pour les humains sous forme de crise sociale et sanitaire. Ce sont les fondements sociaux de nos sociétés qui sont attaqués en même temps que la stabilité environnementale est rongée, comme nous avons pu le constater avec les inondations de la Vesdre en 2021, ou lors des canicules qui sont de plus en plus fréquentes, longues, intenses, et létales. Dans ces épisodes météorologiques extrêmes, ce sont toujours les personnes les plus vulnérables qui payent les premières, et qui payent le prix le plus élevé. Et parmi les personnes vulnérables, ce sont les personnes pauvres qui subissent la "double peine environnementale" : elles habitent dans les quartiers populaires où la nature manque le plus, où les logements sont moins bons, où les revenus sont plus faibles, et les problèmes plus grands, alors qu'elles sont les moins responsables de l'écocide.

Cela nous mène au troisième point : face à ces constats socio-écologiques clairs et accablants, les mobilisations des associations naturalistes ont été constantes. Elles n'ont cependant pas pu sortir le monde politique de ses effrayantes vicissitudes. Citoyens et associations voient continuellement leurs milieux de vie être dégradés par le béton qui ne cesse de couler sur la nature, tout en faisant exploser la "crise du logement" qui n'a jamais été aussi grave. Nous nous sommes donc tournés vers la Justice, après avoir mis le gouvernement bruxellois en demeure. En demeure de quoi ? D'une part de respecter ses propres engagements, puisque la Région a indiqué dans plusieurs de ses plans et stratégies officiels (le Plan de Gestion de l'Eau et le Plan Air-Climat-Energie notamment) qu'elle devait arrêter de détruire ses sols vivants et ses espaces naturels ; d'autre part, de respecter ses obligations climatiques, qui découlent de l'Accord de Paris et de la loi climat européenne. La Région bruxelloise a fait la sourde oreille, et nous l'avons donc citée à comparaître devant les tribunaux.

C'est bien dans la parfaite réalisation de sa mission que le tribunal a étudié les faits qui lui étaient présentés par l'ensemble du mouvement naturaliste bruxellois et 1330 citoyen.ne.s., et qu'il a appliqué la loi. Il est extraordinaire que ce soient les citoyens qui doivent rappeler à un avocat de l'industrie immobilière que l'Accord de Paris résulte d'un accord politique, tout comme la loi européenne, tout comme les plans régionaux, et que c'est bien sur base de ces dispositifs démocratiques que les citoyens ont saisi la Justice, et que la justice a été rendue. Il est hautement préoccupant que l'auteur du texte incriminé questionne dans la presse la légitimité du juge, de la justice, et des citoyens à agir en justice – rien que cela – tout en éludant l'entièreté du contexte qui motive le jugement du tribunal.

De tels propos témoigne de l'hubris qui caractérise cette industrie. Alors qu'elle a raté le tournant du changement climatique, elle continue d'être excessivement polluante, elle maintient sa volonté de détruire la biodiversité, les puits de carbone naturels, les solutions fondées sur la nature à Bruxelles. Ce faisant, elle affaiblit les capacités de résilience de la Région, elle contribue à la dégradation de nos lieux de vie, et elle dégrade la santé publique.

Pire, cette même industrie agit comme un seul homme en justice pour tenter de casser les timides avancées régulatrices du marché immobilier : contre le moratoire des expulsions domiciliaires hivernales, contre la lutte contre les loyers abusifs, contre la grille indicative des loyers. Alors que le mal-logement est désormais endémique à Bruxelles.

Face à tant d'irresponsabilité, une conclusion s'impose : il est grand temps de reprendre le contrôle démocratique du marché immobilier. Pour des raisons aussi économiques, qu'écologiques et sociales.

Signataires : We Are Nature.Brussels - Bruxelles Nature ASBL - Protection des Oiseaux - LRBPO - La Minute Sauvage - Sauvons la friche Josaphat / Red de friche Josaphat - AQL (Association du Quartier Léopold) - Comité de quartier Saint-Denis/Stop Inondations - Les Ami.e.s du champ des Cailles - Association des quartiers Auderghem-Boitsfort Etangs et Forêt - Extinction Rebellion Bruxelles - FR - Comité Sauver la Plaine - Comité de Quartier du Vieux Sainte-Anne – Auderghem - Comité de Haren - Bas les PADs - CCN Vogelzang CBN - ASBL Parcelles - POWER4trees - Save Bergoje Trees - ACQU - Association de Comités de Quartier Ucclois - CEBE - Sauvegardons Neerpede - Collectif Bempt - Comité du Quartier Meunier asbl, Forest - Kauwberg ASBL Kauwberg Nature - Grands parents pour le climat - Les Amis de la Forêt de Soignes ASBL - Natagora - Marais Wiels asbl Marais Wiels Moeras

https://www.lalibre.be/debats/opinions/2025/12/03/il-est-temps-de-reprendre-le-controle-democratique-du-marche-immobilier-GRPTO2ILGRG23GYIWLJK3VROZI/

02/12/2025

✍️ Un post un peu long pour revenir sur les déclarations problématiques du secteur industriel et de la secrétaire d'Etat à l'urbanisation.👇

⚠️ Vendredi dernier le 28 novembre, la secrétaire d’État à l'Urbanisme répondait à une interpellation parlementaire et déclarait dans la presse que selon elle, la Région bruxelloise « doit aller en appel » du jugement obtenu par 1330 bruxellois.e.s., Bruxelles Nature et We Are Nature, pour suspendre la destruction des espaces naturels d'au moins 1/2 hectare, jusqu'à ce que la Région adapte son PRAS au climat.

😏 Nous apprenions dans l'article ci-lié que « Un courrier signé par Embuild, UPSI/BVS, BECI, UCM, UNIZO, Federia, CIB, Febiac et Horeca Brussels a été adressé à l’ensemble des membres du gouvernement et ne laisse aucun doute : ce jugement et le moratoire qu’il impose risquent de mettre à l’arrêt tout investissement privé à Bruxelles et affaiblissent l’attractivité économique de Bruxelles. »

✋ Nous demandons que ce courrier soit rendu public.
❗️Il est évident que si les fédérations patronales de plusieurs secteurs industriels font pression sur l'ensemble des membres du gouvernement pour le pousser à réagir de manière inadéquate à un jugement du tribunal, un important problème démocratique se pose.
‼️ A tout le moins, cette initiative de l'industrie vers le politique contre une décision de justice qui protège le bien commun doit absolument être rendue intégralement publique.

🧐 Soulignons que la menace, ou plutôt le chantage qui consiste à déclarer dans la presse qu'arrêter temporairement la destruction de la nature « risque[nt] de mettre à l’arrêt tout investissement privé à Bruxelles et affaiblissent l’attractivité économique de Bruxelles », témoigne de graves inconséquences :

1️⃣ Tout d'abord, l'impréparation étonnante des industries à l'adaptation au changement climatique.
Derrière les beaux discours et les opérations de greenwashing, les dirigeants de ces secteurs industriels ne sont de toute évidence pas parvenu à anticiper ce qui est archi-connu de longue date : nous devons arrêter de détruire la biodiversité, arrêter d'émettre des gaz à effet de serre, arrêter de détruire les puits de carbone. Y compris évidemment au niveau régional.
Mais tout les dirigeants de ces secteurs privés le refusent absolument. Ils refusent même de faire une pause d'un an dans la destruction. Et pour continuer de se voiler la face tout en menant des politiques qui colonisent l'avenir de nos enfants, ils se livrent à une forme de chantage économique.
C'est rien moins qu'effarant.

2️⃣ Affirmer en plus qu'arrêter de détruire la nature à Bruxelles affaiblirait l'attractivité économique de notre Région, ajoute une couche d'erreur à la faute initiale : la nature à Bruxelles est l'un des meilleurs atouts pour que notre Région reste vivable dans un avenir proche et lointain. Visiblement, ces leaders productivistes n'ont pas mesuré ce que signifie les pics de chaleur à 50°C dans 25 ans. Nous soulignons : dans 25 ans. 50°C. Ils n'ont d'évidence pas compris ce qu'impliquent plus d'inondations. Et de sécheresses. Et d'incendies. Et de pics de pollution. Et de tempêtes. Pourtant, le Bureau fédéral du Plan et le CERAC ont livré une première estimation des coûts financiers – ceux qui a priori intéressent prioritairement les syndicats patronaux - : une baisse de 5% du PIB en base normale, sans épisodes météorologiques extrêmes. 12% en cas d'année avec des épisodes météorologiques extrêmes. Et l'on sait que ces valeurs sont sous-estimées parce qu'elles ne tiennent pas compte des coûts indirects, notamment sur la sécurité sociale, et que rapportés à une ville-région dense et imperméabilisée comme Bruxelles, ils seront certainement beaucoup plus élevés. Bref, dire que protéger la nature à Bruxelles, c'est à dire commencer à adapter notre région aux effets du changement climatique, pourrait affaiblir l'attractivité économique de Bruxelles est une erreur absolument colossale qui consiste à ne concevoir l'avenir qu'à partir d'une vision comptable étriquée et décorrélée du réel.

3️⃣ Il est très préoccupant qu'aucun des dirigeants de ces syndicats patronaux ne soit visiblement parvenu à ramener de la rationalité dans ce mouvement qui ressemble à une panique idéologique : comme si ensemble, les dirigeants de ces industries n'étaient pas en mesure de changer, d'adapter leurs pratiques au monde qui change, comme s'ils devaient rester à la traîne d'un modèle de société productiviste périmé, en bout de course, qui ruine la planète, les gens et la démocratie.
Il est pourtant possible de se réinventer, de faire mieux, sans détruire la planète et l'avenir de nos enfants.

❌ Le bouclage idéologique est opéré dans cet article par la secrétaire d’État elle-même qui déclare que ce jugement la « gène fortement. Oui, le changement climatique est un danger pour l’humain et le droit à un environnement sain est un droit humain reconnu internationalement. Mais le droit à un logement décent est également un droit consacré par la Constitution et constitue un objectif également important. »

😞 Madame Persooons ne semble pas en mesure de nous expliquer en quoi détruire la nature a jamais permis de résoudre la « crise » du logement. Bruxelles est désormais imperméabilisée à 53%, et 500.000 Bruxellois.e.s sont dans les conditions économiques d'accès au logement social. Mme Persoons compte-t-elle détruire ce qu'il reste de nature pour construire plus de logements, ce qui n'a jamais permis ne fut-ce que de freiner la « crise » du logement qui est avant tout une crise du logement ABORDABLE et pas une crise du bâti ? Maintenant que nous sommes au début d'une crise climatique qui menace l'habitabilité des villes, dont Bruxelles, Mme Persoons veut-elle continuer d'aggraver la faute climatique de notre Région au motif qu'il faudrait construire, alors que ce dont nous avons besoin c'est de régulation ? On cherche en vain un début de logique.

😡 La secrétaire d’État ne fait nulle part mention des impacts nombreux du changement climatique sur les conditions de logement des bruxellois, notamment dans le centre ville, plus minéralisé, plus pauvre, plus exposé et plus vulnérable à la fois. Que propose la secrétaire d’État pour faire face aux pics de chaleur à 50°C dans 25 ans ? Nous répétons, à 50°C dans 25 ans ? Que prévoit-elle pour réduire la casse des inondations qui seront plus intenses, longues et fréquentes à l'avenir ? Continuer de détruire les solutions fondées sur la nature ? Visiblement, oui. C'est effarant.

🤥 La « crise » du logement n'en est pas une, c'est une politique structurelle qui avance en procédant en trois temps : 1) détruire les sols pour les vendre et les rentabiliser financièrement, augmenter ainsi la surface du marché spéculatif, 2) spéculer sur les prix, notamment en empêchant toute régulation forte des loyers et de la captation des plus-values foncières et immobilières, mais aussi en maintenant un taux de vacance (bâtiments vides) important pour maintenir l'illusion de pénurie et « créer de la valeur » (i.e.: couler du béton) en plus grande quantité, 3) en favorisant un ensemble de normes qui entretiennent cette logique plutôt que d'en sortir.

❌ Mme Persoons veut continuer de détruire les sols, son parti refuse une régulation forte des loyers et d'avancer sur la captation des plus-values, et en matières de normes, on ne voit pas de politique qui s'attaquerait de front aux inégalités sociosanitaires liées au logement.

😳 Si bien que lorsque la secrétaire d’État se déclare préoccupée par le droit au logement, après avoir expliqué qu'elle est préoccupée par le droit à une environnement sain mais qu'elle est favorable à la continuation de la destruction de la nature, il y a de quoi être inquiets.

⚖️ Le jugement du tribunal de première instance francophone de Bruxelles a créé, ce 29 octobre, une ouverture utile et un socle pertinent pour commencer vraiment à organiser l'adaptation de Bruxelles aux impacts croissant du changement climatique.
Dans le même temps, c'est une base utile sur laquelle s'appuyer pour prendre les mesures indispensables pour loger dignement les bruxellois.e.s.
Faut-il le souligner ? Ces deux mesures sont des conditions essentielles de la prospérité de Bruxelles à l'avenir. Continuer de détruire la nature et dégrader les conditions de logement est au contraire la garantie de l'appauvrissement généralisé de la Région à moyen terme.

😤 Le fait que les fédérations industrielles s'opposent à toute avancée dans le sens d'une prospérité à la fois solidaire et compatible avec les contraintes climatiques et environnementales n'est malheureusement pas très surprenant.

✋ Il serait par contre incompréhensible et totalement inacceptable que les élus, qui chacune et chacun sont censés représenter les intérêts de toustes les bruxellois.e.s, et leur gouvernement (en affaires courantes) cèdent face à cette pression d'un autre âge et fassent appel du jugement.

👉 D'une part, vu les délais de procédure, cet appel arrivera trop t**d pour stopper le moratoire.
👉 D'autre part, il privera les pouvoirs publics de la clarté qu'offre le jugement pour changer de trajectoire.
👉 Finalement, il constituerait le message limpide que le gouvernement gouverne contre l'intérêt de ses citoyens.

⛔️ Autant dire que cela constituerait un signal catastrophique.

🧐 La mobilisation pour la nature à Bruxelles se double d'une demande forte de régulation du marché immobilier. Le signal est clair, et va dans le sens de l'intérêt commun.
Le positionnement du gouvernement en affaires courantes se lira à l'aune de cette dynamique citoyenne.👊

/
Si ces arguments vous semblent utiles, merci de nous aider à les diffuser en les partageant.

https://www.lesoir.be/713804/article/2025-11-28/suspension-de-lurbanisation-des-sites-naturels-bruxelles-doit-aller-en-appel

08/11/2025

✍️ Lettre ouverte de 92 scientifiques aux décideurs politiques réunis à la COP 30: "Les forêts urbaines, infrastructures essentielles pour la résilience climatique et la biodiversité : un appel aux décideurs politiques".

Extrait:
👉 "POURQUOI AGIR MAINTENANT ?

Les forêts urbaines comptent parmi les solutions fondées sur la nature les plus efficaces et les plus équitables qui soient. Lorsqu'elles sont protégées et dotées de ressources suffisantes, elles rafraîchissent les quartiers, gèrent les eaux pluviales, stockent le carbone, favorisent la biodiversité et améliorent la santé, en particulier dans les communautés défavorisées. Pourtant, la perte d'arbres matures dépasse leur remplacement dans un contexte de stress climatique et biologique croissant. Nous exhortons les décideurs politiques de la COP30 à considérer les forêts urbaines comme une infrastructure urbaine essentielle et cruciale : protéger les arbres matures, fixer et financer des objectifs SMART en matière de couvert forestier, de diversité et d'accès, intégrer les forêts urbaines dans les plans climatiques et de biodiversité, et financer les opérations à long terme, la surveillance, la capacité des pépinières et la biosécurité. La mise en œuvre de cette action visionnaire permettra de créer des villes plus fraîches, plus saines, plus biodiversifiées et plus équitables, aujourd'hui et pour les générations futures."

👩‍⚖️ Dans son jugement du 29 octobre dernier, le tribunal de première instance francophone de Bruxelles condamne la Région bruxelloise à arrêter l'urbanisation et l'imperméabilisation des espaces naturels d'une surface d'au moins 0,5 Hectares.
🌳 Cette surface est justement celle que la loi européenne a défini pour la Belgique comme surface forestière (au moins 0,5 hectares, plantée à 20%, d'arbres de 4 mètres) dans son système de comptabilité climatique.

⚖️ Le tribunal de première instance bruxellois accorde une importance majeure à la question de l'adaptation au changement climatique, en passant par les sols et les forêts.

👩‍🏫 Les scientifiques également.

🙋‍♀️ Les citoyen.ne.s aussi.

⁉️ Et la Région❓

↔️ Découvrez l'intégralité du texte en Anglais dans la r***e Plant, People, Planet: https://nph.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1002/ppp3.70125

https://nph.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1002/ppp3.70125

08/11/2025
08/11/2025

⏸ ✋ Moratoire sur l'urbanisation à Bruxelles.🌳
✍️ Découvrez le jugement et notre communiqué de presse :

📣 " Par jugement prononcé ce mercredi 29 octobre 2025, le tribunal de première instance francophone de Bruxelles condamne la Région de Bruxelles-capitale à “prendre les mesures nécessaires pour suspendre l’urbanisation et l’imperméabilisation des sites et terrains non bâtis de plus de 0,5 ha sur son territoire, et ce, jusqu’à l’adoption du PRAS [...] et au plus t**d jusqu’au 31 décembre 2026”.

“Plus impactante que la célèbre “Affaire Climat” par l’objet de la condamnation – une interdiction de construire sur certains sites –, il s’agit d’une décision historique, non seulement à l’échelle régionale mais à notre connaissance, également à l’échelle mondiale.”, indique Maitre Letellier, avocat des requérants.

C’est, en effet, la première fois que dans le cadre d’un contentieux climatique, un tribunal ordonne un moratoire sur la construction sur les espaces non-bâtis à l’échelle de toute une ville au motif que la poursuite de son urbanisation et de son imperméabilisation contrevient aux obligations de droit international de lutter contre les causes du changement climatique et d’adapter la ville à ses conséquences inéluctables.

Concrètement : la Région est donc contrainte par la justice à ne plus délivrer de permis de construire sur tout terrain non-bâti de plus de 0,5 hectares, tant que le PRAS (Plan Régional d’Affectation du Sol) n’a pas été révisé.

“C’est une excellente nouvelle pour la biodiversité et la résilience de Bruxelles face aux événements climatiques extrêmes (canicules, sécheresses, inondations, ...), et par conséquent pour les citoyen.ne.s, leur santé et leur bien-être qui vont être toujours plus impactés par les effets de l’élévation des températures. Il faut maintenant que la Région se dote d’une stratégie d'adaptation cohérente, fondée sur la nature, et qui protège les plus vulnérables, indique pour sa part Jean-Baptiste Godinot, Président de l’association WeAreNature.Brussels.

L’affaire a été portée en justice par l’association We Are Nature.Brussels, l’association Bruxelles Nature ASBL ainsi que par 1330 citoyen.ne.s bruxellois, et défendue par Maître Letellier, du cabinet Res-publica.

📣 Notre communiqué de presse ici:
https://wearenature.brussels/communique-de-presse-decision-historique-le-tribunal-de-premiere-instance-de-bruxelles-ordonne-un-moratoire-sur-lurbanisation-a-bruxelles/

⚖️ Le jugement en téléchargement ici:
https://wearenature.brussels/decouvrez-le-jugement-des-maintenant/

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